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1 MILLIARD USD POUR ACHETER LA CONSCIENCE DE TOUT UN PEUPLE ?

Tournée de Ban Ki-Moon dans la Région des Grands Lacs

1 MILLIARD USD POUR ACHETER LA CONSCIENCE DE TOUT UN PEUPLE ?

Catégorie : Politique
Écrit par Jean Luc MUSHI-MPAKU ; publié samedi, le 25 mai 2013

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRLy82gjQc1EEDAuiqhlL10cpCLl94FlQshpO_YOmxNt9a-ZPSFrALe secrétaire général des Nations unies a bouclé, hier vendredi 24 mai, sa tournée dans la Région des Grands Lacs. La dernière étape, c’était Entebbe et Kampala en Ouganda, pays qui, depuis des mois, abrite les pourparlers entre la pseudo-rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) et le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC). Ban Ki-moon a affiché sa confiance dans une résolution de la situation dans l’est de la RDC. Il y est arrivé après avoir été à Kinshasa et à Goma, en Rdc, puis à Kigali, au Rwanda.

Accompagné du Président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, Ban Ki-Moon a prétendu apporter aux dirigeants de la Région une série d’engagements destinés à accélérer le développement et à consolider la paix dans la région.

Le n°1 de l’Onu a eu du mal à cacher le vrai sens de sa mission de par les attitudes contradictoires qu’il a affichées à chacune des étapes. À Kinshasa, Ban Ki-Moon a tenté de fait semblant de neutralité et le jeu a réussi, avec l’aide de son cousin de la Banque mondiale qui a annoncé le déblocage de 1 milliard de dollars à injecter dans des projets de développement dans l’est du pays. Une annonce que les observateurs avertis n’ont pas fait échapper à l’analyse minutieuse dans leurs laboratoires stratégiques. Résultat : « ce n’est que de la poudre aux yeux du peuple congolais », ont-ils laissé entendre.

Le fait réel est que la situation de crise qui prévaut dans l’est de la Rdc depuis bientôt deux décennies est loin d’épargner qui que ce soit dans la sphère internationale. Les enjeux qu’elle renferme sont d’une telle importance que des acteurs se bousculent tout autour au risque de se dévoiler au grand jour et cela, sans scrupule. Ce qui est vrai c’est que, dans tout ça, le Secrétaire général des Nations unies est, mieux que quiconque, au courant du niveau de concentration et du sens de l’intérêt et de l’engagement collectifs du peuple dans la quête de la solution à la crise de l’est et l’échec au plan de balkanisation de son pays.

Acheter la conscience de tout un peuple
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Quoi de plus normal que de recourir au service de son cousin qui siège à la tête de l’institution financière internationale. En ce moment, le Président et le Gouvernement de la République ainsi que tout le peuple congolais se sont montrés très vigilants et déterminer à en découdre avec leurs ennemis. Ce n’est donc pas avec 1 petit milliard de dollars qu’on peut venir acheter la conscience de tout un peuple, de toute une nation.

On dirait que l’annonce du lancement des projets de développement viendrait distraire le peuple congolais et l’amènerait à désarmer de son patriotisme. Ce qui laisserait libre champ à la bande à Kagame et Museveni pour la matérialisation du plan trilogique – Violence-Pouvoir-Prédation – minutieusement pensé par leurs mentors. Plan  qui consiste à pérenniser la violence pour faire pression sur et contrôler le pouvoir politique en vue de lui imposer les orientations et s’adonner à la prédation des ressources naturelles de la Rdc.

Manifestement, personne ou rien ne présage la volonté de restaurer la paix et la sécurité ainsi qu’amorcer un mécanisme réel de développement dans la Région.  Ce qui intéresse, c’est de distraire les Congolais en les flouant avec des slogans vin et des cadeaux empoisonnés. Sinon, le Secrétaire Général de l’Onu, n’aurait pas profité de son passage à Goma pour accorder un sursis d’un à deux mois aux forces négatives qui sévissent dans la Région depuis près de deux décennies pour perpétrer encore des atrocités. Il s’est contenté d’annoncer que la brigade d’intervention censée neutraliser les groupes armés sera opérationnelle « dans un à deux mois », alors que le peuple congolais, qui avait placé tout son espoir dans le déploiement de cette force, attendait qu’elle soit lancée tout de suite, avec son arrivée à Goma.

Marcher sur les œufs
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Et aux étapes du Rwanda et de l’Ouganda, Ban Ki-Moon s’est comporté comme s’il marchait sur des œufs. Alors que l’opinion publique tant nationale qu’internationale se fondant sur les rapports des experts de son institution pour accuser ces deux pays d’être à la base de la solution, lui s’amuse à les prendre pour les pourvoyeurs de solution. « Le Rwanda a un rôle essentiel à jouer pour garantir la paix dans l'est de la Rdc », a estimé vendredi à Kigali le Secrétaire général de l'Onu. Avant d’ironiser en demandant au président rwandais Paul Kagamé, « d’user de son charisme politique pour instaurer la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs ».

A partir de l’Ouganda où il a tenu un point de presse en compagnie du président Yoweri Museveni, il va feindre de demander aux dirigeants africains, d’appliquer l’Accord-cadre pour la paix dans l’est de la Rdc, signé en février dernier à Addis-Abeba, en Ethiopie. Et pourtant, la veille, il a évité toutes les questions y relatives, voir celle qui concerne le déploiement de la Brigade spéciale de l’Onu dans la Région. « De qui se moque-t-on ? », s’interrogent certains analystes qui pensent qu’au finish, « les Congolais devraient apprendre à lire les signes du temps ». Sinon, ils risquent de se trouver, un jour, dans le monde de « Si l’on savait », et ça sera trop tard.

Et pourtant, Ban Ki-Moon a reconnu en toute humilité : « Nous avons échoué au Rwanda (le génocide de 1994, ndlr), nous avons échoué à Srebrenica dans l’ex-Yougoslavie… », quand bien-même il s’est montré extrêmement confiant en ce qui concerne le cas de l’est de la Rdc : « Là, nous réussirons ». Et qu’est-ce qui les a empêchés de réussir là-bas et qui va leur permettre de réussir ici ? La question demeure.

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