Vital Kamerhe
Vital Kamerhe
KAMERHE PALPE DU DOIGT LA REALITE
Il était attendu pour la cérémonie de la présentation de l’une de ses publications. La manifestation devait se dérouler jeudi 12 mai dernier à Bruxelles devant la presse. Mais contre toute attente, Vital Kamerhe s’est empêché de se présenter sur le lieu de la manifestation. Motif, seul Dieu et lui-même le connaissent si bien. Les « combattants » de la capitale belge ont montré au dernier né des opposants congolais qu’il n’avait jamais été leur enfant de cœur. Même si le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) semblait acquis à la cause de cette frange de Congolais de la diaspora. Alors que hier Kamerhe passait pour le « Moïse » de la RDC, aujourd’hui il est pris en porte-en-faux.
L’opinion se souviendra que depuis un certain temps, certains citoyens congolais vivant en Europe (dans l’espace Schengen), s’adonnaient aux actes de vandalisme contre ceux d’entre leurs compatriotes qu’ils identifiaient comme acquis à la cause nationale.
Ils s’en prennent aux artistes musiciens, aux politiciens et mêmes aux hommes de Dieu. Tous ceux qui s’hasardaient à se rendre dans cette partie du vieux continent pour des raisons professionnelles et bien d’autres étaient livrés au supplice par ces bandits. Ces derniers pouvaient aller jusqu’à saboter les patrimoines de la RDC, comme ce fut le cas avec l’ambassade de Londres au sujet des productions musicales, etc.
Pendant ce temps, Vital Kamerhe lui, avait la latitude de se balader sans crainte sur l’espace sous contrôle maléfique de ces « combattants ». Au cours de ses contacts et conférences politiques, l’ex-président de l’Assemblée nationale congolaise n’hésitait pas de justifier, sans l’avoir ouvertement soutenu, le comportement barbare de ses compatriotes. D’après Vital, c’était pour eux une façon d’attirer l’attention du monde entier sur la vie politique telle qu’elle se déroule en RDC. Peut-être avait-il raison, par le simple fait qu’il bénéficiait encore de la sympathie de ces Congolais de la diaspora. Sans avoir à l’esprit ce qui l’attendait dans un avenir proche.
Revers de la médaille
Le jeudi dernier à un restaurant bruxellois non loin de la Grand-Place, l’auteur de Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila, a eu l’occasion d’expérimenter la puissance des griffes des félins qu’il avait pris le soin d’aménager dans sa bergerie. Il n’a pas été assez facile pour lui d’affronter le groupe de ses compatriotes. Ces derniers ont pris l’habitude de s’inviter sans protocole aux manifestations. Dès lors qu’on peut y parler des Congolais. Alors que le représentant de l’éditeur, le professeur Grégoire Bankandeja, son co-auteur, la presse belge et congolaise ainsi que d’autres invités étaient là pour assister à la présentation de cet ouvrage.
Les raisons de la présence de ces « gardiens du temple » sur le lieu pourraient faire l’objet des spéculations. Mais le fait que le président de l’UNC ne se soit donné aucune peine pour arriver sur le lieu de la manifestation, laisse planer le flou. Les compatriotes congolais ont finalement compris. Leur ancien ami est incapable d’apporter des réponses convaincantes aux questions relatives à son changement de camp. De plus, le nouvel opposant ne rassurait quant au changement réel au Congo.
L’homme est débusqué
Candidat présidentiable pour l’échéance de novembre prochain, l’inaction de Kamerhe par rapport aux questions brulantes de l’heure serait à la base de sa panique. En plus, il n’est pas clair au sujet du candidat unique de l’opposition au seul tour de la présidentielle. Sa position demeure un mystère. A regarder de plus près la situation de Bruxelles, les observateurs avertis s’interrogent sur le rôle que jouera Vital Kamerhe dans le processus politique en RDC. Surtout qu’il est attendu au tournant par ses sociétaires quant à leurs attentes. Ce qui étonne c’est de voir Kamerhe ne pas vouloir affronter ses protégés d’antan. Pourtant il veut devenir président de la République…mais en fuyant ses compatriotes. L’homme a peut-être du mal à assumer ses choix politiques et ses nouvelles orientations. Est donc pris qui croyait prendre.
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
Mise à jour le Vendredi, 13 Mai 2011 15:58