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Pour et contre le Dialogue : LE DOUBLE LANGAGE DE KAMERHE EN DIT LONG

Pour et contre le Dialogue : LE DOUBLE LANGAGE DE KAMERHE EN DIT LONG

Les nouvelles en provenance du fin-fond de l’est de la République Démocratique du Congo ne sont pas agréables. Diverses sources font état d’une dégradation du conflit qui oppose les populations Hutus et Nande. Les faits se déroulent, depuis le mercredi 03 février dernier, dans la localité de Luofu, située entre les villages Kayina et Miriki, dans le sud du territoire de Lubero, province du Nord-Kivu.

Les affrontements ont causé morts et disparition d’hommes, plusieurs blessés graves et légers ainsi que quelques cas de viols des femmes, pillages et incendies des maisons de part et d’autre. Ce, avant l’interposition de la Police nationale, appuyée par les FARDC et les forces de la Monusco. L’ampleur des tensions qui, selon la société civile locale, continuent à couver dans une grande partie de la région, mobilise l’attention des autorités politico-administratives ainsi que les forces de défense et de sécurité tant locales que nationales.

A celles-ci s’ajoutent les forces vives ainsi que les notables du coin. Ce qui ne pouvait ne pas susciter les réactions de toute part, y compris du côté des acteurs de l’opposition politique congolaise. Lesquels ne laissent jamais passer une seule occasion pour faire entendre leurs voix, même si, quelques fois, des contradictions peuvent être perceptibles dans leur logique.

Le Président Vital Kamerhe de l’UNC (Union pour la nation congolaise) a préconisé l’organisation d’un dialogue franc au niveau locale entre les acteurs de l’opposition, la majorité et la société civile pour arriver à mettre un terme aux violences dans la région du Nord-Kivu. Intervenant sur les ondes de Top Congo FM, l’un des acteurs majeurs de l’aile dure de la classe politique opposée au pouvoir de Kinshasa et contre le dialogue national inclusif convoqué par le Président Kabila a estimé que le dialogue était la voie royale pour venir à bout de la situation explosive qui sévit dans l’est du pays.

Double langage ou agenda caché ?

Nul n’ignore qu’avec certains de ses collègues d’une certaine opposition, Vital Kamerhe multiplie, depuis un certain temps, les initiatives contre le dialogue national inclusif initié par le Président de la République. Dynamique de l’opposition, Front anti-dialogue, Front civil 2016, etc., sont autant de plates-formes créées à l’initiative ou avec le concours du Président national de l’UNC pour rejeter toute idée de dialogue. Pire encore, les mêmes sont allés jusqu’à l’emblématique île de Gorée, dans la capitale sénégalaise, pour apprendre ce que le speaker de l’Assemblée national, Aubin Minaku, avait qualifié de mécanismes subversifs de conquête du pouvoir.

Dans le même ordre d’idées, les informations qui ont fuité catégorisent en deux groupes les acteurs de l’opposition et des forces vives qui étaient présents sur l’île. Il y avait, d’une part, ceux qui étaient spécialistes en mobilisation populaire et qui devaient se charger de l’aspect soulèvement de la population et, de l’autre, des spécialistes des rébellions et milices armées qui avaient reçu mission d’agiter certaines régions de l’est du pays pour tenter de faire fléchir le régime de Kinshasa.

Maintenant que la situation semble se dégrader davantage dans le Kivu, des observateurs avertis ne sont pas incapables de faire le rapprochement entre les « stratégies de l’île de Gorée » et ce qui se passe actuellement sur ce terrain. Encore que, les voix s’élèvent de la part de ceux qui, comme Vital Kamerhe, sont farouchement opposés à une quelconque forme de dialogue pour décrisper la situation politique au niveau national.

Ceci pousse à s’interroger sur ce qui serait la vraie motivation de cette demande pressante du dialogue au niveau local entre les acteurs de l’opposition, de la majorité et de la société civile. En quoi ce dialogue serait-il diffèrent de celui que Kamerhe et compagnie rejettent au niveau national ? Il va s’en dire que certains acteurs politiques qui s’illustrent par des prises de positons assez exigeantes et catégoriques à Kinshasa, seraient les meilleurs profiteurs de certaines situations qui se déroulent dans le Congo profond.

Sinon, il serait impensable qu’un conflit qui oppose deux communautés locales (Hutu et Nande) ou encore les groupes armés étrangers (FDLR et ADF-NALU) aux FARDC et la Monusco soit susceptible d’être résolu par un dialogue au niveau local. Et pourtant, là où la classe politique reste foncièrement divisée sur l’usage à faire de certains articles de la constitution (64, 70, 220, etc.), tout comme sur l’organisation du processus électoral, les mêmes se montrent farouchement opposés au dialogue.

Jean-Luc SKAM

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