Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Pacification de l’Est de la RDC, QUAND LA BELGIQUE EST SATISFAITE DE L’ENGAGEMENT DE KINSHASA

Pacification de l’Est de la RDC

QUAND LA BELGIQUE EST SATISFAITE DE L’ENGAGEMENT DE KINSHASA

Imprimer

 

Catégorie : Politique
Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié jeudi , le 15 août 2013

Didier-Reynders.jpgLe Vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères a achevé hier une visite de trois jours en République Démocratique du Congo. Au cours de celle-ci, Didier Reynders s’est intéressé particulièrement à la situation sécuritaire dans l’est du pays.

C’est la question principale qui était au centre de ses entretiens avec les autorités congolaises. L’homme d’Etat belge en a profondément discuté avec, successivement, son homologue Raymond Tshibanda, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, avant de rencontrer le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange.

Les échanges qu’il a eus avec les dirigeants congolais sont venus renforcer l’opinion que le chef de la diplomatie belge nourrissait au sujet de la situation sécuritaire dans la région des Grands-Lacs. Situation dont les effets néfastes ne sont plus déplorés que sur les populations de l’est de la RDC et nul part ailleurs.

En observateur averti, Didier Reynders a tenu à donner de la voix sur le comportement des acteurs impliqués dans la recherche de la paix dans la région. Les forces négatives, avec en tête le M23 (Mouvement du 23 mars), leurs soutiens, Kigali et Kampala, l’accord-cadre d’Addis-Abeba ainsi que le rôle que devrait jouer la Brigade spéciale de la Monusco ont été au centre du point de presse qu’il a animé au dernier jour de sa visite en RDC.

Les propos du ministre belge des Affaires étrangères, reportés par l’Afp, ont clairement étayé la vision d’un pays dont la position, en tant que capitale de l’Union européenne, est susceptible d’influer sur la marche de la politique internationale et, surtout, sur la problématique de la paix dans l’Est de la RDC.

De prime à bord, il a estimé que la République Démocratique du Congo a fait le « maximum » dans le processus de sortie de crise avec la pseudo-rébellion active dans l'Est du pays. « Je crois qu'en matière d'impunité et de réintégration, il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J'ai le sentiment – après on peut toujours discuter à la marge – mais j'ai le sentiment que le maximum a été fait par le gouvernement congolais », a déclaré le Chef de la diplomatie belge.

Didier Reynders pense qu’en acceptant de s’asseoir à la table avec une force négative – le M23 – qui continue de commettre des exactions sur les populations civiles dans l’est de son pays, l'autorité congolaise est allée au-delà de ce qui est possible. « (...) On ne peut pas demander aux Congolais, et moi je souhaite d'ailleurs qu'ils ne le fassent pas, de réintégrer dans l'armée et sur place des gens qui se sont rebellés une fois, deux fois, trois fois », a-t-il ajouté. Avant d’insister : « A force d'incorporer des indisciplinés on incorpore l'indiscipline ».

Il a donc lancé une mise en garde à l’endroit de Kinshasa qui entend aboutir à un accord à l’issue des pourparlers de Kampala. Lesquels sont au point mort au moment où règne une trêve précaire sur terrain et que le M23 menace toujours de reprendre Goma, chef lieu du Nord-Kivu, qu'il avait occupée fin novembre 2012.

« Il faut donner du temps au temps (...) mais les attentes sont très, très élevées dans la population et à un moment donné, ça va être une perte de crédibilité totale pour la communauté internationale si rien ne change après l'accord-cadre et l'envoi d'une brigade d'intervention de l'ONU », a prédit le ministre belge. Il est ainsi revenu sur l'accord-cadre, signé le 24 février dernier à d’Addis-Abeba par onze pays africains dont le Rwanda et l'Ouganda, deux voisins de la RDC qui, selon des sources concordantes, soutiennent le M23.

Didier Reynders a aussi déclaré qu’il était temps que la communauté internationale s’engage avec des actions plus concrètes dans la recherche de la paix à travers la traque des mouvement rebelles dans la région. Il a fait allusion à la Brigade spéciale de la Monusco. Avec ses 3.069 hommes dotés d'un mandat offensif, cette brigade devrait être chargée de combattre les forces négatives qui sévissent dans l'est de la Rdc, le M23 en tête.

A ce propos, le porte-parole du gouvernement congolais a salué l’attitude de la Belgique qui s’est montrée préoccupée par la question sécuritaire dans l’est de la Rdc. Lambert Mende a fait remarquer que son pays était le seul à avoir, jusque là, respecté les engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale.

Celui-ci a accepté d’engager les pourparlers avec les forces négatives qui endeuillent la République dans sa partie est. Et ce, alors qu’à coté, pas très loin, il y a des pays qui refusent de s’inscrire dans le même schéma avec leurs rebellions. « Puisqu’ils sont, eux aussi, signataires de l’accord d'Addis-Abeba, ils doivent respecter leurs engagements internationaux », a-t-il souligné.

Tout est mis en œuvre, à l’interne, pour parvenir à la paix durable dans l’est du pays. Les mécanismes diplomatiques, politiques et militaires ont été activés et commencent à produire des fruits. Il ne reste plus qu’à la communauté internationale de s’activer pour appuyer les efforts internes et exercer une pression sur les autres acteurs concernés pour qu’ils contribuent à la recherche d’une solution durable plutôt qu’à pérenniser le problème.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article