Le changement de Constitution sortie de la grand-messe de Kingakati permettra-t-il de régler de la meilleure manière la question de la légalité et de la légitimité qui continue de se poser avec acuité au pays ? Difficile d’y répondre.
Toutefois, l’idée ayant germé, il ne suffit pas de l’esquiver pour sortir de l’ornière. L’aborder avec autant de responsabilité et sens de l’histoire revient à suivre la voie de la raison. La seule qui garantit une sortie honorable pour l’ensemble de la République. Il s’agit d’un retour à la norme dans la rédaction des Constitutions en République démocratique du Congo. La tendance installée actuellement qui consiste à mettre le peuple devant un fait accompli ne sert qu’à enfoncer davantage le pays dans ses contradictions.
Le flanc est ainsi prêté aux forces étrangères de tirer le meilleur profit de l’imbroglio qui s’installe allègrement. L’absence d’une conscience historique et d’un sens élevé de patriotisme fait de la RDC une entité qui tangue dans des eaux troubles en permanence. L’illusion d’un Etat moderne, que chacun des Congolais se fait, disparaît à la moindre crise, particulièrement instrumentée par des puissances étrangères.
Conséquence, à chaque grand rendez-vous, les démons de la division, de la diversion, de l’égoïsme… prennent le dessus sur les aspirations profondes du peuple à un mieux-être. Curieusement, ce sont, encore et toujours, les filles et fils qui ont bénéficié le plus des avantages de l’Etat et de la Nation, qui se déterminent à nuire aux intérêts vitaux de la communauté.
Au-delà de tout, le changement de la Constitution ou son maintient moyennant une révision doit demeurer une affaire des Congolais. Toute démarche qui ne concourt pas au retour à la norme doit être vouée à l’échec. Qu’à cela ne tienne, cette norme est simple au risque de mettre le peuple devant un fait accompli comme en 1960, 1964, 1967, 1993 et 2006. Désormais, les Congolais doivent intégrer le fait que la Constitution doit venir du peuple et de personne d’autre.
Le souverain primaire doit doter les rédacteurs des orientations majeures claires sur la forme de l’Etat, le régime qui lui convient le mieux, l’organisation et l’agencement-juxtaposition des institutions suivant sa volonté… Les prétendants doivent solliciter les suffrages par un scrutin transparent, libre et démocratique.
Des consultations et des sensibilisations viseront à obtenir du peuple, dont l’élite doit, désormais, être l’émanation, le quitus pour opérer ce changement majeur, assurant en même temps l’ajustement attendu du retour à la norme. Cette tendance ouvre ainsi la voie à une transition afin de permettre que les prétendants au changement se ressourcent auprès du souverain primaire. Opérer autrement, c’est perpétuer les putschs permanents au pays. Personne n’en veut !