La brigade spéciale d’intervention de l’Onu chargée de neutraliser les groupes armés dans l’est de la République Démocratique du Congo a entamé sa mission depuis le week-end dernier. C’est le porte-parole des Nations Unies, Martin Nesirky, cité par la Radio onusienne en Rdc, qui a annoncé la nouvelle hier, lundi 3 juin à partir de New York.
« Environ 870 des 3 000 soldats qui doivent composer la brigade qui se trouvent déjà à Goma ont commencé à opérer à Goma, en effectuant des patrouilles de jour et de nuit », a-t-il précisé dans une dépêche de l’Afp. Ce avant de souligner que les éléments de la brigade qui opèrent avec des effectifs réduits sont accompagnés des casques bleus de la Monusco.
Sur le terrain, la nouvelle a produit un effet surprise tant du conté des forces négatives que de la population du Nord-Kivu. Et pourtant, aux dires du patron des opérations de maintien de la paix de l’Onu, Hervé Ladsous, la brigade devrait être pleinement opérationnelle d’ici la mi-juillet.
Le Mouvement du 23 mars (M23) qui, dès son annonce, était contre le déploiement de la force spéciale de l’Onu, a été pris de court. Son réseau de ravitaillement en armes et de renforcement des positions avec l’incursion des troupes en provenance du Rwanda, voisin, a été mis en souffrance.
Le bras armé de Kagame et Museveni n’a plus qu’un seul choix, celui de s’auto-dissoudre, comme le lui avait proposé le gouvernement de la République. Ce qui permettra d’épargner des vies humaines dans ses rangs, tout comme du coté des populations civiles. Mais une question demeure: que diront les marionnettes du M23 à leurs mentors nichés au Rwanda et en Ouganda ? « Nous avons échoué », pourraient-ils se permettre, puisqu’ils n’ont plus de choix, mais en attente des conséquences très déplaisantes qui en découleraient, certainement.
Du coté de la population, par contre, tout semble assouvir la soif de la paix, de la sécurité et du développement. Les nord-kivuciens en général et, plus particulièrement, les habitants de la ville de Goma, ont accueilli la nouvelle comme s’ils assistaient à la fin d’une pluie torrentielle.
La joie, le porte-parole de la Société civile du Nord-Kivu, Omar Kavota, l’a exprimée au nom de toute la population au micro de BBC Afrique. « Nous avons vu des patrouilles des hommes avec du matériel neuf : des hélicoptères, des chars de combat, des missiles, des armes lourdes, etc. ; je crois qu’ils vont avoir un impact psychologique sur les hommes du M23 ».
La création de la brigade d’intervention au sein de la Monusco avait été autorisée fin mars, au terme de la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’Onu. Objectif : renforcer la Mission - la plus importante des missions de l’Onu dans le monde - qui, avec ses 17 mille casques bleus, n’a qu’un mandat limité à la protection des civils. Contrairement à elle, la Brigade spéciale d’intervention est dotée d’un mandat offensif. Elle devra combattre et désarmer les groupes rebelles qui sévissent dans l’Est de la Rdc, dont les Fdlr, Adf-Nalu, la Lra, le M23 et autres.