Le Chef de l’Etat a prononcé son discours annuel sur l’état de la nation mercredi en fin d’avant midi devant le Parlement réuni en congrès. A l’occasion, il a annoncé un train de mesures susceptibles de poser les bases d’une nouvelle ère dans l’univers politique de son pays. « Demain sera différent d'aujourd'hui », a déclaré Joseph Kabila qui a tenu à traduire en actes sa volonté à devoir mettre en place de nouvelles réformes afin de relever des nombreux défis auxquels est confrontée la RDC.
Ces mesures réformatrices sont une réponse adéquate aux préoccupations soulevées et aux recommandations formulées à l'issue des Concertations nationales. Ces assises qui avaient réuni, du 12 septembre au 5 octobre dernier, les forces vivent de la nation en vue de préconiser une diversité de défis à relever afin de dégager les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale et baliser la marche vers un avenir meilleur.
Les mesures, le Président de la République les a annoncées, certes, et elles devront être appliquées. Pour ce faire, il a préconisé la mise en place, dans un bref délai, d’un gouvernement qu’il a voulu de « Cohésion nationale ». Lequel gouvernement aura pour mission, entre autres, le rétablissement de la paix et l'amélioration des conditions de vie de la population. Une idée que les Congolais, dans leur plus large majorité et diversité, ont chaleureusement approuvée.
Envie gloutonne pour le pouvoir
Une frange infime de la classe politique, composée des « gorges profondes » de l’opposition, a trouvé en ceci, une occasion de mettre sur la place publique, ses envies gloutonnes pour le pouvoir en RDC. Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi Vital, et son UNC (Union pour la Nation Congolaise) ont, depuis hier, largué leurs aboyeurs sur les toits de certains médias tant nationaux qu’internationaux. Objectif : passer un seul message, celui du « pouvoir à tout pris », au détriment des fondamentaux de la vie nationales que sont la consolidation de la cohésion, la paix et la concorde ainsi que le bien être et le mieux être de tous.
Pas plus tard que la matinée du jour suivant de celui où le Président Joseph Kabila a prononcé son discours, le responsable de l’interfédéral de l’UNC/ Kinshasa est passé sur les ondes de la Voix de l’Amérique. Député national de son état, Jean Baudouin Mayo n’a pu mieux faire que de trouver des mots pour vilipender les efforts de tout un peuple à se mettre ensemble pour un lendemain meilleur pour son pays.
« Je Juge la démarche actuelle comme un moyen mis en place pour prolonger tacitement le mandat du Président de la République », a-t-il indiqué après avoir estimé que « l'idée d'un gouvernement de cohésion nationale viole la Constitution qui veut qu'il y ait, en démocratie, une majorité qui gouverne et une opposition qui contrôle et propose l'alternative ».
A titre d’exemple, l’acolyte de Kamerhe a pris le cas des assemblées et gouverneurs provinciaux ainsi que du sénat qui, selon lui, prolongent leurs mandats dans une indifférence totale. Celui que certain qualifierait de déshonorable a, par ailleurs, affirmé que son parti attend qu'en 2016, il y ait évaluation de l'action du gouvernement Kabila et que les Congolais constatent l'échec, selon lui, et donnent le pouvoir à quelqu'un qui pourrait le mieux répondre à leurs attentes.
Le parcours et l’agir
Toute cette série d’élucubrations n’a de quoi résister à une moindre analyse, au regard de la crédibilité de la personne qui les porte comme idée, opposée à la confiance que le peuple Congolais placerait en elle. En toute franchise, plus d’un observateur de la scène nationale estime qu’une fixation, quelle qu’elle soit, n’oserait trouver échos favorable si elle est portée par Kamerhe. En tout cas, pas plus que si elle l’était par un autre homme politique congolais, même celui qui serait né de la dernière pluie. Et pourquoi pas le leader de l’UNC ? La question mérite d’être posée.
Le parcours et l’agir de l’homme politique est très déterminant. Le réalisme voudrait qu’on arrive à constater que les impératifs qui auraient répondu à l’encrage de Vital Kamerhe dans la vie politique relèvent de la logique qui sous-tend, d’une part, le fait d’un simple hasard et, de l’autre, l’expression d’une vraie nécessité qui n’est rien d’autre que l’aboutissement d’un processus stratégique auquel se mêlent ambitions surréalistes et lutte du pouvoir pour le pouvoir.
Cet ex-mouchard aura été celui qui, par les vicissitudes de l’histoire politique ou concours des circonstances, aurait fondé sa démarche politique à travers des paramètres aussi incongrus. Connu comme tel sur le campus de l’Université de Kinshasa pour ses rapprochements avec certains dignitaires du régime mubutiste, il ne pourrait échapper à un regard attentif.
Partant de l’observation du parcours politique de celui qui veut se faire passer pour un « homme providentiel », son entrée tout comme sa montée en popularité, l’œil avisé lit entre les lignes de la vie politique en RDC se sentirait réconfortée. Les hommes peuvent se tromper mais le la démarche de Kamerhe n’est, en aucun cas, aussi humaine qu’elle tienne à répondre aux réalités sociales visibles à l’œil nu. Par contre, il a eu à répondre aux impératifs de la nécessité présente. Peut-être a-t-il été au bon ou au mauvais endroit, au bon ou au mauvais moment ?
Le pouvoir à tout prix, ici et maintenant
L’histoire en dirait long mais elle aurait du mal à tromper l’opinion publique tant nationale qu’internationale. Cette dernière doit avoir mieux découvert et gardé pour Kamerhe l’image d’une envie pantagruélique du pouvoir pour le pouvoir, du pouvoir à tout prix, même dans la compromission. Elle sait mieux que quiconque que c’est Vital qui, étant au pouvoir, s’évertuait à critiquer le régime qui lui avait tout donné.
L’homme de toute la confiance du Président Joseph Kabila n’avait jamais loupé une seule occasion de vilipender la personne du Chef de l’Etat devant les partenaires internationaux qu’il recevait dans le cadre de leur mission officielle à Kinshasa. Pire encore, selon certaines indiscrétions, il aurait été la source principale d’information pour le confrère de Jeune Afrique qui avait signé l’article intitulé « Kabila, Mobutu Lifth ».
L’envie du pouvoir et le pouvoir à tout prix, ici et maintenant ; c’est le propre de Lwa Kanyinginyi. Sinon, il serait difficile de comprendre comment serait-ce possible que ce soit lui qui, aujourd’hui, est entrain de considérer toute entreprise allant dans le sens de l’amélioration de la tenue des échéances future comme farfelue. Et pourtant, avec d’autres membres de l’opposition, il tenait tant à la transparence du processus électoral de 2011, au point d’organiser des marches et autre formes de contestation.
Le maître mot de la contestation à l’époque était le fichier électoral et le serveur central. Maintenant que l’on parle d’un recensement et de l’identification des citoyens, Kamerhe commence à trouver le temps long et des manèges pour s’éterniser au pouvoir. Pourtant, c’est grâce au recensement et à l’identification que l’on peut maîtriser un corpus électoral et ainsi prévenir des querelles autour du fichier électoral.
Assoiffé du pouvoir, Kamerhe paraît bien prêt à le prendre, quelle qu’en soit la manière, pourvu simplement qu’il ait le pouvoir. Lui qui dit aimer tant les Congolais croit que la satisfaction de ses ambitions personnelles apporterait le salut à la Nation. Il ne peut pas en être autrement, sinon Vital Kamerhe aurait été hédoniste en 2011 en laissant passer la candidature de Tshisekedi. Mais la démangeaison et la gourmandise du pouvoir lui a fait perdre la raison.
De quoi donner raison à certains analystes qui estime que « Vital est l’un de ceux dont on est obligé de douter de la sincérité tant dans leurs propos que dans leur agir. Il dit souvent le contraire de ce qu'il pense et vit. Il insulte parfois pour un rien et estime que tout le monde est con sauf lui. Mais, en regardant sa propre vie, on peut se rendre à l’évidence qu'il n'a rien, il ne fait rien de spécial pour son peuple ».
N’est-ce pas là la preuve de la réincarnation d’une véritable taupe mobutienne ? Nous l’avions déjà soutenu une fois. Et cela peut s’avérer vrai puis qu’en ce moment, Kamerhe est entrain de passer pour une taupe infiltrée dans toute la République.
La réincarnation de la taupe mobutienne
Les observateurs de la scène politique congolaise se trompent rarement. Ils n’avaient jamais cessé d’épingler le fait que le passé académique et politique du patron de l’UNC l’aurait prédestiné à ce genre de comportement. Lors de son passage à l’Université de Kinshasa, Vital Kamerhe aurait été la « taupe » des services secrets du régime dictatorial au milieu de ses camarades.
Pendant longtemps, l’homme se serait mis au service des bourreaux mobutiens au détriment des étudiants qui avaient un engagement politique acquis au changement. C’est ce qui justifierait son embauche, immédiatement après l’université, au Ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire où il a été Coordonnateur de la Cellule d’études et de planification (Cep); avant de passer Conseiller économique et financier au Ministère des Mines et Energie. D’où l’engagement, sans pareil, de Kamerhe dans les rangs du Front de la jeunesse mobutiste (Frojemo).
Aujourd’hui, le candidat malheureux de la présidentielle de 2011 est pris dans ses propres piège. Le succès dont il bénéficiait derrière Joseph Kabila Kabange n’en est plus un. Tout ne marche presque plus. A chaque sortie, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Il n’est plus facile d’assumer le leadership dont il avait besoin. L’infiltration est passée à l’échelle supérieure.
Vital Kamerhe est aujourd’hui la taupe au sein de la nation toute entière. Avec son introduction dans la logique française de la reconquête de l’Afrique, il a semblé perdre de vue que le coup aurait été plus facile dans les régions jadis colonies françaises qu’en République Démocratique du Congo. Cette fois-ci, l’homme ne doit pas rater la chance de sa vie. Il n’a qu’à se raviser, renoncer aux alliances démoniaques qu’il aurait scellées avec les ennemis de son pays. Il n’a jamais été tard pour mieux faire.