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BOSCO NTAGANDA : UNE PATATE CHAUDE ENTRE LES MAINS DES USA

BOSCO NTAGANDA
UNE PATATE CHAUDE ENTRE LES MAINS DES USA

 

 

Catégorie : Politique

Écrit par Le Potentiel ; publié lundi, le 19 mars 2013

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQd1U5Q6vZA6OnfTb6_Eaq5Rd55YicrM_XBbcx6rImsdiI1j-mezwBosco Ntaganda a trouvé refuge hier lundi 18 mars à l’ambassade américaine de Kigali après avoir réussi à quitter le territoire congolais sur la pointe des pieds. Longtemps choyé et présenté comme un facteur de paix dans les Grands Lacs, ce criminel recherché par la Cour pénale internationale (Cpi) devenait une patate chaude que personne ne voulait garder dans ses mains. Washington, passé pour être l’autorité morale de tous les scénarii de violence qui perdurent en Rdc et dont les secrets sont détenus par Bosco Ntaganda, est mis à rude épreuve, sinon dans l’embarras.

Il y a un temps pour tout, renseigne un proverbe. L’évolution de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, ponctuée par la signature le 24 février 2013 à Addis-Abeba de l’accord-cadre sur la paix en Rdc, a fait fondre quelques murs de glace. Du coup, la donne a changé aussi bien sur le terrain des affrontements que sur celui des pourparlers. Le brouillard se dissipe davantage et les pécheurs en eaux troubles sont progressivement mis à nu.

C’est ce qui vient d’arriver à l’une des vedettes de dernières années dans la région des Grands Lacs, à savoir Bosco Ntaganda. Pour avoir tenté un forcing en vue de récupérer la tête du M23, il a été mis en déroute par ses anciens compagnons d’armes pour n’avoir pas obtenu, comme par le passé, le soutien en armes et munitions de la part de Kigali. Bénéficiant de quelques complicités, il est furtivement rentré sur le territoire rwandais le week-end passé avant de réussir, le lundi 18 mars 2013, à atterrir à l’ambassade des Etats-Unis à Kigali.

Ici, les versions divergent. Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, indique que cet exil est un camouflet pour Kigali qui a nié, il y a quelques jours, avoir accueilli Ntaganda sur son sol. Pour rappel, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mishikiwabo, avait qualifié dimanche de balivernes les propos de Lambert Mende. Selon ce dernier, Kigali a participé de bout à bout à la cavale de Ntaganda depuis sa fuite des collines du Nord-Kivu où il combattait contre les hommes du M23 fidèles à Sultani Makenga, jusqu’à l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda.

Les autres laissent entendre que Bosco Ntaganda, sentant toute retraite coupée, n’aurait eu d’autre choix que de se constituer candidat à son propre transfert à La Haye à l’ambassade américaine. Ils soutiennent que les raisons qui ont milité en faveur de la couverture des crimes commis par Bosco Ntaganda ont volé en éclat, rendant le renégat désormais vulnérable.

Choix difficile

Au regard de tout ce qui se passe dans l’Est de la Rdc, Ntaganda passe pour une banque de données. Il en sait trop sur tous les leaders de la sous-région des Grands Lacs, tout comme ceux des pays occidentaux qui font leur business dans l’est du Congo. Le livrer à La Cpi signifie qu’il faudrait s’attendre à un déballage en règle devant la justice internationale.

Les Etats-Unis qui ont promis de collaborer avec la Cpi sur le transfèrement de Bosco Ntaganda sont mis à rude épreuve. Et d’aucuns se demandent si ceux-ci sont à mesure de matérialiser leurs déclarations faites hier lundi.

Toutefois, « Notre but est que justice soit faite. Pour nous, il y a aucun doute, les Etats-Unis n’ont qu’une voie à suivre : livrer Ntaganda », a déclaré Lambert Mende qui rappelle que Washington avait mis en jeu 5 millions Usd pour quiconque attraperait Bosco Ntaganda.

La Cpi a émis un mandat d'arrêt sous scellés contre Bosco Ntaganda en 2006, l'accusant de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre 2002-2003 dans le district de l'Ituri (province Orientale). Les scellés du mandat d'arrêt ont été levés en avril 2008. A l'époque, il était le chef des opérations militaires de l'Union des patriotes congolais (Upc), une milice armée congolaise que dirigeait Thomas Lubanga, un des premiers inculpés de la Cpi à La Haye.

Reddition du général rebelle congolais Bosco Ntaganda

Bosco Ntaganda s'est réfugié à l'ambassade américaine au Rwanda, où il demande son transfèrement devant la Cour pénale internationale. Surnommé "Terminator", le général rebelle congolais est recherché par La Haye pour crimes de guerre.

« Je confirme que Bosco Ntaganda s'est présenté ce matin à l'ambassade américaine de Kigali », a déclaré un porte-parole du département d'État américain. « Il a spécifiquement demandé à être transféré à la Cpi à La Haye », a-t-il ajouté.

Surnommé "Terminator"

Kigali n'a confirmé la présence du rebelle sur son territoire que lundi en fin de journée. Depuis samedi 16 mars, Kinshasa affirme que Ntaganda a franchi la frontière. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, a d'ailleurs appelé Kigali à ne pas l'héberger.

« Il y a un engagement clair : pas d'asile, pas d'accueil aux criminels recherchés par la justice internationale, pas d'accueil à ceux qui sont sous sanction des Nations unies », avait-il déclaré.

Bosco Ntaganda, soupçonné par le gouvernement congolais d'être à la tête du mouvement rebelle M23, fait l'objet depuis 2006 de deux mandats d'arrêts de la Cpi pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment l'enrôlement d'enfants soldats et des viols, commis dans les régions de l'Ituri (Nord-est de la Rdc) et du Kivu (est) au début des années 2000. Réputé sans pitié, il a été surnommé "Terminator".

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