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PACIFICATION DE L'EST DE LA RDC : JOSEPH KABILA À L'ONU

PACIFICATION DE L'EST DE LA RDC : JOSEPH KABILA À L'ONU

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J. KABILA KABANGE à l'ONU

J. KABILA KABANGE à l'ONU

Conformément à son engagement de ne rien ménager dans la recherche de la paix à l'Est et la lutte contre la balkanisation de son pays, le Président de la République Démocratique du Congo ne lésine pas sur les moyens. A plusieurs reprises, Joseph Kabila Kabange a affirmé sa détermination à aller jusqu'en enfer si c'est de là que peut provenir la paix en RDC.

Certains esprits sont même allés jusqu'à lui reprocher de dialoguer avec les agresseurs en répondant présent à tous les cénacles diplomatiques régionaux et internationaux. Une ouverture qui lui a même valu l'injuste accusation de traitrise par ceux-là mêmes qui réclament pourtant les négociations.

Dans sa détermination, le Président de la République s'est envolé, le week end dernier, pour New York. Il doit y participer personnellement au mini-sommet convoqué par le Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-Moon, sur la situation en RDC. Ce mini-sommet, qui doit se tenir le 27 septembre, a été décidé à la lumière du rapport de mission fait par le Secrétaire général adjoint des Nations-Unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.

Point d’orgue de ce mini-sommet : un tête-à-tête entre Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagamé. Ce dernier, on le sait, s'est distingué par son peu d'intérêt sur les différentes rencontres qui ont eu lieu dans la sous-région des Grands Lacs au sujet de l'implication de son pays dans la déstabilisation de la RDC. Paul Kagamé a même séché le dernier sommet de Kampala qui avait fait les derniers réglages quant au projet d'une force internationale neutre.

Le séjour new yorkais du le Chef de l'Etat congolais sera aussi mis à profit pour lui permettre d'intervenir à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU qui est déjà en cours. Il aura ainsi l'occasion de sensibiliser un plus large éventail de représentants de la communauté internationale sur l'agression dont la RDC fait l'objet de la part du Rwanda à travers le M-23 reconnu comme force négative.

Et en se rendant à New York avec quelques jours d'avance, Kabila entend exploiter à fond la diplomatie des coulisses, dans la pure stratégie de conviction qui caractérise toute diplomatie responsable.

Le Rwanda toujours en mauvaise posture, la diplomatie congolaise toujours au top

Ces deux opportunités diplomatiques s'offrent en cette période où le Rwanda est, de nouveaux, accablé par de nouvelles preuves de son implication dans l'agression contre la RDC. L'Ong internationale Human Rights Watch a, en effet, produit, dans la même période du séjour de hervé Ladsous dans les Grands Lacs, un nouveau rapport l'accusant de continuer à soutenir le M-23. Dans le même rapport, ce mouvement marionnette est, pour sa part, accusé de continuer à perpétrer de graves crimes contre l'humanité dans les zones sous son contrôle.

HRW a ainsi réitéré son appel à des poursuites judiciaires contre des hautes autorités rwandaises dont des très proches collaborateurs de Kagamé, mais aussi contre les leaders du M-23. De même a-t-elle préconisé des sanctions contre le Rwanda dont le rôle à occasionné l'occurrence d'une grave catastrophe humanitaire dans la région des Grands Lacs.

De son côté, le Secrétaire général adjoint de l'ONU, hervé Ladsous, a eu à dénoncer le comportement du M-23 qui a installé une administration dans les zones sous son occupation. Là où cette force négative se permet même d'ériger des barrières routières et de lever des taxes.

Par ailleurs, on se souvient que, voici près d'un mois, les ministres congolais et rwanaise des Affaires étrangères ainsi que des conseillers de Paul Kagamé avaient été auditionné à huis clos et séparément par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité. A cette occasion, Raymond Tshibanda avait réclamé des sanctions contre le Rwanda, accusé de soutenir le M-23. « Notre conviction est qu’une action décisive du Conseil de sécurité est un complément indispensable au dialogue et à l’action diplomatique si on veut obtenir un changement de comportement du Rwanda », avait-il déclaré.

Les dénégations de son homologue rwandaise et d'un conseiller de Paul Kagame n'avaient pas convaincu la plupart des diplomates qui avaient assisté à ces auditions.

Une annexe du rapport annuel du Comité des sanctions de l’ONU sur la RDC publié en juillet dernier, accuse les forces armées rwandaises de « fournir du matériel militaire, des armes, des munitions et des fournitures diverses aux rebelles du M23 ». Ces accusations, portées à la même période par HRW ainsi que le Gouvernement congolais, ont été réitérées dans un autre rapport de HRW daté de la mi-septembre 2012.

Plusieurs pays occidentaux avaient décidé de suspendre tout ou une partie de leur aide au Rwanda à la lumière des preuves mises à sa charge. Seule la Grande Bretagne a levé une partie de l'aide gelée pour des raisons purement humanitaire. Ce geste, a récemment insisté l'ambassadeur britannique en RDC, ne change en rien la conviction de la Grande Bretagne quant à la responsabilité du Rwanda dans la déstabilisation de la RDC.

Pascal Debré Mpoko

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