Résolution 2098 du Conseil de sécurité
A la suite de Joseph Kabila, on dirait aisément que la guerre dans l'Est du pays offre des opportunités à capitaliser en vue des perspectives pour des lendemains meilleurs.
Un autre avantage aussi, c'est que la situation dans les Kivu a eu le mérite de placer, quelque peu, la RD Congo au centre des Relations internationales. Plusieurs rencontres diplomatiques ont été organisées, avec au menu le dossier congolais. Plusieurs actes ont également été posés, très loin des frontières congolaises, rien que pour ramener le pays dans le pays.
Dans ce registre, le dernier fait est la Résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations unies, prise le jeudi 28 mars dernier à New York. Par cette résolution, le Conseil de sécurité a décidé l'envoi, en RD Congo, d'une Brigade spéciale d'intervention dans les rangs de la Monusco. C'est donc un message fort de la Communauté internationale, particulièrement les Nations Unies, en directions des conspirateurs des projets bellicistes contre la RD Congo. On dirait même qu'il s'agit-là, d'un signal fort pour sauvegarder la souveraineté du pays de Joseph Kabila.
Du point de vue du fond, cette Résolution est donc une victoire diplomatique de plus, que la RD Congo vient d'engranger. Naturellement, après les multiples rencontres de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs, auxquelles s'ajoute le sommet d'Addis-Abeba. Cependant, si le vote de la Résolution 2098 vient en renfort, mieux en appui au système de sécurité du pays et participe à la défense de la souveraineté nationale, Kinshasa devra faire très attention. On devrait éviter que la Résolution 2098 puisse produire l'effet de l'anesthésie. Bien au contraire. A l'arrivée de cette brigade, le plus important pour Kinshasa consistera à renforcer l'autorité de l'Etat. Ce dans toutes ses différentes composantes, à savoir : la défense ou l’armée, la justice et l'administration.
C'est donc à l'aune de ce triptyque que l'on peut bâtir un Etat congolais fort et respecté de l'extérieur. Car, l'une des raisons de toutes les guerres qui secouent le pays, est l'émasculation programmée de la RD Congo. Cette déliquescence de l'Etat a ses origines historiques depuis les années Mobutu. Le défi à relever est certes difficile, mais pas impossible.
Partant, le moment ne prête plus à des débats inopportuns notamment sur le découpage territorial, comme si cela était un atout majeur pour renforcer l'Etat congolais. Ce n'est pas non plus le moment de perdre le temps en se trompant des priorités. Aussi, croyons-nous comme quiconque aurait l'amour de ce pays, la priorité est le renforcement de l'Etat.
A la suite du Prof Emile Bongeli, auteur du livre au titre évocateur de «De l’Etat bébé à l’Etat adulte», il serait un non-sens que nous qui nous battons pour l'avènement d'un Etat adulte, puissions encore tomber dans une situation d' "Etat bébé ". Par conséquent, il ne faudrait pas qu'après le départ de cette Force onusienne, la RD Congo soit incapable de se défendre. L'avenir se prépare.