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TSUNAMI RATÉ OU SURSIS A COURT TERME ?

Motion de censure contre le gouvernement Matata
TSUNAMI RATÉ OU SURSIS A COURT TERME ?

Catégorie : Politique

Écrit par Le Potentiel ; publié mardi, le 02 avril 2013

Matt 1L’avis de tsunami du vendredi 29 mars dernier n’a produit qu’une petite vague dans un verre d’eau. Faute d’avoir réuni les signatures requises, la motion du député Mayo de l’Union pour la nation congolaise a fait flop. Les signatures de tous les membres du PPRD, en particulier et ceux de la Majorité en général, ayant été retirées, ladite motion n’avait aucune chance. Au sein de l’opposition, les partis ne s’étaient pas accordés sur l’opportunité de la démarche. La motion s’étant révélée mort-née, Matata Ponyo peut pousser un ouf de soulagement et bénéficier d’un sursis.

Un temps d’alerte contre le Premier ministre Matata Ponyo à l’Assemblée nationale, suite à une motion de censure initiée par le député de l’opposition Mayo Mambeke de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe. L’avis de tsunami du vendredi 29 mars 2013 à l’Assemblée nationale où le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, devait jouer sa survie à la tête du gouvernement n’était qu’un pétard mouillé.

Finalement, rien ne se passera contre le Premier ministre Matata Ponyo. La conférence des présidents de la Chambre basse du Parlement vient de constater l’impossibilité d’inscrire ce point à l’ordre du jour. L’initiateur n’avait qu’une conséquence à tirer, celle de retirer de la circulation, la copie de sa motion de censure en quête de 125 signatures pour être recevable. La motion de censure contre le Premier ministre, tout comme la question orale qui devait la précéder, ont été rangés dans le placard.

Que s’est-il donc passé ?

Selon des indiscrétions glanées dans les couloirs du Palais du peuple, la nuit du jeudi 28 mars 2013 était décisive. Un mot de passe a conduit à des désistements en cascade. Les plus grands pourfendeurs du Premier ministre Matata Ponyo recrutés au sein de la Majorité présidentielle, frappés par une peur bleue, ont vite fait de se rebiffer. Tous ceux qui avaient adhéré au projet de l’UNC ont été arrêtés nets. Les plus braillards parmi eux, ont pris d’assaut les chaines de radio et de télévision, pour crier « au voleur ». Ils ont affirmé, pince sans rire, que les signatures auraient été monnayées, pour justifier leur soudain soutien au Premier ministre issu du PPRD, le parti présidentiel.

La question que d’aucuns se posent est celle de savoir comment l’UNC, qui n’est pas aux affaires, aurait-elle pu réunir suffisamment de moyens financiers pour « acheter les signatures des députés de la Majorité ? ». Cette pertinente interrogation interpelle les esprits lucides de tous les bords.

Reste que Matata vient d’être sauvé de justesse. Miraculé, on ne sait par quelle magie, le Premier ministre peut encore s’offrir des jours tranquilles à la Primature. La veillée d’armes pour son éjection ayant été mal ficelée, la motion de censure a fait flop. Ses initiateurs n’ont pas réussi à remplir le préalable, à savoir la collecte de 125 signatures.

Principal initiateur de la motion, le député UNC, Baudouin Mayo Mambeke, s’est néanmoins défendu hier lundi au cours d’une conférence de presse organisée au Palais du peuple, siège du Parlement. D’entrée de jeu, il a fait savoir qu’il n’est pas parvenu à réunir les signatures requises, soit 125, pour faire passer sa motion. Il aurait recueilli à peine 100 signatures. Ce qui a rendu sa motion inopérante aux termes de la Constitution.

En fait, aux termes de l’article 146 de la Constitution, une motion de défiance contre le gouvernement n’est recevable que si elle est signée par un quart de membres de l’Assemblée nationale. La Chambre basse comprend cinq cents députés, le quart représente cent vingt-cinq.

Cependant, Baudouin Mayo Mambeke s’est félicité de son initiative qui, selon lui, prouverait la naissance d’une « nouvelle conscience politique » au sein de la Chambre basse du Parlement. « Nous avons vu au travers toutes les signatures la naissance d’une nouvelle conscience politique avec des opérateurs politiques capables désormais de transcender le clivage politique. C’est comme cela qu’il y a eu des signatures des députés de la majorité, de l’opposition, comme il y a aussi eu des députés de l’opposition et de la majorité qui n’ont pas signé. Vous voyez qu’il y a des cartes qui se bousculent et nous nous en réjouissons », a-t-il affirmé.

Selon certaines indiscrétions recueillies dans l’Hémicycle, des députés de la Majorité, notamment ceux du PPRD, avaient juré « de régler ses comptes au Premier ministre ». Aussi ne se sont-ils pas gênés d’apposer leurs signatures sur la motion préparée par leur collègue Mayo. Mais, en dernière minute, ils ont été mis dans l’obligation de se rétracter. Sans doute sur ordre de la plus haute hiérarchie du parti. On a certes étouffé le feu mais, a-t-on éteint le foyer de l’incendie ? Le député UNC l’a si bien rappelé.

En dépit de la suspension de cette motion, les faits reprochés au Premier ministre sont avérés, a souligné Mayo avant d’appeler le président de la République d’en tirer toutes les conséquences. « Nous avons constaté que tout ce qui est dit dans cette motion n’a été démenti par personne. Si nous retirons la motion, encore qu’elle n’est que suspendue, nous pouvons y revenir avec la forme de question orale avec débats. D’ailleurs, c’est ce qui a été décidé au niveau du groupe parlementaire », a renchéri l’initiateur de la motion.

Qu’est-ce à dire ? Le Premier ministre bénéficierait jusqu’alors d’un sursis. Le feu couverait encore et pourrait à tout moment éclater.

L’argent aurait circulé
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S’il est acquis qu’on reproche à la primature « le manque d’humanité » avec les autres membres de la Majorité présidentielle, les indélicatesses du genre ne peuvent lui être adressées. De part et d’autre, des signes évidents sont bien-là. Les députés ruminent de colère contre le gouvernement suite à des paiements fractionnés de leurs émoluments.

D’autres députés habitués à vivre des faveurs indues du Trésor public ont également saisi l’opportunité pour rappeler au Premier ministre « la solidarité » qu’impose l’appartenance à la famille politique qui a la gestion de la res publica. Des us et coutumes à la peau dure et qui remontent à la IIème République.

L’argent aurait circulé à flots, ne cesse-t-on d’entendre dans les couloirs de la Chambre basse du Parlement pour justifier l’accalmie précaire qui s’y constate. Quant à la source de provenance, personne n’ose délier sa langue.

Kampala rangé dans les oubliettes : le gouvernement prononce l’arrêt de mort du M23
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Pour Kinshasa, le M23 fait désormais partie de l’histoire. Ragaillardi par l’adoption en Conseil de sécurité de l’Onu de la résolution créant la brigade spéciale d’intervention des Nations unies dans l’Est de la RDC, le gouvernement ne trouve plus de raisons de poursuivre à Kampala (Ouganda) les négociations avec le M23.

Le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a invité les rebelles du Mouvement 23 mars (M23) à « cesser d’exister comme un mouvement polico-militaire ». Au cours d’un point de presse co-organisé lundi 1er avril à Kinshasa avec son homologue de la Communication et Médias, Lambert Mende, le chef de la diplomatie congolaise a souligné que si ce mouvement persiste, « la Brigade [d’intervention de la Monusco] s’occupera à mettre fin à son existence ».

« Le M23 peut s’agiter autant qu’il veut. Nous étions disposés à arriver à un accord politique avec eux. Il n’est plus question de recycler les spécialistes de la rébellion dans les rangs des Forces armées. Le seul avenir pour le M23, c’est de cesser d’exister comme mouvement politico militaire. Si tel n’est pas le cas, la brigade [d’intervention de la Monusco] s’occupera à mettre fin à son existence », a affirmé Raymond Tshibanda.

Il a souligné que le gouvernement attend le déploiement de la brigade d’intervention des Nations unies dans l’Est de la RDC d’ici le 30 avril.

Le conseil de sécurité des Nations unies a voté jeudi 28 mars dernier, la résolution 2098 créant la Brigade d’intervention de la Monusco. Composée de trois mille soixante-neuf hommes, elle aura un mandat offensif pour neutraliser les groupes armés opérant en RDC.

Le ministre Raymond a indiqué que la création de cette Brigade est une grande victoire diplomatique pour la RDC, mais pas une panacée.

« Il faut d’abord attendre palper les résultats des opérations. Notamment le désarmement du mouvement rebelle du M23 qui s’agite appelé à s’auto-dissoudre », a-t-il déclaré. Le M23, de son côté, a désapprouvé le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco en RDC. Dans un communiqué publié lundi 1er avril dans la matinée, le président politique de ce mouvement, Bertrand Bisimwa, a affirmé « qu’il s’agit de l’option de la guerre que les Nations unies viennent de lever ».


Au lieu « d’encourager une solution politique, en apportant un appui substantiel aux négociations politiques de Kampala » entre le M23 et Kinshasa, l’Onu choisit « de faire la guerre contre l’un des partenaires pour la paix », a-t-il regretté.

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