Les jeux sont désormais faits avec la part du lion dont se taillent le parti présidentiel PPRD et ses alliés ayant réussi le tour de force de conquête de 341 sièges pour toute la majorité présidentielle tel que cela apparaît à la lecture de l’ensemble des résultats des législatives.
La publication des résultats provisoires des scrutins législatifs du 28 novembre 2011 appartient désormais au passé. Les regards sont maintenant tournés vers la Cour suprême de justice dont on attend la publication des résultats définitifs.
Avec les résultats de la Ceni, on entrevoit déjà la cartographie de la scène politique congolaise pour la mandature qui commence. Tant du côté de la Majorité présidentielle que de l’Opposition, de nouvelles donnes apportent quelques changements par rapport à l’ordre établi par les élections de 2006.
Le vin étant tiré, il faut le boire.
Après les résultats provisoires publiés par la Ceni, la balle se trouve dans le camp de la Cour suprême de justice faisant office de Cour constitutionnelle pour la proclamation des résultats définitifs, conformément à la Constitution de la Rd Congo. Mais, on ne peut s’empêcher, à la lumière des résultats transmis à la haute Cour, de tirer les différentes leçons des scrutins du 28 novembre.
Le Raïs doté d’une majorité confortable pour poursuivre sa vision
La première leçon à tirer des résultats des législatives, c’est sans nul doute cette majorité confortable que le peuple congolais vient de donner à Joseph Kabila pour légitimer sa réélection et ainsi lui permettre de poursuivre la reconstruction de la RDC. Car, la Majorité présidentielle se tape, tout compte fait, 341 députés nationaux sur les 500 que compte la chambre basse du Parlement.
En dehors de ce nombre, il faudra aussi lorgner dans le camp des indépendants (39 au total) dont certains, très visiblement, sont acquis à la cause du Raïs. C’est le cas de Dada Jaynet et de nombreux proches de Joseph Kabila.
Au sein de la Majorité, le PPRD et ses appendices (alliés) viennent en ordre utile avec 130 députés. Le parti présidentiel demeure ainsi la première force politique en RDC. Il est talonné par le MSR qui se propulse comme deuxième force au sein de la Majorité après le PPRD et troisième politique du pays après l’UDPS.
L’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo, parti membre de la Majorité présidentielle, à peine né, surprend avec 17 députés, devant l’ARC du ministre Olivier Kamitatu qui résiste avec ses 16 députés. Quant au PALU, de 34 députés en 2006, le parti de Gizenga n’en compte désormais que 19.
L’Udps prend la tête de l’opposition, le Rcd/Goma rayé de la carte politique (0 député)
Dans le camp des forces de l’Opposition, le MLC cède le bâton de commandement à l’UDPS. Le parti d’Etienne Tshisekedi, fort de ses 42 députés sur les 500, soit 8,4%, préside désormais aux destinées de l’Opposition. Autrefois première force politique de l’Opposition, le MLC de Jean-Pierre Bemba dégringole avec 22 députés en 2011 contre 66 en 2006.
L’UNC de Vital Kamerhe a pu glaner quelque 18 députés tandis que l’UFC de Léon Kengo a été démystifié sur le terrain électoral en n’obtenant que 4 députés sur les 500, soit un score électoral national estimé à seulement 0,8%.
Pendant ce temps, le RCD/Goma, la formation politique dont se réclame Me Azarias Ruberwa sombre totalement. Pas un seul député! Voilà qui a inspiré certains observateurs qui sont d’avis que ce parti a tout simplement été rayé de la carte politique de la RDC. Car, même Lola Kisanga a été élu en qualité d’indépendant et non en tant que membre du RCD/Goma. Comme on s’en rend compte, il y a donc beaucoup de leçons que l’on peut tirer du tableau des résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante.
Le bureau provisoire de la prochaine Chambre basse du Parlement se précise dans sa configuration
Après la sentence finale de la Cour suprême de Justice (CSJ), viendra la toute première session extraordinaire de l'Assemblée nationale, consacrée à la validation des mandats. D'ores et déjà, le pedigree des élus renseigne que l'inusable Charles Mwando Nsimba sera, selon toute vraisemblance, au perchoir. Ce vieux routier de la politique zaïro-congolaise pétri de sagesse, saura bien tenir le gouvernail. Le patriarche de Moba et du Katanga en général, fait partie des monuments vivants de la scène politique congolaise.
A l'ombre du géant Mwando, peut bien se tenir un jeune loup qui marque déjà son territoire. Benjamin des élus, Patrick Muyaya, puisque c'est de lui qu'il s'agit, pourrait, à 29 ans, se trouver au bureau provisoire.
Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années, dit-on. Ce dicton va comme un gant à Patrick Muyaya. A 29 ans, cet élu de la Funa est, jusqu'ici, le benjamin des députés. A ce titre, cette figure montante de la nouvelle classe politique a sa place au perchoir de la Chambre. Le règlement, les us et coutumes parlementaires, le doyen d'âge et le cadet des élus font partie du bureau provisoire.
Jeune turc, brillant, cultivé, et urbain Patrick Muyaya a tout pour transformer son coup d'essai en coup de maître. Ce militant du Palu de la nouvelle vague peut se targuer d'être le prototype même du Congolais. En "Patrick" vit le concentré du congolais.
Ce kinois de naissance est issu d'un père du Kasaï et d'une mère de la diaspora kinoise du Katanga. Ce n'est pas tout. Il est marié à une femme de la lignée des nationalistes issus du Kwilu. Patrick Muyaya a tout pour incarner la nation dans toute sa diversité.
Marcellin Manduakila/José Nawej/Forum des As