Lancement des patrouilles de la brigade d’intervention à Goma
ÉCHAUDÉ, LE M23 IMPLORE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DE RAMENER KINSHASA À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS
Depuis un certain temps, les hommes de la pseudo-rébellion du M23 se trouvent coincés, comme au milieu de nulle part. Ils ne savent ni avancer, ni reculer. Ils sont là à subir la pression de leurs mentors qui tiennent à les voir pousser la machine guerrière pour obtenir les résultats escomptés, d’une part, et, il y a devant eux la machine militaire, diplomatique et politique déployée par l’administration Kabila à partir de Kinshasa, d’autre part.
Pas plus tard qu’il y a trois jours, la Brigade spéciale d’intervention de l’Onu chargée de combattre les groupes armés dans l’est de la République Démocratique du Congo a commencé ses patrouilles à Goma et ses environs. Des hommes bien équipés et lourdement armés, auxquels se sont associés quelques casques bleus de la Monusco (Mission des nations unies pour la stabilisation au Congo) se sont déployés avec des hélicoptères et chars de combat ainsi que d’autres engins de guerre pour cet exercice de reconnaissance de terrain. De quoi montrer leur détermination à en découdre avec toutes les forces négatives qui sévissent dans la région depuis près de deux décennies.
Au nombre de celles-ci, on peut mentionner notamment le Mouvement du 23 mars (M23) qui est en tête de la liste, suivi des Fdlr (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), de l’Alliance des forces démocratiques et de l’Armée nationale pour la libération de l’Uganda (Adf-Nalu) et la Lra (Armée de résistance du seigneur).
La manœuvre, qui a débuté lundi dernier, est trop loin d’arranger les affaires du M23. La pseudo-rébellion pro-rwandaise s’est donné beaucoup de peine pour se maintenir, mieux pour rendre service à la hauteur des attentes de ses mentors que sont le Rwanda et l’Ouganda. Ces deux pays, sous-traitants de la Coalition internationale pour la déstabilisation du Congo (Cidc) dans la région, quant à eux, ont mis à contribution d’autres officines lointaines pour obliger le Gouvernement de Kinshasa à se prendre la main.
Devant un cul-de-sac
Le renforcement des positions militaires du M23, ouverture des hostilités avec, comme objectif : foncer jusque sur Goma, la divulgation du draft d'accord de Kampala pour mettre le pouvoir rd-congolais en porte- à- faux avec son opinion publique ; toutes ces tentatives se sont avérées vaines et sans succès. D’où l’impasse. Devant ce cul-de-sac, ces ennemis numéros 1 de la République n’ont plus d’autre choix que de d’appeler « au secours ». Tel un chat échaudé, le M23 se voit obligé d’implorer la communauté internationale de ramener Kinshasa à la table des négociations.
Intervenant ce matin sur les antennes de Rfi, le Président de la business-rébellion, Bertrand Bisimwa, a annoncé qu'il enverra, le dimanche 9 juin 2013, à Kampala une délégation pour reprendre les négociations avec le gouvernement congolais. Une annonce qui a tout l’air d’une fuite en avant, étant donné qu'à Goma la Brigade spéciale d'intervention de l’Onu a déjà commencé à brandir ses biceps : « Gars à ceux qui ne s’amenderont pas à temps ».
Comme pour chercher à en avoir le cœur net, le président marionnette du M23 raconte, à qui veut l’entendre, qu’il n'y a aucun lien entre l'arrivée ou le déploiement de la brigade spéciale et la précipitation de son mouvement à rentrer à Kampala. Et pourtant, lui et ses délégués en étaient partis avec l’intention de défier Kinshasa par d’autres voies.
« Donc, nous disons que maintenant la pression doit être exercée sur le Gouvernement de Kinshasa pour qu’il accepte de revenir sur la table des négociations et mettre fin à sa politique militariste », a supplié Bertrand Bisimwa au micro de l’envoyé spécial de la Rfi dans la région. Ce, après avoir eu le temps de trouver des mots pour se consoler : « Pas du tout parce que déjà le Secrétaire général des nations Unies a dit que la Brigade ne sera pas opposée aux éléments du M23 », en répondant à la question de savoir si son groupe ne reprend pas aussi ces négociations parce qu’il y a cette Brigade d’intervention qui pourrait lancer des opérations contre eux.
Et, à la marionnette qui dirige le M23 de se justifier, : « D’abord, il faut dire que les négociations ont toujours été notre choix, de deux nous avons suivi les signaux forts de la part de la communauté internationale notamment du Secrétaire général des Nations Unies qui était de passage dans la région, qui était précédé par Madame Mary Robinson qui avait déclaré que les négociations de Kampala étaient la seule solution à la crise en Rdc et que donc, le M23 ne méritait pas que la brigade lui soit opposée. Ce sont les déclarations fortes qui nous ont rassurés. »
Au milieu de nulle part
De l’avis des observateurs avertis, le M23 peut bien se débattre, tel un diable dans de l’eau bénite, il aura du mal à se tirer d’affaires. Depuis un certain temps, les hommes de la pseudo-rébellion se trouvent coincés, comme au milieu de nulle part. Ils ne savent ni avancer, ni reculer. Ils sont là à subir la pression de leurs mentors qui tiennent à les voir pousser la machine guerrière pour obtenir les résultats escomptés, d’une part, et, il y a devant eux la machine militaire, diplomatique et politique déployée par l’administration Kabila à partir de Kinshasa, d’autre part.
Au plan militaire, le M23 venait d’expérimenter la puissance de feu des Forces armées de la Rdc. Une armée très bien organisée, restructurée avec des hommes bien équipés, motivés et déterminés. La dernière tentative des hommes de Kigali et de Kampala de marcher sur Goma s’est soldée par un échec cuisant. Ils ont perdu des hommes, des engins et du matériel en grande quantité. L’axe militaire du plan, minutieusement ficelé pour obliger Kinshasa à fléchir et à concéder à toutes les exigences de la pseudo-rébellion ayant échoué, place à la politique.
La politique de diabolisation adoptée par le M23 a, elle aussi, rencontré une résistance farouche. Ce plan consistait à passer un message allant dans le sens de discréditer le Gouvernement de la Rdc vis-à-vis de ses sociétaires. En mettant sur la place publique un document au contenu contrariant présenté comme étant des convenances de l’Accord que Kinshasa devrait signer, dans les jours avenirs, avec la pseudo-rébellion au terme des pourparlers de Kampala.
Là encore, l’objectif, qui était de mettre le Gouvernement congolais en porte-à-faux vis-à-vis de sa population, a rencontré une résistance sur son chemin. Le patriotisme du peuple congolais ainsi que son sens d’intérêts et d’engagement collectifs dans la quête de la solution à la crise de l’est et l’échec au plan de balkanisation de son pays sont plus forts que tout.
C’est le volet diplomatique qui est de plus en plus ennuyant pour les ennemis de la Rdc. Et pourtant, à l’annonce de la signature de la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’Onu créant la Brigade spéciale, ils s’étaient déclarés braves et capables de lui opposer une résistance. Curieusement, c’est uniquement aux premiers abords qu’ils montrent leur petitesse. Ils n’ont de choix que de négocier une sortie quelque peu honorable. Échaudé par la démonstration de force de la Brigade intégrée, le M23 urge à implorer la Communauté internationale de ramener Kinshasa à la table des négociations.
Le Gouvernement de la Rd-Congo quant à lui n’a jamais fléchi. Fort de ses victoires engrangées sur la scène internationale, il renverra certainement ses officiels dans la capitale ougandaise avec un seul message, celui de demander à la pseudo-rébellion pro-rwandaise de s’auto-dissoudre. Question d’échapper à la traque de la Brigade spéciale d’intervention et épargner les vies humaines.