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Baisse des prix des produits de première nécessité, RDC : CAP SUR LE PANIER DE LA MÉNAGÈRE

Baisse des prix des produits de première nécessité
RDC : CAP SUR LE PANIER DE LA MÉNAGÈRE

Catégorie : Socioéconomique
Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié vendredi , le 20 septembre 2013

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a opté pour des actions concrètes en vue de rendre le panier de ma ménagère bien garni. La stratégie, c’est le rappelle des troupes. C’est dans cette optique que le Ministre de l’économie nationale et commerce ainsi que son collègue des finances ont réuni autour d’eux, le mercredi 18 septembre dernier à Kinshasa, tous les acteurs intervenant dans la chaine d’importation, de commercialisation et de consommation des produits de première nécessité.


« Ventre affamé n’a point d’oreilles », renseigne une sagesse italienne qui s’est faite populaire de part sa charge expressive. Le Gouvernement congolais semble l’avoir mieux assimilée que quiconque. L’administration Kabila en a fait son cheval de batail, parce que, depuis son accession à la magistrature suprême, il n’a jamais cessé de se battre pour cela. Il le sait très bien et il l’a répété quelles que fois, lorsqu’il a eu l’occasion de s’exprimer sur ce sujet.

« On se serait placé sur les toits les plus hauts des édifices érigés sur son territoire, voir sur le plus haut pic du Ruwenzori qui fait toute la fierté de son pays sur l’échiquier international pour clamer haut et fort à la cohésion nationale, au patriotisme, etc. Mais, cela risquait de passer pour de la simple farce pour une population qui serait tiraillée entre le désire ardent de faire le plein de son vendre et l’ambition suprême de défendre sa patrie », ironiseraient certains.

La situation est, certes, ambivalente. Elle a autant l’aire d’un dilemme socratique que d’une réalité sociale à laquelle il vaudrait bien fixer une attention soutenue. C’est à cette conclusion qu’est parvenu le premier d’entre les citoyens congolais. Ayant estimé qu’il ne serait pas indiqué, en ce moment, de ne parler à ses sociétaires que de la trilogie « Politique-Guerre-Diplomatie » pour parvenir à la paix, il a instruit le Chef du gouvernement de labourer aussi sur d’autres plates-bandes dont, notamment, le social.

Joseph Kabila a instruit l’homme de la maîtrise du cadre macroéconomique de « faire en sorte que celle-ci soit perceptible, à l’œil nu, dans l’assiette du peuple en passant par le panier de la ménagère ». Tout rentre dans le cadre de la stabilité et de la paix sociales.

Aussi tôt instruit, le pragmatisme d’Augustin Matata Ponyo est entré en jeux. La chaîne de commandement a harmonieusement fonctionné. Résultat : les responsables politiques concernés se sont activés et vite. Le ministère de l’Economie nationale et du Commerce ainsi que son collègue en charge des Finances ont adopté la stratégie de rappelle des troupes.

Ainsi, ils ont réuni, autour d’eux, tous les acteurs intervenant dans la chaine d’importation, de commercialisation et de consommation des produits de première nécessité. Le patronat congolais, les entreprises du portefeuille de l’Etat, l’association des consommateurs  ainsi que les représentants des établissements publics étaient tous là pour examiner les mécanismes susceptibles d’amener à baisser les prix des produits sur le marché.

Par rapport au pouvoir d’achat…

Au cours de cette séance de travail, le patron de l’économie commence par admettre que ces produits coûtaient cher par rapport au pouvoir d’achat de la population. Avant d’annoncer à ses interlocuteurs que « le gouvernement veut notamment baisser les prix des produits les plus consommés dans le pays. Il s’agit entre autres du riz, du chinchard, du poulet et du ciment gris ».

« Pour y parvenir, a estimé Jean-Paul Nemoyato,  tous les participants à cet rencontre devaient commencer par examiner les facteur exogène et endogène qui surchargent la structure des prix, afin de les endiguer ». A ce sujet, il a indiqué que la loi congolaise en la matière a fixé, en des termes clairs la marge bénéficiaire des grossistes et celle des détaillants. C’est sur cette base légale, qu’il a promis, au nom du gouvernement, de procéder au nettoyage des structures des prix. Un nettoyage qui, au dire su ministre, permettra d’élaguer les éléments qui surchargent ces structures.

Les autres intervenants dans la démarche ont donné leurs avis pour faire avancer la chose. C’est le cas de la Fédération des entreprises du Congo (Fec) dont le responsable a estimé qu’il revenait au gouvernement de pouvoir se pencher  sur cette question depuis fort longtemps. Monsieur Bononge, le secrétaire général du patronat congolais a, par ailleurs,  encouragé les importateurs à assurer la transparence dans la structure des prix des produits concernés.

«Nous poussons toujours nos membres à la transparence. C’est-à-dire quand on a importé un carton de Mpiodi [chinchard] qu’on puisse dire : on l’a acheté à tel prix en Namibie, on a payé autant comme frais de transport, qu’est-ce que la douane a coûté ? Et pourquoi le carton est à tel prix ?», s'est-il intérogé au micro de la radio onusienne émettant à partir de Kinshasa.

La marge bénéficiaire trois fois supérieure…

Ces travaux ont été précédés par une série d’arrangements qui ont été entreprises par le ministère de l’Economie et Commerce avec les représentants de la Fec, de l’Anep (Association nationale des entreprises du portefeuille) et les établissements publics.  Ce, suite à la publication du rapport de « Menaa-Finace » sur les structures des prix le 26 juillet dernier.

A en croire le Ministre Nemoyato, le document  de ce cabinet d’étude international faisait des révélations non moins négligeables. Il a évoqué, à titre illustratif, le cas de « l’exercice 2012, par exemple, où la marge bénéficiaire des importateurs en Rdc se situait à plus de 33 %, soit trois fois supérieure à la marge légale, en ce qui concerne le chinchard ».

D’où, la nécessité, pour l’étude menée sur demande du gouvernement congolais,  de recommander à Kinshasa de créer des conditions pour une plus forte indépendance alimentaire. Et cela ne pourrait passer que par « la promotion et à la  professionnalisation de l’agriculture ».

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