cour militaire
UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE
Il y a près de 8 mois que le corps du secrétaire exécutif de l’Ong de défense des droits de l’homme la « Voix des sans voix » (Vsv), Floribert Chebeya Bahizire, était retrouvé sans vie dans sa voiture à Kinshasa. Au même moment, il a été constaté la disparition de Fidel Bazana, son chauffeur. La nouvelle n’avait pas tardé à déferler sur tous les continents. Au Congo, en Afrique et ailleurs, c’était un seul refrain : « la justice doit faire son travail, dire le droit ». Alertée, cette dernière n’a pas failli à sa mission. Plus vite, huit suspects étaient mis aux arrêts. Des officiers, sous-officiers et autres agents de la Police nationale congolaise (Pnc) devaient répondre devant la cour d’ordre militaire de la RDC.
De huit prévenus dans cette « Affaire Chebeya », quatre ont écopé de la plus lourde peine (la peine de mort) tandis que l’un d’entre eux devra passer le reste de sa vie en prison. Trois d’entre les accusés ont, quant à eux, été acquittés. Un verdict non habituel dans un procès dont l’instruction a été revêtue d’une qualité appréciée par plus d’un défenseur des droits de l’homme. N’en déplaise aux critiques qui, du reste, sont légitimes. Mais pas de nature à entamer la crédibilité de la justice congolaise. Pire, celle des autorités politiques et militaires ou policières de ce pays où les efforts sont pourtant remarquables dans ce domaine. Ce, à travers l’opération dénommée « Tolérance zéro » qui consiste dans la lutte contre l’impunité à tous les niveaux.
Les détracteurs du pouvoir de Kinshasa n’ont jamais raté une seule occasion pour enfoncer leur clou. L’« Affaire Chebeya » leur a permis, une fois de plus, de tirer à boulets rouges sur le Général John Numbi, Inspecteur général de la Pnc, jusque là en suspension pour raison d’enquête dans la même affaire. Celui-ci avait été entendu comme témoin. Et partant, ils tirent également sur le président de la République, Joseph Kabila, et sur la nation congolaise toute entière. Peut-être parce que n’étant pas au meilleur parfum dans l’affaire. Ni l’Etat congolais, ni son président, encore moins le Général John Numbi ne sont impliqués, ni près ni de loin, dans cette affaire. Ces imposteurs de mauvais goût n’ont pour objectif que de distraire et discréditer la nation sur l’espace public international. Heureusement que la RDC a déjà réussi à se refaire du poile de la bête.
Ceux qui perdent leur temps à fouiller, là où il n’est pas d’ailleurs, pour trouver l’auteur de la mort du défenseur des droits de l’homme se trompent en regardant dans la direction du pouvoir de Kinshasa. S’ils ne peuvent admettre que Mukalayi et compagnie soient mouillés dans l’affaire, ils n’ont qu’à garder leur mal en patience en attendant que leur justice à eux fasse ce travail. Mieux encore, ils feraient mieux de se fier à la rumeur qui tient pour responsable de sa mort, l’activiste lui-même. Rumeurs d’après laquelle, il se serait mêlé des affaires étrangères à son pays. Dans un conflit opposant deux grandes firmes internationales pétrolières, le sort d’un faible Chebeya ne serait que celui-là. Comme pour dire : « Lorsque deux éléphants (firmes pétrolières) se battent, c’est l’herbe (pauvre Chebeya) qui en pâtit ».
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
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