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7ème Sommet extraordinaire de la CIRGL : UNE ISSUE DÉTERMINANTE POUR LA RDC

7ème Sommet extraordinaire de la CIRGL

 UNE ISSUE DÉTERMINANTE POUR LA RDC

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Catégorie : Politique
Écrit par Jean Luc MUSHI-MPAKU ; publié vendredi , le 06 septembre 2013

Kampala a abrité ce jeudi 5 septembre 2013n le 7ème sommet extraordinaire des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (Cirgl). Les Chefs d’Etats, 11 au total, ou leurs représentants se sont rencontrés pour régler la situation relative à la sécurité et à la paix dans la région et spécialement dans l’est de la République Démocratique du Congo. Ces travaux regorgeaient des enjeux tellement importants pour la RDC que leur issue ne pouvait qu’être déterminante.


Il s’est agi d’évaluer le degré d’application de l'accord-cadre conclu le 28 février dernier à Addis-Abeba et, surtout, de rappeler à chacun des 11 signataires ses engagements pris dans la capitale éthiopienne. Objectif ultime : trouver les voies et moyens de venir à bout du conflit qui oppose l’armée congolaise au M23 (Mouvement du 23 mars). Objectif qui tient d’abord à un désarmement rapide de la rébellion pro-rwandaise. Une option dans laquelle Kinshasa a bénéficié du plein soutien de Mary Robinson, l'émissaire des Nations unies dans la région des Grands Lacs.

À l’issue des travaux, c’est le ton donné par Kinshasa qui ressort sous forme de résolution. Intervenant hier sur la Voix de l’Amérique, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, avait rejeté toute possibilité de retourner à la table avec le M23 si celui-ci continuait de tenir les armes vis-à-vis de la population congolaise. En réponse à cette exigence, les 11 chefs d'État de la région de Grands Lacs ou leurs représentants ont exigé que le M23 cesse « toute activité militaire » et reprenne « dans les trois jours » des négociations avec le gouvernement congolais.

Suspendus depuis mai dernier, les pourparlers de Kampala entre Kinshasa et la pseudo-rébellion « devront être conclus dans une période maximum de 14 jours », a précisé le communiqué final du sommet. Durant ces 14 jours, « les forces belligérantes sur le terrain sont exhortées à exercer le maximum de retenue pour que les pourparlers soient rapidement conclus », ont décidé les Chefs d'État. Le M23 « devra mettre un terme à toute activité militaire et cesser la guerre et les menaces de renverser le gouvernement légal de la République démocratique du Congo », selon le texte.

Conclusions qui rencontrent l’assentiment des Congolais

Les conclusions des travaux du sommet de Kampala ont rencontré l’assentiment du gouvernement congolais. C’est ainsi qu’il s’est dit satisfait de l’appel lancé par les Chefs d’Etat des Grands Lacs au M23 pour reprendre les pourparlers de Kampala. « Nous sommes satisfaits parce que nous en avons assez de ces mouvements de yoyo où on veut nous faire perdre du temps alors que de l’autre côté, on est en train d’utiliser les voies militaires pour nous asservir et continuer à nous piller », a déclaré le porte parole du gouvernement congolais qui intervenait ce matin à la Radio onusienne.

Ce point de vue du gouvernement n’a pas rencontré l’assentiment des habitants du Nord-Kivu. Forts des victoires militaires obtenues récemment par les Fardc, ces congolais rejettent toute idée de la poursuite des négociations avec le M23 et ne jurent plus que par l’option militaire. Pour apaiser les esprits, a expliqué Lambert Mende que « Nous sommes le gouvernement pour faire des choses et la population a le droit de nous dire ce qu’elle pense. Mais en termes de responsabilité, ce sont les institutions qui ont le mandat de prendre la décision. Nous avons commencé une chose, je pense que 14 jours pour la terminer ce n’est pas la fin du monde. Notre population qui est au Nord-Kivu le comprend très bien ».

Il ressort donc que les enjeux à gagner étaient de taille puisque l’attention de tous les Congolais était restée fixée sur Kampala mais le suspens n’aura duré à peine qu’une journée. Il appartenait à Joseph Kabila d’exploiter suffisamment les opportunités qui s’offraient à lui dans ce tournant décisif qu’il était en train de négocier pour la résolution du conflit qui ronge son pays. C’est un commandant suprême ragaillardi par les exploits de son armée sur terrain face à la coalition Rwanda-M23 qui est venu défendre la cause de ses sociétaires. Aux yeux des analystes avertis, l’attitude de Joseph Kabila est la résultante de la mise en œuvre de sa stratégie trilogique : politique-diplomatique-militaire. Il devait donc en profiter pour achever l’ennemi alors que ce dernier est encore à terre.

En face de lui, c’est un Paul Kagame, petit dans ses bottes, qui cherchait à se refaire de la fourrure de bête face à son isolement sur la scène internationale. Il était partagé entre les accusations régulièrement prouvées de soutenir le M23 et son incapacité à instaurer un régime démocratique dans son pays et un dialogue politique avec ses opposants armés du Fdlr (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Ce qui a fait manquer à « l’homme fort » de Kigali assez d’énergie pour prendre partie de son bras armé dans l’est de la RDC, alors que ce dernier est totalement affaibli.

C’est dans ce contexte que Mary Robinson, émissaire spéciale des Nations unies dans la région de Grands-Lacs a eu un œil plus regardant sur le déroulement des travaux. Elle ne voulait pas se limiter à administrer aux uns et aux autres des cours de morale. Raison pour laquelle le 7ème sommet des Chefs d’Etat de la Cirgl était considéré, par Madame Robinson, comme étant celui de la dernière chance. Au terme de sa tournée régionale, elle a tenu à mettre à profit l’occasion pour obtenir une issue négociée à la crise congolaise. Ce qui est sur la voie d’être fait.

Une issue déterminante…

L’issue de cette journée a été très déterminante pour beaucoup d’autres options politiques au pays de Lumumba. Là où toute une nation ne cesse de réclamer la fin de la guerre en ce moment où ses filles et ses filles s’apprêtent à aller sous l’arbre à palabre pour résoudre leurs problèmes internes. Une vision de Joseph Kabila qui a rencontré une telle adhésion de la part de ses sociétaires que même les opposants les plus farouches à son administration accourent presque tous pour ne pas rater le train de l’histoire.

Ceux d’entre eux qui le rateraient n’auraient, peut-être, plus jamais la chance de mériter de l’estime du peuple congolais. Vital Kamerhe venait de s’en rendre compte. C’est pourquoi il s’est précipité d’annoncer, depuis hier soir sur les ondes, la participation de son parti aux Concertations nationales. Et pourtant, jusque dans la matinée d’hier, personne ou rien ne pouvait envisager la possibilité de voir cette enfant terrible de l’opposition, le dernier d’entre les nés de la famille d’ailleurs, faire un tel revirement.

C’est pratiquement à 180° que vient de roter l’Union pour la nation congolaise (Unc). En tout cas, jusqu’en ce moment, aucun communiqué officiel n’a annoncé ni la nomination d’un médiateur étranger ni le « recadrage de l’Ordonnance présidentielle du 26 Juin 2013 et les concertations actuelles pour leur alignement sous la bannière  de l’accord-cadre ainsi que de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité ». Moins encore, aucune ordonnance modifiant et complétant celle du 26 Juin 2013 n’a été signée par le Chef de l’Etat. C’est tout simplement la vision et la détermination de Kabila qui ont foncièrement convaincu les uns et les autres à le suivre. Tout le reste n’est que subterfuge.

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