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Volte-face des États-Unis contre le Rwanda : CHANGEMENT DE LA DONNE OU RECADRAGE STRATÉGIQUE ?

Volte-face des États-Unis contre le Rwanda

 CHANGEMENT DE LA DONNE OU RECADRAGE STRATÉGIQUE ?

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Catégorie : Politique

Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU . publié mercredi , le 24 juillet 2013

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQASrKzHVRhFlopuKRdb3rwjzhnG_V9c4_g5fm2CmkL7dlzrcCoLa situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo pourrit depuis près de deux décennies. Les cris d’alarme venus aussi bien des autorités que des populations congolaises pour dénoncer une agression extérieure et un complot visant la déstabilisation du Géant au cœur de l’Afrique ont été, on dirait, lancés dans le désert.


Des Organisations non gouvernementales, personnalités et médias tant nationaux qu’internationaux, sont aussi montés sur les toits, preuves à l’appui, pour parler de l’agression rwando-ougandaise, dont est victime la RDC, sans succès. Toute la communauté internationale, par l’entremise de Grandes puissances, est restée insensible face aux atrocités infligées aux Congolais, et au bilan macabre (environ 8 millions de morts), qu’aucun autre conflit armé n’a produit dans le monde.


Depuis un certain temps, on assiste à une sorte de revirement dans la manière de percevoir ce qui se passe au Congo et dans la région de Grands-Lacs. Progressivement, les États-Unis se montrent on ne peut plus attentifs que tous les autres acteurs du jeu politique international. Leur position en rapport avec des accusations faisant état d’agression dont est victime la RDC de la part de ses voisins est en train de progresser. Pas plus tard qu’hier, Washington a appelé Kigali à ne plus soutenir les rebelles dans ce pays.


« Nous exigeons que le Rwanda mette immédiatement fin à toute forme d’aide au M23 (Mouvement du 23 mars) et retire son personnel militaire de l’est de la RDC », a déclaré mardi 23 juillet 2013 la porte-parole du Département d’Etat américain, Jen Psaki. Elle n’a pas précisé si le Président rwandais Paul Kagame était lui-même impliqué, selon l’agence Reuters qu'a citée la radio Okapi. La radio onusienne a également précisé qu’en lançant cet appel, les Etats-Unis estimaient avoir les preuves de l’implication des responsables militaires rwandais dans la crise de l’est. Les inquiétudes américaines fesaient suite à « un faisceau de preuves crédibles » dévoilées par l’ONG Human Rights Watch (HRW), a précisé Jen Psaki.


Cet appel fait suite à un autre, celui lancé par Barack Obama lors de sa visite, lundi 1er juillet denier, à Dar es Salaam, capitale de la Tanzanienne. A cette occasion, le Président américain avait appelé, sans les citer, les pays frontaliers de la RDC à cesser de soutenir les groupes armés qui y opèrent.

 

Pour faire plus que de simples appels, les USA ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Une session extraordinaire de « haut niveau » est prévu ce jeudi 25 juillet 2013 au Conseil de sécurité des Nations-Unies. C’est le Secrétaire d'Etat américain, John Kerry, qui va présider personnellement la réunion. Ladite réunion a pour objectif : renforcer les efforts de paix et résoudre définitivement la question sécuritaire qui sévit dans la région de Grands-Lacs africains et, par conséquent, dans l’est de la RDC.


Coïncidence, changement de la donne ou recadrage stratégique ?

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Aux yeux de plus d’un analyste de la scène politique internationale, une certaine dynamique est perceptible dans la position des États-Unis par rapport à la question de la région des Grands-Lacs. On parlerait d'un véritable volte-face de Washington vis-à-vis de Kigali. Ce pays a toujours été considéré comme le plus grand soutien de toutes les rébellion qui se vissent dans l'est de la RDC depuis, bientôt, près de deux décennies.

 

Le caractère particulier de la question de la République Démocratique du Congo implique celui des facteurs qui devraient présider à son dénouement. Personne ou rien ne présagerait l’accréditation de la thèse de « simple coïncidence », comme dans un jeu de hasard. Car, en tout cas, plus que dans n’importe quelle autre situation, le « hasard ne pourrait, en aucun cas, exister » en ce qui concerne le pays de Lumumba. Ici, « tout dedrait être conjonction des facteurs déterminants ».


Le changement de la donne au sein des arcanes politiques américains semble avoir été le point de convergence du positionnement actuel des USA par rapport à la situation dans la région. Des revirements diplomatiques qu’est en train opérer Washington sont tributaires d’un réaménagement qui a touché l’appareil diplomatique américain depuis bientôt une année.


C’est avec la démission  de la personnalité la plus populaire de la première administration Obama, Hillary Clinton, que tout aurait commencé. Elle s’est retirée de son poste de Secrétaire d’Etat, pour raison de maladie, à la fin du mois de janvier dernier au moment de l'investiture de Barack Obama, réélu le près de 2 mois au paravant pour un second mandat.


La tentative de remplacer Madame Clinton par Susan Rice,  alors Représentante permanente des Etats-Unis aux Nations unies, avait manquée. C'est alors que le Chef de la maison Blanche se verra obligé de prendre la décision de nommer le Sénateur John Kerry à la tête du Département d'Etat américain. Le nom de ce dernier ayant été largement cité depuis le retrait de la compétition de Susan Rice. Le premier choix du Président Barack Obama pour le Département d'Etat ayant raté à cause de nombreuses contestations et rejets des élus du parti républicain.


La plus grande chance de la RDC serait aussi l’éviction de cette copine au Président rwandais, Paul Kagame, de son poste de Représentante permanente des Etats-Unis aux Nations unies. Heureusement que Tom Donilon, le Conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama avait décidé de quitter son poste. Il sera remplacé, à partir du mois de juillet 2012, par Susan Rice. Là, elle va se retrouvrt, certes, au cœur du dispositif diplomatique du Président mais un peu éloignée du cercle de gestion au quotidien de la question de la région des Grands-Lacs.


C’est désormais l’actuel Secrétaire d’Etat, John Kerry qui opère un recadrage stratégique de la politique extérieure des USA. Avec sa très chère collaboratrice, l’Ambassadrice Rosemary Di Carlo, Représentante permanente adjointe des États-Unis auprès de l‘Organisation des Nations unies et chargée d'affaires de la mission américaine à l'ONU, il est au centre de la question. D’où, les grands changements auxquels on assiste depuis un certain temps aussi bien dans la prise de position que dans les faits et gestes de Washington en rapport avec le conflit dans l’est de la RDC.


Revirement diplomatique

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Revirement diplomatique, c’est certainement le moins que l’on puisse dire s’il faut prendre en compte le point le vue des USA. En effet, le Secrétaire d’Etat américain semble avoir pris la hauteur de l’enjeu. Il ne pouvait pas laisser passer, en eau trouble, la situation sécuritaire d’un des pays de l’espace monde dont la dimension géostratégique ne fait plus l’hombre d’aucun doute.


Ce revirement diplomatique qui est perceptible aux yeux de plus d’un observateur de la scène politique internationale cacherait certainement quelque chose. Tout de même, il laisse entrevoir l’intérêt qu’ont les Etats-Unis à améliorer leurs relations diplomatiques avec la RDC. Bien plus, leurs dirigeants n’auraient d’autre intérêt que de s’assurer de la sympathie du peuple du Congo et de son Président, Joseph Kabila.


C’est ici que les Congolais cherchent à desceller le non-dit de l’attitude qu’affiche actuellement l’administration américaine. Si le moment était choisi parmi les premiers instants de l’agression de la RDC, le reste serait pris pour une simple expression d’amitié. Sinon, on n’est pas là, assez loin d’une démarche stratégique dont l’objectif serait de pérenniser des relations diplomatiques exclusivement intéressées.


L’opinion nationale peut toutefois s’estimer heureuse de savoir que ce serait le triptyque « Guerre-Politique-Diplomatie » mis en œuvre par le Président de la République pour résorber la crise de l’est du pays qui continuerait de produire ses fruits. Aussi, le sang de ses martyres : Kimpa-Mvita, Kimbangu, Lumumba, Kabila et les autres, semble avoir trouvé le moment d’influer sur la marche des affaires du Grands Kongo.

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