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Kinshasa-M23, OUGANDA : LE FACILITATEUR PYROMANE QUI SE DÉVOILE

OUGANDA : LE FACILITATEUR PYROMANE QUI SE DÉVOILE

Catégorie : Politique
Écrit par Le Potensiel ; publié lunsi, le 14 janvier 2013


Crispus-Kiyonga-PF.jpgIndexé par le l’Onu pour son soutien aux rebelles du M23, l’Ouganda vient de dévoiler ses vrais penchants. En mettant en cause les dernières sanctions de l’Onu contre certains dirigeants du M23, Kampala jette un discrédit sur sa facilitation dans le règlement de la crise dans l’Est de la RDC. Et pourtant, Crispus Kiyonga avait rassuré : « ces sanctions ne vont pas donner des influences négatives sur les  négociations en cours ». Et les délégations du gouvernement congolais et du M23 avaient accepté, vendredi 11 janvier à Kampala, de discuter des « questions sécuritaires, sociales, politiques et économiques » de la République Démocratique du Congo (RDC), au-delà de l’évaluation de l’Accord de paix du 23 mars 2009.

Plus de doute possible, le facilitateur des pourparlers entre la délégation gouvernementale et le M23 fait preuve d’un parti-pris évident. Le ministre ougandais de la Défense trouve que des sanctions du Conseil de sécurité « perturbent » sa médiation. Crispus Kiyonga estime que l’accent devrait être mis « sur quatre points selon leur importance, à savoir la paix, la réconciliation, la démocratie et la justice ».


Pour le facilitateur donc, « Il y a des gens au sein de la communauté internationale qui renversent l’équation en mettant l’accent sur la justice ». Un bien curieux facilitateur qui feint d’ignorer qu’agiter le spectre de la justice dissuaderait plus efficacement les criminels dans leur entreprise.

En fait, la facilitation ougandaise vient de se dévoiler sur sa tactique consistant à prendre partie en faveur du M23. Malheureusement, la partie congolaise continue d’adopter une approche, pour le moins naïve voire complice et accompagnateur de cette stratégie contraire aux intérêts du pays. Les Congolais sont menés en bateau tant au sein de la CIRGL que du Conseil de sécurité respectivement par Kampala et Kigali. Le crédit que Kinshasa accorde encore à Kampala pour conduire la suite des pourparlers, démontre à suffisance que  les enjeux ne sont pas bien appréhendés à la rive gauche du fleuve Congo.

Kinshasa négocie avec en face le M23 et Kampala. La facilitation ougandaise est, en réalité, l’avocat du M23. On se souvient encore des termes comme des « griefs légitimes » embouchés par la CIRGL, repris en échos à Kinshasa par le gouvernement. Et pourtant, ces attitudes suspectes auraient dû mettre la puce à l’oreille des autorités de Kinshasa, en vue d’un recadrage de son action dans le cadre de la CIRGL. Une révision de la position vis-à-vis de ces messes noires dites à Kampala est souhaitable, maintenant que la facilitation est sortie du bois pour défendre publiquement des criminels désignés tels par la CIRGL et les Nations unies.

Le ministre ougandais de la Défense ne se cache pas d’exprimer haut que pour lui, la justice ne vaut que lorsqu’elle s’applique contre les Congolais. Six millions de morts, des millions de Congolais en errance, des femmes et des enfants violés au quotidien, ne constituent pas une priorité. Tant que le M23 ne se serait pas trouvé une voie de sortie garantissant l’impunité de ses dirigeants. L’hémorragie peut se poursuivre. La facilitation n’en a cure.

Aussi, tous ceux qui, parmi les Congolais, répugnent ces pourparlers conduits sous l’égide de la CIRGL par le facilitateur-agresseur ougandais, ne voient-ils pas juste ? Les autorités congolaises qui fondent leurs espoirs sur des solutions qui proviendraient de Kampala joueraient-elles la partition visant à assurer un sauf-conduit au M23 ?

La diplomatie congolaise doit s’employer à interdire toute interférence dans les affaires touchant à la souveraineté de la RDC. Toute forme de consultations des Etats voisins sur le déploiement des drones dans l’Est congolais équivaut à la méconnaissance de la souveraineté de la RDC. Le gouvernement l’aurait-il déjà oublié ?

Tous, optimistes : entre nouvel ordre du jour et évaluation de l’Accord du 23 mars 2009M23-RogerL-PF.jpg

« Au cours de la séance de vendredi, quatre points qui doivent constituer l’ordre du jour du dialogue ont été adoptés. Il s’agit de l’évaluation de l’Accord de paix du 23 mars 2009 conclu par le gouvernement et l’ex-rébellion du CNDP ; des questions sécuritaires ; des questions sociales, politiques et économiques ainsi que du mécanisme de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation de l’Accord de Kampala », rapporte Radio Okapi.

« Dès à présent, le M23 est prêt à poursuivre les négociations sur les points inscrits à l’ordre du jour »,  a confirmé le secrétaire exécutif et chef de la délégation du M23, Francois Rucogoza.

« Cette crise se terminera. Je ne dirais pas rapidement, mais elle va certainement prendre fin. Et elle va déboucher sur une période de paix pour notre pays, pour les populations du Nord-Kivu. Et c’est une paix, j’en suis convaincu cette fois-ci, durable », a promis le 22 décembre 2012 le ministre congolais des Affaires étrangères et chef de la délégation de Kinshasa, Raymond Tshibanda. Il a réaffirmé la détermination du gouvernement congolais de « faire en sorte qu’il en soit ainsi ».

« Les deux délégations ont regagné Kampala le 4 janvier 2013, ce qui signale au monde leur engagement inébranlable à dialoguer et à mettre fin au conflit pacifiquement. Les deux partis sont effectivement engagés dans le dialogue. On a presque finalisé l’ordre du jour. Il y a quelques virgules, quelques points qu’il faudrait ajuster. Mais, nous allons finaliser et signer cet ordre du jour. Ce qui reste ne constitue pas des  points importants », a affirmé le facilitateur et ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga.

« Pas d’influences négatives » des sanctions de l’ONU

http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/200904/40018_conseil-de-securite-une.jpgIndiquant que « les deux parties ont assuré qu'elles soutiennent le dialogue et que les sanctions n'affecteraient pas le dialogue », le médiateur ougandais a révélé avoir « parlé avec l'ONU et le gouvernement américain » de leurs récentes sanctions contre le M23. Crispus Kiyonga a rassuré que « ces sanctions ne vont pas donner des influences négatives sur les  négociations en cours ».

Sur le plan militaire, il a affirmé que l’Ouganda n’est pas opposé à un éventuel déploiement de drones de la Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Congo (Monusco) destinés à surveiller la frontière entre la RDC et le Rwanda. « Mais, il doit y avoir des consultations appropriées au préalable, pour s’assurer notamment cela respecte la souveraineté des pays voisins de la RDC », a souligné l’homme d’Etat ougandais.

De son côté, le Rwanda a émis des réserves sur ce projet. « Il n’est pas sage d’utiliser un engin sur lequel nous n’avons pas suffisamment d’informations. L’Afrique ne deviendra pas un laboratoire pour des engins d’espionnage de l’étranger », a déclaré à la BBC le vice-ambassadeur du Rwanda à l’ONU, Olivier Nduhungirehe.

Mardi, le secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a déclaré au Conseil de sécurité que la Monusco prévoyait de déployer des drones pour surveiller l’Est de la RDC. Selon des diplomates occidentaux à l’ONU, la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont favorables à l’utilisation de ces avions de surveillance sans pilote.

Kinshasa et le M23 ont entamé les négociations le dimanche 9 décembre 2012, avant de prendre douze jours plus tard des vacances liées aux festivités de la Nativité et de la fin d’année avant de se retrouver dans la capitale ougandaise le vendredi 4 janvier 2013.

 

 

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