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LE M23 A LA MANŒUVRE DE LA BALKANISATION DE LA RDC

Exigence du cessez-le-feu,
LE M23 A LA MANŒUVRE DE LA BALKANISATION DE LA RDC

Catégorie : Politique

Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié mardi, le 08 janvier 2013

M23-RL-ok.jpgLa reprise des pourparlers entre le gouvernement de Kinshasa et le Mouvement du 23 mars se fait encore attendre. Et pourtant, elle a été annoncée pour le vendredi 4 janvier dernier, le jour où la nation congolaise se souvenait, une fois de plus, de ses martyres. Ceux qui avaient versé leur sang pour qu’elle accède à sa souveraineté nationale et internationale. Après un moment de trêve proposé par la médiation pour, avait-elle estimé, permettre aux membres des délégations de passer les fêtes de Noël et de Saint Silvestre avec leurs familles, la partie peut reprendre à nouveau.

 

Aux yeux du commun de mortels cette raison était tout à fait compréhensible. Les esprits éclairés, par contre, y ont décrypté un autre message. Celui qui supposait qu’une durée de deux semainesqu’avait pris ladite trêve serait amplement suffisante pour décrisper les esprits des parties qui, visiblement, fonçaient tout droit vers un cul-de-sac. Pour cause, l’épineuse question du cessez-le-feu laissée en suspens avant la trêve. Cessez-le-feu tant réclamé par le M23 tandis que Kinshasa, lui, ne veut toujours pas en entendre parler. C’est ce qui, visiblement alourdi la machine dans la capitale ougandaise où les délégations du Gouvernement et des mutins affichent déjà complet.

Cessez-le-feu ou mise en œuvre de la balkanisation ?

En réalité, comme le prédisait un confrère, « l’ombre d’une impasse certaine serait entrain de planer sur les pourparlers de Kampala ». Le M23 continue à conditionner la poursuite des pourparlers à l’acceptation, par Kinshasa, de la signature d’un cessez-le-feu. Et les rebelles y tiennent mordicus. Ce qui expliquerait le renforcement de leur équipe de négociateurs. Ceux-ci sont passés de 25 à 30, avec la présence remarquable, dans leurs rang, de nouvelles figures comme celle de Roger Lumbala, ancien député national de l’opposition, proche d’Etienne Tshisekedi et président du Rcd-n – Rassemblement des congolais pour la démocratie/national – qui a récemment rejoint les marionnettes du Rwanda et de l’Ouganda. La pseudo-rébellion a également aligné à Kampala quatre autres personnalités qu’elle présente comme faisant partie de la Société civile.

La partie gouvernementale, elle, est restée intacte. Elle a conservé la même délégation conduite, dès le début, par Raymond Tshibanda Tungamulongo, ministre congolais des Affaires étrangères et signataire de l’accord du 23 mars 2009, dont le groupe négatif réclame l’évaluation. La stabilité de l’équipe tiendrait à celle de la position exprimée par celle-ci. On en veut, pour preuve, le rejet catégorique de la signature du cessez-le-feu, condition sine qua none pour la reprise des pourparlers par le M23.

Si les deux parties ne se sont pas encore remises à la table de négociations jusqu’à ce jour, c’est que les violons ne se sont pas encore accordés sur cette question. A ce point, tout observateur averti craint qu’ils n’arrivent jamais à s’accorder, si le gouvernement congolais doit tenir au respect des principes édictés dans la loi fondamentale. Principes qui prônent, entre autre, l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, la souveraineté nationale et l’unique mode d’accession au pouvoir qu’est la voie des urnes.

Et pourtant, par cessez-le-feu, le bras armé de Kigali et Kampala entend formaliser l’occupation d’une partie du territoire national. Celle qu’il a conquise par les armes, de suite des violations sans pareil des principes fondamentaux des droits humains. Le M23, ambitionne par le même acte avoir la gouvernance d’une partie du territoire du Nord-Kivu et la ville de Goma, y compris l’exécutif provincial. Ce, sans avoir été élu par le peuple, souverain primaire. D’où, une sorte de consécration de la mise en œuvre du plan macabre de balkanisation du territoire de la République Démocratique du Congo, tant décrié.

La consigne…

Les congolais, du moins ceux épris de paix, du sens du nationalisme, de l’intégrité et de la souveraineté nationales, ont déjà compris le jeu. Ce sont eux qui, en premier lieu, ont mis en garde leur gouvernement. Avec leur Président, Joseph Kabila Kabange, ils ont été catégoriques contre toute démarche tendant à fouler aux pieds les efforts de redressement consentis par eux. Ils ont d’abord refusé d’engager une quelconque négociation avec une force négative, à la solde de la Coalition internationale pour la déstabilisation du Congo (Cidc). En suite, quand bien-même ils ont admis les pourparlers avec le M23, ils ne sont pas, pour autant, prêts à admettront, au nom de quoi que ce soit, la cession d’une partie du territoire national ou hypothéquant la souveraineté de celui-ci.

Tous les délégués du gouvernement congolais aux pourparlers de Kampala en sont conscients. Ils en ont reçu la consigne du peuple à travers le Chef de l’Etat : ne jamais brader l’intégrité du territoire et la souveraineté nationale. Et, puisque la consigne est d’une stricte observance de la part des membres de l’équipe dirigée par le premier d’entre les fins diplomates congolais, les choses semblent s’écorcer. Kinshasa ne pouvant céder à la malice des instigateurs du M23, ces derniers semblent ne pas être prêts à lâcher prise.

D’où, l’impasse. Au risque de voir la partie s’arrêter en queue de poisson. Car jusqu’à ce jour, personne n’est en mesure de donner la date exacte de la reprise du dialogue entre les deux parties. Même après que le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, faisant office de médiateur au dialogue de Kampala, a rencontré séparément les chefs de deux délégations à l’hôtel Munyonyo, le dimanche 6 janvier dans la soirée, les délégations continuent à se regarder en chiens de faïence.

A ce point, les analystes pensent que le gouvernement congolais a dû mettre à profit tout ce temps pour remettre de l’ordre dans ses rangs. Car, devant l’échec, les ennemis de la Rdc ne pourront qu’envisager le plan « B ». Celui qui consiste à renflouer les lignes d’attaque en hommes, armes et munitions en vue d’appuyer sur l’accélérateur et faire capituler l’adversaire. Les Forces armées de la République doivent donc se tenir prêtes. Le plus dur est avenir.

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