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POURPARLERS DE KAMPALA : LE M23 DE NOUVEAU TENTE PAR L'EXPERIENCE DES ARMES

 

POURPARLERS DE KAMPALA

 LE M23 DE NOUVEAU TENTE PAR L'EXPERIENCE DES ARMES

 

Catégorie : Politique
Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié mardi, le 15 janvier 2013

 

Kabarebe-1.jpgLa délégation du gouvernement de la République Démocratique du Congo et celle du Mouvement du 23 mars devaient, en principe, se rencontrer, hier mardi 14 janvier à l’hôtel Munyonyo, en séance plénière pour continuer avec les pourparlers. La presse tant locale qu’internationale présente sur le lieu pour couvrir l’événement et l’opinion publique étaient surprises d’apprendre au dernier moment que la rencontre était annulée.

A la place, il y a eu juste des consultations séparées des deux délégations avec le médiateur. Aucune version officielle n’a pu justifier ce énième rendez-vous manqué. Il n'y a même pas eu une quelconque assurance claire sur la probable date de la tenue de la première séance plénière qui interviendrait depuis le retour des deux délégations dans la capitale ougandaise en début de cette année. La nature ayant horreur du vide, elle comble l'absence d’information par des spéculations de tous ordres.

Spéculation ?

Dans son éternel rôle d’instrument de la politique étrangère de la République de 

France, Rfi justifie cette situation par ce qu’elle qualifie de « méfiance » de la part des mutins du M23. Les négociations n'ont toujours pas repris parce que «  il y a de la méfiance du côté du M23. Méfiance à l’encontre du médiateur, le ministre ougandais de la Défense Crispus Kiyonga, accusé d’être un peu trop du côté de la délégation de Kinshasa », annonce ce média public français depuis hier soir. Pour lui, deux points récents alimenteraient cette méfiance. D’abord, celui relatif à la révision de l’accord du 23 mars, par exemple, où, selon Rfi, le médiateur aurait émis l’idée que Kinshasa puisse choisir elle-même qui serait et qui ne serait pas réintégré dans l’armée. En suite, les questions politiques sur lesquelles certains au M23 présenteraient la crainte de les voir relégués en marge des discussions.

 

La radio onusienne émettant de Kinshasa, quant à elle, cite des sources proches des deux parties pour laisser entendre que des divergences persisteraient encore sur les points à inscrire à l’ordre du jour de ces discutions. « Il y a encore des choses à se dire sur l’agenda des pourparlers », affirme-t-on des deux cotés. Aussi, annonce-t-elle, les deux délégations rejettent la responsabilité de ce rendez-vous manqué sur le facilitateur car, selon le correspondant de la Radio Okapi à Kampala, c’est au ministre ougandais de la Défense qu’incombe la responsabilité pour n’avoir pas convoqué la réunion plénière ce jour.


Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les rebelles congolais du M23 ont repris, vendredi, à Kampala des négociations de paix suspendues fin décembre pour les fêtes. Formée des soldats mutins des FARDC issus de l’ex-rébellion du CNDP, la rébellion du M23 sévit dans le Nord-Kivu depuis le mois de mai 2012. Elle revendique l’application de l’accord de paix signé en 2009 entre le CNDP et le gouvernement congolais. Après avoir occupé la ville de Goma pendant plus d’une semaine, fin novembre dernier, elle a élargi ses revendications aux questions de démocratie, de bonne gouvernance et des droits de l’homme et voudrait les voir figurer dans l’agenda des discussions.

 

 Ce qui se justifierait par l’assurance que Crispus Kiyonga avait donné, vendredi dernier, à la presse par rapport aux « quelques virgules et quelques points à ajuster » avant la reprise des discussions en réunion plénière. Et pourtant, d’autres sources proches des délégations ayant requis l’anonymat auraient indiqué que le président Ougandais, Yoweri Museveni, aurait estimé que « tous les problèmes de la Rdc ne se résoudraient pas à Kampala » et qu’il aurait réduit de vingt-et-un à neuf, les revendications du M23. Il s’agit de neuf points qui, selon la radio okapi, devraient faire l’objet de discussions. Et le facilitateur aurait déjà communiqué cette exigence aux deux parties. Quand bien-même les mêmes sources indiquent aussi que c’est le M23 qui aurait sollicité une dérogation pour étudier en profondeur la question.


 

Vers un cul-de-sac…

 

Kampala-PF1.jpg

A voir les tergiversations qui semblent élire de plus en plus domicile entre les
 parties en présence à Kampala, la manœuvre risque de conduire tout droit dans un cul-de-sac. On l’avait dit récemment et, ça a l’aire de se faire répéter : « jusqu’à ce jour, personne n’est en mesure de donner la date exacte de la reprise des discussions entre le gouvernement de Kinshasa et le M23 ». Ce qui accroit le risque de l’impasse. Devant le risque de voir la partie s’arrêter en queue de poisson, les uns et les autres restent sur leurs gardes. Surtout, prêts à brandir leurs biceps.


Selon Rfi, par exemple, le M23 rappelle qu’il a, pour lui, la puissance militaire. Quand bien-même il a accepté de lâcher la ville de Goma, il pourrait y revenir rapidement. Intervenant ce matin sur les ondes de cette chaîne française, un membre de la délégation du M23 à Kampala a tenté de passer le message selon lequel son mouvement était prêt à rentrer sur le terrain de la guerre. Stanislas Baléké a affirmé qu’à ce jour, ils sont plus forts qu’autre fois. « L'armée du M23 s'est multipliée par trois après la prise de Goma, parce que tous les Fardc qui se sont démobilisés sont avec le M23. D’autre part, le M23 a eu plus de mille tonnes de minutions et des chars de combat qui sont à Rumangabo », a-t-il affirmé. Avant de souligner qu’ils sont prêts à les utiliser contre la Rdc ; preuve qu’ils ont été fournis à suffisance par leurs commanditaires, le Rwanda et l’Ouganda.

ces propos sont tenus au même moment où l'on annonce l'enrtrée en RDC de trois nouveaux bataillons de ùmilitaires rwandais qui viennent à la rescousse du M23, notamment dans ses positions de Bunagana. Un renforcement de troupes qui augure un avenir bien sanglant lorsque l'on sait que le déploiement de la force internationale neutre se précise et que celle-ci aura un mandat d'imposition de la paix par la force.

Si l'on peut s’interroger sur la nécessité et l’opportunité de cette sortie médiatique, plus d’un analyste de la scène politique en Rdc conviendront que l’heure n’est vraiment pas à la distraction pour le Gouvernement congolais. Quand bien même Kinshasa se targuerait de sa puissance diplomatique, d’autres pistes ne devraient pas être négligées. Des sanctions infligées à certains leaders du M23 et l’isolement de ce Mouvement considéré par les Nations unies comme une force négative ne devraient pas distraire le gouvernement. Surtout qu’on n’a pas oublié des sales jeux auquel la nation tout entière a assisté au cours des deux dernières décennies avec la communauté internationale.

Optimisme associé au scepticisme

A l’optimisme du gouvernement quant à l’issue heureuse de la crise de l’est de la Rdc, il serait prudent d’associer le scepticisme quant à l’incapacité du dialogue de Kampala d’y apporter des solutions durables. C’est pourquoi, « Il ne faut pas oublier ce que le chef de l’Etat Joseph Kabila avait dit dès le début. Nous sommes présents sur trois fronts : politique, diplomatique et militaire ». Et les actions doivent se poursuivre sur ces trois fronts.

On l’a déjà dit et l’on ne cessera jamais de le répéter : « devant l’échec des discussions, les ennemis de la Rdc ne pourront qu’envisager le plan « B ». Celui qui consiste à renflouer les lignes d’attaque en hommes, armes et munitions en vue d’appuyer sur l’accélérateur et faire capituler l’adversaire. Les Forces armées de la République doivent donc se tenir prêtes. Le plus dur est avenir.

 

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