Dans l’ensemble, c’est un Chef de l’Etat à la fois prudent et modeste qui a fait une lecture sans complaisance de 2014, décortiquant secteur par secteur en faisant l’évaluation de l’impact des réalisations avant de faire des projections pour l’avenir. D’entrée de jeu, Kabila a déclaré que l’état de la Nation, jusqu’au lundi 14 décembre 2015 « est contrasté ». Il en a donné lé démonstration au fur et à mesure des différents secteurs en relevant les points forts et les points et les points faibles de l’action gouvernementale et des autres institutions avant de formuler des recommandations pour un avenir bien meilleur.
Après avoir exprimé une pensée pieuse pour les victimes des dernières inondations à travers le pays et pour les tous ceux qui ont perdu leur vie sur le champ d’honneur, Joseph Kabila a ainsi visité tous les secteurs et domaines de la vie nationale en commençant par la situation sécuritaire pour terminer par la politique en passant par l’économie et les finances, le transport et voies de communication, la santé, l’éducation, l’énergie (eau et électricité), la diplomatie, la réforme de l’Etat et la justice avec une interpellation particulière sur les affaires foncières.
A chacun des secteurs, Joseph Kabila assignait des nouvelles orientations pour améliorer le niveau de développement de chacun d’entre eux au profit des Congolais. C’est, en définitive, un portrait-robot de la RDC de demain que le Chef de l’Etat a dessiné avant de responsabiliser le peuple congolais quant en sa matérialiser. « Ce n’est pas par la violence que nous règlerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre les Congolais et les Congolaises mus par la fibre patriotique », a, en effet, déclaré Joseph Kabila.
Parlant justement du processus électoral et du dialogue qui doit le baliser, sujet sur lequel il était vivement attendu, le Chef de l’Etat en a appelé « au sens élevé des responsabilités de tous afin qu’au sortir du dialogue national, nous soyons plus unis dans la mise en œuvre d’un processus électoral authentiquement congolais, fruit d’un consensus librement dégagé ». Ce dialogue, a-t-il ajouté, est l’occasion pour les Congolais de se réunir pour régler eux-mêmes leurs divergences.
Et, prenant en charge ses responsabilités de Chef de l’Etat et Garant de la Nation, Joseph Kabila d’insister : « Ce n’est pas par la violence que nous règlerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre les Congolais et les Congolaises mus par la fibre patriotique », a martelé le chef de l’Etat.
Quant à savoir quand est-ce que le dialogue va démarrer et ce qu’en sera la matière, Joseph Kabila a été on ne peut plus clair : « La mise en place en cours du comité préparatoire et celle prochaine de la facilitation internationale permettront, à brève échéance, le démarrage effectif dudit dialogue avec pour objectif de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant la voie à des élections crédibles et apaisées ».
Pour le reste, et toujours en assumant ses responsabilité à la tête du pays, Joseph Kabila a mis en garde tous ceux qui projettent de profiter de ce forum pour déstabiliser le pays. Et tout de suite, en bon père de famille, il rassure tous ses compatriotes qui craignent le pire : « Là où il lui est promis la mort, nous l’assurons que tout sera mis en œuvre pour la vie. Là où on veut tout détruire, notre engagement c’est de construire et de développer sans relâche. A notre peuple de choisir lors des élections lequel des deux projets de société lui convient le mieux ». « Il n’y aura ni mort ni sang », a-t-il promis.
Se voulant pragmatique, Joseph Kabila s’est voulu pragmatique en proposant à la réflexion des prochains « dialogueurs » une formule pour réduire le coût des élections qui en est l’un des écueil pour leur bonne tenue, à savoir : le mode de vote. « Je demeure persuadé que l’option à lever sur les modalités de vote prévues à l’article 47 de la loi électorale à savoir, soit le vote par bulletin à papier soit le vote électronique, pourrait contribuer à réduire substantiellement le coût des opérations électorales ». Bref, tout ce qu’il y a de légal.
Dans son discours sur l’état de la Nation pour 2015, Joseph Kabila est revenu sur les héritages les plus chers que les Congolais gardent jalousement comme ils l’ont encore fait en 2015 : l’unité, la liberté et la souveraineté de la RDC dans les limites de ses frontières. C’est pour cela que, tout au début de son adresse sur la situation sécuritaire, il a promis de poursuivre une lutte acharnée contre toutes les forces négatives qui ont quitté les guerres conventionnelles pour des pratiques de terrorisme ciblé.