Toujours à l’avant-garde de l’observation de ce qui se passe sur terrain et, surtout, à la frontière entre la RDC et le Rwanda, l’équipe de Maître Omar Kavota dénonce l’incursion, dans la nuit de dimanche dernier, de 300 militaires rwandais venus recruter de force des jeunes gens au profit du M23. Une situation qui précipite à nouveau le Rwanda aux antipodes de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.
Le Président de la République a lancé un appel à l’éveil patriotique et à la cohésion nationale pour barrer la route aux ennemis de la RDC. L’appel a rencontré un écho favorable de la part de la population de l’Est du pays car, avec les Forces armées nationales, c’est elle qui contribue à l’échec de différents plans de l’agresseur.
La Société civile et la jeunesse du Kivu font désormais preuve d’attachement à leur nation en dénonçant les intrusions étrangères et en refusant de se rallier à leur cause. C’est ainsi que la Socico Nord-Kivu a dénoncé, le samedi 22 juin dernier, l’intrusion d’un commando rwandais sur le territoire congolais pour procéder à l’enrôlement forcé des jeunes dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru.
Les violations répétées des principes du droit international et des clauses comprises dans les accords signés au niveau tant régional que continental sont devenues le lot quotidien du Rwanda. Ce pays s’amuse à saper les efforts fournis par les Nation Unies, l’Union Africaine et la République Démocratique du Congo dans la quête d’une solution durable au problème d’insécurité qui mine la région des Grands Lacs. Les rapports du panel de l’Onu, corroborés par ceux des Ong internationales et des services congolais d’intelligence ont, sans cesse, pointé Kigali.
Avec ses services, Paul Kagame est le parrain de différents mouvements rebelles qui naissent et disparaissent dans l’Est de la RDC. C’est lui qui les a toujours soutenus en hommes, logistique militaire, ration de guerre et autres données tactiques et études stratégies. Son pays n’a jamais hésité de nier tous ces faits en bloc. Et souvent, il rejette toute la responsabilité de la situation du Kivu aux seuls congolais.
« Ce que le Rwanda refuse, c'est qu'on essaie de simplifier un conflit intra congolais, qu'on essaie de l'étendre à la région et surtout d'impliquer le Rwanda négativement », a souvent argué sa machine à parler, Louise Mushikiwabo. Le pays des mille collines a nié les faits et cela pendant toutes ces années que les choses tournaient en sa pleine faveur.
Les limites de l’efficacité
Maintenant que tout semble ne plus répondre, on ne sait pas comment Kagame et les siens vont devoir s’en tirer, à moins de créer des contre-vérités. Ce qui n’est toujours pas assez aisé surtout devant la rigidité des évidences. Et la dernières d’entre elles est, sans nul doute, l’incursion sur le territoire congolais d’un commando rwandais qui s’adonne, en ce moment-même, à l’enrôlement forcé des jeunes Congolais pour le compte du Mouvement du 23 mars (M23) dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru au Nord-Kivu.
Ce fait intervient juste environ une semaine de la tentative manquée de recrutement, cette fois-ci sur le territoire rwandais, des jeunes étudiants rwandais qui ont réussi à échapper aux bourreaux de Kagame pour trouver refuge en Ouganda. Hasard temporaire ou simple coïncidence ?
En effet, les stratégies déployées par les officines internationales contre la RDC semblent avoir atteint les limites de leur efficacité. Elles auraient mis à contribution tous les experts du monde et tous les bureaux d’analyses stratégiques sur la RDC, mais les potions sorties de leurs laboratoires se révèlent de plus en plus impuissantes. Et les bras armés pour l’exécution des plans stratégiques sombrent au fil des jours dans des échecs.
A ce jour, ils sont même incapables de trouver des combattants à mettre à la disposition de leurs marionnettes sur terrain. C’est le résultat produit par la machine de la stratégie triptyque – Politique-Militaire-Diplomatie – qui a été larguée par Kinshasa.
Intrusion en violation des lois internationales

« Des sources locales de la Société Civile du Nord-Kivu renseignent qu’un commando rwandais a traversé la frontière en violation des lois internationales et s’adonne actuellement à un recrutement forcé des jeunes dans les localités de Kitotoma et Ngomera en Groupement de Buhumba (territoire de Rutshuru) et à Bulambo et Kibiriga, en Groupement de Kibumba (territoire de Nyiragongo) », a indiqué Maître Omar Kavota, Vice-président et Porte-parole, de la Socico Nord-Kivu, dans une note d’information publiée ce dimanche 23 juin dernier.
Il a, en suite, précisé qu’ils étaient au nombre de trois cent (300), les militaires de la RDF (Rwanda Defenses Force) qui ont franchi la frontière Congolo-rwandaise, dans la nuit du samedi 22 à dimanche 23 juin 2013, en provenance de Kasasa et Mbunzamahanga en territoire rwandais pour rejoindre les positions du M23 à Kibati et Rugari en RDC.
Selon Maître Omar Kavota qui site ses sources sur terrain, tous les jeunes Congolais se seraient soustraits de la circulation, à l’arrivée de ces militaires étrangers, craignant d’être enrôlés de force dans la rébellion. Même sur leur chemin, les militaires rwandais et leurs alliés du M23 ont essayé de prendre des jeunes qu’ils rencontraient dans la nuit, mais sans succès.
Le porte parole de la Socico Nord-Kivu a aussi affirmé que « Nombreux sont les jeunes qui ont passé la nuit de samedi à ce dimanche en brousse. D'autres ont carrément effectué le déplacement vers Goma ou encore vers Birundule (Rutshuru), le matin de ce dimanche. ». Avant de renchérir : « Les élèves comme les rares étudiants encore présents dans ces entités, craignant pour leur sécurité, vivent la peur au ventre.
Il s'agit notamment des élèves des Instituts Kibwe, Nuru, Kibumba et Kalangala. » Et d’exprimer la crainte des élèves finalistes des écoles en zone sous contrôle du M23, particulièrement, qui étaient en attente de la passation de leurs épreuves d’Etat de voir des embuscades et kidnapping survenir au sortir ou en plein Centre de passation des examens.
La note d’information fait ainsi état de la vive préoccupation exprimée par la Société Civile du Nord-Kivu face à cette situation. Aussi, celle-ci attire l'attention du Gouvernement de la République, de la Brigade Spéciale d’Intervention et de la Monusco à prendre les dispositions qui s’imposent afin de préserver la sécurité des populations dans les zones concernées.
Avant de d’insister sur le fait que « Cette dernière incursion rwandaise intervient après que le M23 ait exigé à chaque Chef de 10 maisons, 3 à 5 jeunes recrues dans le but de renforcer leurs effectifs qui diminuent sensiblement suite aux nombreuses défections enregistrées ces derniers mois ».