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LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE S'EST-ELLE INSCRITE DANS LA LOGIQUE DU PARTAGE DU POUVOIR EN RDC ?

 

 

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE S'EST-ELLE INSCRITE DANS LA LOGIQUE DU PARTAGE DU POUVOIR EN RDC ?
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http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRqbu-oIFjO8TPnbjqFcCcnntKKyOwgHehl4HxNm7DReuATgLylIwLa communauté internationale vise le rééquilibrage des pouvoirs par le biais des législatives et du gouvernement de cohabitation qui en serait issu, affirme M. Umba Ilunga dans la réfléxion qu’il propose dans les lignes qui suivent.

Quelle partition joue la communauté internationale dans ce que l’on peut appeler, par commodité de langage, «crise post-électorale en Rdc»? Quels sont les ressorts de la posture de principales capitales occidentales -qui en fait font office du nec plus ultra de la communauté internationale- par rapport à la tension née de la contestation par l’Udps et ses alliés des résultats de la présidentielle? Que peut faire Kinshasa pour desserrer l’étau diplomatique qui pointe à l’horizon? C’est à toutes ces questions que tente de répondre l’ambassadeur Umba Ilunga.


C
et analyste de haute volée vient de signer  sa toute première réflexion de l’année. 2012 ne pouvait mieux commencer. A lire sans modération. J.N


La Communauté internationale  s'est-elle inscrite dans la logique du partage  du pouvoir en RDC? Cette question s'impose à l'écoute  des  déclarations post-électorales de certaines Missions d'observations internationales de toutes les phases du processus électoral, du déroulement de la campagne à la publication des résultats définitifs de la présidentielle du 28 novembre 2011.


Qui aurait cru que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) gagnerait, en dépit d'un certain nombre d'imperfections inhérentes à toute œuvre humaine,  le pari d'organiser dans les délais constitutionnels les élections présidentielle et législatives nationales dans un pays aux dimensions continentales, doté de peu de voies de communications praticables  pendant la saison des pluies et financées à 95% sur fonds propres de la République ? Pas grand monde, surtout dans les milieux de l'opposition où l'on se livrait à des manœuvres  subtiles pour la discréditer complètement et créer les conditions de son échec. A défaut d'y parvenir, elle s'est attelée à planter le décor  de la contestation généralisée des résultats  qui ne lui conviendraient pas.


Durant la période précédant la publication des résultats provisoires, tous les observateurs, pour la plupart internationaux, se sont, dans leurs rapports respectifs, félicités du bon déroulement du processus électoral, même si, à l'évidence,   il a été entaché d'irrégularités déplorables. Du Centre Carter à la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) en passant par l'Union Africaine, la SADC, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), la CEEAC, la COMESA, la MOESCA, ont tous été unanimes pour saluer, non seulement les efforts déployés par la CENI pour la tenue de ces deuxièmes élections démocratiques de l'ère post-Mobutu, mais aussi et surtout  la responsabilité civique dont le peuple congolais a fait preuve en s'impliquant massivement dans le déroulement des scrutins, prouvant ainsi  son attachement au pouvoir issu des urnes.

Alors  pourquoi  juste après la publication des résultats provisoires par la CENI, le 9 décembre dernier, le climat politique congolais, qui se nourrissait déjà des rumeurs de tricheries et de suspicions à l'égard du pouvoir organisateur de ces élections, s'est tout à coup embrasé d'animosité de part et d'autre ?

Le premier à faire monter la tension d'un cran est le Centre Carter dont la crédibilité en matière d'observation électorale ne souffre d'aucun doute. Ce centre, tout en déclarant dans son rapport que le processus de compilation des résultats électoraux ne lui a pas semblé crédible, arrive néanmoins à la conclusion que les irrégularités constatées et dénoncées  avec force ne remettent pas en cause l'ordre d'apparition des onze candidats  dans le classement provisoire établi par la CENI.

Malgré cette vérité d'évidence, ce rapport donnera lieu à plusieurs interprétations tendancieuses, dont certaines risquèrent même de mettre le feu aux poudres. Le Bureau de la CENI, par la bouche de son Président, le Pasteur Daniel  NGOY MULUNDA, a beau fournir, point par point, des réponses détaillées et argumentées aux allégations soulevées par la Mission d'observation électorale du Centre Carter, le mal était déjà fait.

Certains candidats malheureux devancés de plusieurs points dans le classement, saisissant  la balle au bond, se sont efforcés de faire croire que le Centre Carter s'étant inscrit en faux contre les résultats provisoires communiqués par la CENI, leur annulation s'imposait ainsi que l'organisation d'une nouvelle élection  pour, disaient-ils, préserver la paix sociale.

C'est dans ce contexte sous très haute tension que le Cardinal Laurent MONSENGWO  PASINYA, Archevêque métropolitain de Kinshasa, choisira pour se démarquer des conclusions déjà rendues publiques par la CENCO au nom de toute l'Eglise Catholique en faisant, contre toute attente, une déclaration tonitruante considérée par beaucoup d'entre nous comme étant de nature à jeter de l'huile sur le feu.

Malheureusement pour lui, les chiffres sur lesquels il s'est basé pour remettre en cause le classement de la CENI, déclarer sur la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA vainqueur du scrutin et pousser les masses populaires à la contestation étaient complètement faux, comme le Rapporteur du Bureau de la CENI, Mr Matthieu MPITA, l'a si bien démontré à l'aide des chiffres véridiques.

Une fois cette contre-vérité mise à nu, l'Union Européenne et les Etats-Unis d'Amérique, ne pouvant emboîter le pas au Cardinal MONSENGWO, abonderont plutôt dans le sens du Centre Carter  en déclarant à leur tour que la façon dont le dépouillement  et la compilation des résultats ont été faits ne leur inspirait pas confiance, mais pas au point de les conduire à remettre en cause l'ordre des résultats provisoires tel qu'annoncé par la CENI.

Ce jeu consistant à souffler le chaud et le froid  semble s'être poursuivi à travers l'une des propositions faites par les Chefs des Missions diplomatiques accrédités en RDC, plus particulièrement ceux des Etats-Unis d'Amérique  et du Royaume Uni, lors de leur séance de travail avec les Officiels congolais à la Primature, le 14 décembre dernier, d'apporter à la CENI une assistance technique électorale  sous une forme à convenir avec elle.

Sachant que c'est désormais à l'aune des législatives  que sera globalement jugée la suite du processus électoral qui  devra être entaché du moins possible d'irrégularités et d'anomalies telles que stigmatisées lors de la publication des résultats de la présidentielle, la CENI a accédé de bonne foi aux désirs de ces Ambassadeurs et  a procédé aussitôt  à la suspension de ses travaux dans les Centres locaux de compilation des résultats jusqu'à l'arrivée de l'Expertise technique internationale promise. Mais, comme cette expertise tardait à venir et pour ne pas continuer à perdre un temps précieux par rapport à son propre calendrier électoral, la CENI s'est, malgré elle, résolue à reprendre, une semaine plus tard, la publication des résultats partiels des Centres de compilation ne faisant pas l'objet de contestations fondées.

Ce qui est à la fois compréhensible et regrettable. Car, dans un pays où la tendance générale est de se fier aux fausses rumeurs de fraudes, de tripatouillages et de maquillages des résultats électoraux, cette assistance technique internationale  dans le processus de compilation de ceux-ci présente l'avantage de permettre à la CENI  de lever l'équivoque sur la transparence de ses travaux  et de prêter le moins possible le flanc à la critique.


Ce qui, du moins espère-t-on, fera en sorte que l'annonce du verdict des urnes des législatives ne débouche sur des contestations majeures. Pourvu que Dieu nous entende, tant notre passé récent permet d'en douter. Et ce, pour deux raisons précises:
    - d'abord  parce qu'en 2006, malgré le parrainage du processus électoral par la Communauté internationale, la CEI de l'Abbé MALU MALU, décorée, le 14 Juillet 2006, par la France pour la qualité du travail abattu à la tête de cette Institution, s'était également heurtée aux mêmes problèmes de crédibilité que la CENI qui lui a succédé ;
    - ensuite parce que la Communauté internationale, à laquelle chaque pays membre se réfère spontanément  en cas de nécessité, est loin d'être un juge sans parti pris.

a)    Contestation des résultats électoraux de 2006

Le fait que le processus électoral issu des Accords de paix de Sun City en 2003 ait été parrainé par la Communauté internationale, au prix d'un effort  humain et financier considérable, n'avait pas empêché les candidats de l'opposition à la présidentielle de dénoncer avec véhémence tout ce qui leur paraissait relever d'une opération de fraudes massives en faveur du Président sortant et candidat à sa propre succession. L'UDPS  en était tellement convaincue  qu'elle s'était même décidée  de se tenir à l'écart du processus pour ne pas cautionner cette mascarade électorale dont l'issue lui semblait connue d'avance.


Et c'est sur la base des rumeurs  persistantes de ce prétendu hold-up électoral, perpétré en complicité avec les puissances occidentales, que le regretté Cardinal  ETSOU avait pris tout le monde de vitesse en déclarant avant l'heure Jean-Pierre BEMBA GOMBO vainqueur du scrutin. Curieusement, à cette époque, c'est Monseigneur MOSENGWO lui-même qui était intervenu  pour remettre les pendules à l'heure, expliquant que la maladresse du Cardinal avait pour excuse son âge avancé et la maladie dont il souffrait. Ce que tout le monde avait fini par comprendre. Et dire qu'aujourd'hui, c'est lui qui nous refait le même coup.

Ce qui ne fait que rappeler qu'en Afrique et même ailleurs, à quelques exceptions près, il est une constante de se plaindre, à tort ou à raison, de fraudes signalées ça et là, de graves entraves tant au droit de mener campagne qu'au principe d'égalité de  traitement qui devrait prévaloir et surtout de contester les résultats électoraux annonçant sa défaite. Et ce, quel que soit le niveau de compétence et d'intégrité morale du pouvoir organisateur des élections.

Car, sur notre continent et sûrement ailleurs, les seules élections démocratiques, libres et transparentes que les ténors de l'opposition reconnaissent en tant que telles, sont celles que le pouvoir en place a perdues à leur profit. Puisqu'avec ou sans le parrainage de la Communauté internationale, le verdict des urnes sera contesté, il revient donc à la classe politique congolaise elle-même, toutes tendances confondues, de tirer sans complaisance les leçons de ses erreurs, de se doter des moyens de les éviter à l'avenir et de faire progresser, d'une élection à l'autre, sa jeune démocratie.

b)    La partialité de la Communauté internationale

Ce que l'on appelle abusivement la Communauté internationale n'est pas composée que des pays bien intentionnés et absorbés par le souci de faire régner la paix, l'ordre et la justice partout où ils sont gravement menacés. Loin de là ! Elle est, au contraire, constituée d'un petit groupe de pays puissants, qui se servent de leurs positions dominantes au sein des différents Organes des Nations Unies pour promouvoir leurs propres intérêts, quitte pour cela à user de la ruse comme récemment en Libye du Colonel KADHAFI, de la tricherie comme au Gabon et probablement en Côté d'Ivoire  ou même de la force brutale, parfois sans mandat de l'ONU, comme en Irak.

Dans un tel contexte international, dominé par de graves problèmes d'approvisionnement en matières premières au prix le plus bas possible et de recherche des pays susceptibles de constituer des débouchés  considérables pour les industries des grandes puissances occidentales, l'accession et le maintien au pouvoir sont tributaires  de l'aptitude de celui qui y est à mettre en œuvre une diplomatie qui rassure en permanence le monde extérieur au sujet de ses intérêts  dans le pays concerné. La donne diplomatique est tellement cruciale que c'est sa prise en compte qui fait ou défait les gouvernements et qui, le cas échéant,  leur permet d'asseoir leurs légitimités externes.

Cela est d'autant plus vrai que selon que les faits incriminés se produisent dans un pays garantissant  ses intérêts ou dans celui qui semble y être hostile, ils peuvent, en dépit de leurs similitudes, provoquer, dans le premier cas, très peu d'émotion dans la Communauté internationale et, dans le second, y déclencher des mouvements collectifs d'indignations d'une façon disproportionnée à la cause.

Tel est, par exemple le cas, lorsqu'au Cameroun, au Tchad, au Sénégal et peut être même bientôt au Burkina Faso, on a procédé, sans s'attirer les foudres de la Communauté internationale, à la révision de la Constitution afin d'y faire sauter les dispositions limitant à deux le nombre des mandats du Chef de l'Etat. Alors qu'ailleurs, la même révision constitutionnelle aurait aussitôt fait tomber le ciel sur la tête du plus haut responsable politique du pays concerné.

C'est aussi le cas lorsqu'au Rwanda, peu avant l'élection présidentielle de l'année dernière, les opposants en position de challengers les plus redoutables ont été assassinés, pris le chemin de l'exil ou de la prison sous des prétextes fallacieux.  Ce qui a permis au Président sortant, issu d'une Communauté ethnique largement minoritaire, d'écraser par des scores frisant les 90% les poids mouches restés en lice.

Par ailleurs l'ONU, dans son rapport MAPPING, a fait peser sur ce dernier le soupçon d'un génocide contre les Hutu sans que la CPI ne s'en émeuve outre mesure au point d'inciter le Conseil de Sécurité à adopter une résolution autorisant l'ouverture  d'une enquête judiciaire à ce sujet pour en avoir le cœur net. Curieusement, malgré sa politique répressive et ces graves soupçons de génocide, le Président rwandais est accueilli partout dans le monde occidental avec tous les honneurs dus à un Chef d'Etat fréquentable.  Pendant ce temps, son homologue zimbabwéen Robert MUGABE, pour des faits beaucoup moins graves, est mis en quarantaine comme un pestiféré.


C'est également le cas lorsque la Communauté internationale autorise, à juste titre, en Haïti, le recomptage des voix  partout où des fraudes massives étaient signalées. Ce qui a permis au candidat Michel Martelly arrivé en troisième position de se hisser à la première place, devenant depuis lors, Chef de l'Etat.  Alors qu'à quelques mois d'intervalles, elle refusera catégoriquement de reconnaître le même droit à Laurent GBAGBO, précipitant, de ce seul fait, la Côte d'Ivoire dans une guerre civile sanglante et ruineuse dont on aurait pu faire l'économie.



Ou encore en RDC, alors que toutes les Missions d'observations électorales savaient  que les combattants de l'UDPS ont été à la base de plusieurs actes de violence au Katanga, à Kinshasa, dans certaines de nos Missions diplomatiques et plus particulièrement dans les deux Kasaï où les sympathisants de la Majorité présidentielle ont été attaqués à coup de pierres par une foule en délire, lynchés, parfois jusqu'à ce que mort s'en suive, leurs résidences mises à sac, les agents de la CENI brutalisés, les véhicules transportant les bulletins de vote incendiés, de même que les bureaux de vote soupçonnés d'être à la base  de fraudes massives en faveur du Président sortant. Celles-ci, plutôt que de dénoncer avec vigueur  ces  horribles  crimes,  ne mettent en exergue que les conséquences fâcheuses  des bavures policières.

Alors qu'il est de notoriété publique que la terreur sous laquelle ployaient certaines parties des villes du Katanga, de Kinshasa et surtout des deux Kasaï était tellement affreuse que même KYUNGU WA KUMWANZA, pourtant coutumier  du fait, n'a pu qu'assister impuissant à ce déchaînement de violence dans des proportions telles que le Bureau du Procureur de la CPI a dû, à maintes reprises, attirer l'attention de leur leader Etienne TSHISEKEDI sur les risques que lui faisait courir l'impact de ses propos incendiaires sur le comportement déjà agressif de ses combattants.

Il est donc clair que cette intolérance politique et le climat de terreur qui en est résulté ont eu pour effet d'influer négativement sur le déroulement des scrutins  et les scores réalisés tant par Joseph KABILA que  par les candidats députés de son obédience dans les deux Kasaï. C'est dire que les irrégularités des scrutins que dénoncent, à juste titre, certaines Missions d’observations internationales, n’ont pas été, à des degrés différents, le fait d’un seul camp, mais plutôt de l’un et l’autre camps opposés.

Mais, au lieu de les stigmatiser indépendamment du camp qui s'en serait rendu coupable, elles préfèrent prendre partie et ne relever que celles qui semblent être embarrassantes  pour le Pouvoir en place. Dans cette perspective, RFI, TV5Monde  et  France 24, qui appartiennent toutes aux mêmes groupes d'intérêts, leur servent de caisse de résonance.

Cette politique de deux poids deux mesures  s'applique avec beaucoup plus d'intensité depuis les révisions des contrats miniers, dont certaines se sont faites au détriment de certaines multinationales  à direction occidentale et surtout  depuis l'Accord de financement conclu avec la Chine en 2007 et grâce auquel  les cinq chantiers sont en train d'être réalisés, pour le bonheur du peuple congolais, à travers tout le pays.  A ces deux faits majeurs qui ont quelque peu brouillé les rapports de confiance entre la RDC et ses principaux partenaires traditionnels s'ajoutent les défaillances notoires de notre appareil diplomatique qui n'a pas su, sinon convaincre, du moins amener les autres à des dispositions plus favorables à notre égard.


Car ces derniers, après avoir joué un rôle décisif dans la conclusion des Accords  de paix de Sun City, sont mécontents de n'avoir pas pu en retirer les dividendes économiques escomptés. Comme ils ne sont pas prêt à tourner la page, ils essayeront par tous les moyens de profiter de la moindre occasion qui se présente, y compris  de celle que leur offre la contestation des résultats électoraux, pour revenir à la charge, avec une volonté explicite de donner un contenu économique  à leurs relations diplomatiques avec la RDC.

C'est  dans ce cadre que la diplomatie qui rassure le monde extérieur, dont le Chef de l'Etat a parlé dans son discours d'investiture,  trouve sa place. Car, pour les raisons déjà évoquées ci-haut, il est contre-productif  d'entretenir des relations conflictuelles avec des partenaires importants en terme géostratégique et qui, de surcroît, disposent chacun d'un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Lequel leur permet d'encenser les dictateurs sanguinaires des pays amis comme ça été récemment le cas, avant leurs chutes, du tunisien Ben Ali, de l'égyptien Hosni Moubarak ainsi que du yéménite Ali Abdullah Saleh et, par contre, de vouer aux gémonies tous  ceux qui sont en disgrâce auprès d'eux comme ce fut le cas, malgré leurs immenses popularités parmi les leurs, du congolais Patrice Emery LUMUMBA et du burkinabais Thomas Sankara.

Aussi longtemps que notre diplomatie ne sera pas en mesure d'assurer notre retour dans ses bonnes grâces, il est prévisible que la Communauté internationale qui sait mieux que personne que Joseph KABILA a gagné haut la main la présidentielle, vise maintenant, pour le ramener à la raison du plus fort, le rééquilibrage des pouvoirs par le biais des législatives et du  Gouvernement de cohabitation qui en serait issu.

Cependant, au mépris du bon sens démocratique, les calculs des tireurs de ficelle qui se font dans l'ombre semblent, pour le moment,  exclure  l'incontrôlable Etienne TSHISEKEDI comme formateur, pour retenir Léon KENGO WA DONDO en qui l'Occident a toujours placé sa confiance. D'autant plus  que chacun sait qu'avec ses 4% à la présidentielle, sa nomination et son  maintien à la Primature dépendront  essentiellement de sa capacité à répondre aux attentes  des puissances étrangères qui l'y auront installé.


La recherche du partage du pouvoir

C'est dans cette logique que s'inscrivent les appels du pied faits en direction de ces puissances étrangères à travers la quête d'une  médiation internationale qui cache mal la volonté de la plupart des candidats malheureux  à la présidentielle d'obtenir l'arbitrage ou mieux le plaidoyer  des diplomates occidentaux en faveur de la tenue d'une table ronde en vue du partage équitable et équilibré des postes à responsabilité dans les Institutions de la République.

Cette demande, bien que contraire aux principes même de la démocratie, correspond à une préoccupation constante de l'Opposition congolaise qui a si bien été énoncée en 2006 par l'opposant AZARIAS  RUBERWA  MANIWA, alors Vice-président de la République, dans sa formule normative selon laquelle : Celui qui gagne les élections ne gagnera pas tout. Et celui qui les perd ne  perdra pas tout non plus.

Quelque soit sa situation, chacun devra pendant le quinquennat  qui s'ouvre, trouver une place dans les Institutions de la République. C'est sur la base de cette proposition de paix que le Président Joseph KABILA avait dû, non seulement garantir à ses quatre Vice-présidents, dont trois pourtant perdants aux élections, leurs avantages et privilèges tout au long de cette législature qui vient de s'achever, mais aussi  garder en poste la plupart de ceux qui n'y étaient que dans le cadre de l'application des Accords de paix de Sun City.

C'est à nouveau vers cette situation de compromis que semblent tendre  les efforts  de presque toutes les chancelleries  occidentales, en dépit du fait  qu'elle pêche de par son caractère anti-démocratique. D'où, le cocktail de contestations  des résultats, de saisine de la Cour Suprême de Justice, d'exploitation abusive de l'intransigeance d'Etienne TSHISEKEDI, des tentatives de déstabilisation systématique de Joseph KABILA ainsi que de tant d'autres faux prétextes avancés en vue de faire avaler à l'opinion publique la pilule de la nécessité  d'arrangements entre politiciens autour d'une table  de négociation  afin de faire sortir le pays de la situation confuse créée par chacun des deux candidats en tête du classement qui se déclarent tous deux  vainqueurs de l'élection présidentielle.

On a beau relever, à ce sujet,  leur incapacité à présenter à l'opinion publique les procès verbaux  (PV) de vote sur base desquels se fonderaient leurs croyances en la victoire du candidat TSHISEKEDI sur le Président sortant par 75% des voix  contre  28% ( soit 103% des voix exprimées), ils continuent toujours à rabâcher les mêmes arguments. Et dire que, lors de la constitution de la CENI, le MLC, parti phare de l'Opposition parlementaire, avait remué ciel et terre pour que la Vice-présidence de cette Institution soit attribuée à l'un de ses membres éminents, le Professeur Jacques N'DJOLI, appelé à travailler avec deux autres membres effectifs de l'Opposition.

Ce sont ces trois personnalités, choisies par leurs partis respectifs pour leur intransigeance sur les principes, qui s'étaient personnellement portées garantes de la crédibilité du déroulement du processus électoral, du début jusqu'à la publication des résultats sortant des urnes. Conscient de sa lourde responsabilité, le Vice-président de la CENI a fait bloquer, quatre jours durant, la publication des résultats provisoires pour donner aux partis de l'Opposition dont il défend les intérêts au sein de la CENI, l'occasion de lui faire parvenir, dans les plus brefs délais, tous les éléments de preuve de leurs allégations de tricherie  en leur possession afin de les confronter aux procès verbaux de vote de la CENI.  Voyant, au bout  de quatre jours, qu'aucun d'entre eux n'était en mesure de lui apporter la moindre preuve contredisant les tendances  générales publiées alors par la CENI, il a été obligé, avec ses deux autres camarades de l'Opposition, d'apposer leurs signatures sur le PV final  dressé par le Bureau de la CENI.

C'est ainsi qu'après la publication du verdict des urnes, le MLC, par la bouche de son porte-parole, Germain KAMBINGA, a fait une déclaration fortement médiatisée les reconnaissant comme étant crédibles et n'appelant, par conséquent, aucune contestation.  C'est vrai que  par la suite, cédant aux pressions croissantes tant  des radicaux de l'Opposition que des combattants de l'UDPS adeptes de la violence,  il a dû reformuler les choses dans le sens conforme  aux intérêts politiques de ces derniers.

Et on ne peut que le comprendre lui qui ne tient pas du tout à subir le même sort, sinon pire, que Léon KENGO WA DONDO qui, malgré ses 76 ans, a dû, pendant quelques jours, être admis dans un hôpital parisien  à la suite d'un passage à tabac dans la même ville  par des combattants d'une extrême sauvagerie de l'UDPS. Lesquels  lui reprochaient d'avoir, non seulement maintenu  sa candidature à la présidentielle,  réduisant ainsi  les chances de leur leader Etienne TSHISEKEDI d'être élu, mais aussi assisté à la cérémonie d'investiture du Président KABILA. Alors qu'à ce sujet, même une analyse superficielle de la situation révèle que c'est le candidat Etienne TSHISEKEDI lui-même qui, de par son caractère suffisant face à un adversaire mieux organisé que lui, qui est le principal artisan de son échec électoral. Mais quoi qu'il en soit, cette intolérable agression du Président du Sénat s'inscrit dans la même ligne que celles dont été victimes des artistes musiciens et autres personnalités politiques mêmes de l'Opposition non tshisekediste telles que Vital KAMERHE lors de leurs passages dans certains pays occidentaux.

Bref, c'est cette même incapacité à présenter à l'opinion publique les preuves tangibles de leurs allégations de tricherie, sous prétexte que leurs militants les auraient brûlées au fur et à mesure qu'ils tombaient dessus, alors qu'il est de notoriété publique que leurs PV de vote  leur parvenaient par voie électronique, qui est à la base de l'impossible conciliation des vues entre les candidats de l'Opposition eux-mêmes.

Ces derniers étant écartelés entre le comportement, propre aux joueurs d'échec, de Vital KAMERHE avec son recours précipité en annulation du scrutin introduit auprès de la Cour Suprême de Justice et celui beaucoup plus rigide, comparable à celui d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, du candidat Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA qui ne tient pas du tout à cette annulation puisque sur la base de ses propres PV de vote qu'il n'a jamais montré à personne, il s'est autoproclamé Président de la République élu, déjà entré en fonction depuis l'organisation de son simulacre d'investiture en circuit fermé dans le jardin de sa résidence privée dans la commune de Limete.

Entre ces deux comportements aux antipodes l'un de l'autre, naviguent  des tout petits candidats qui, par conviction ou par opportunisme, adhèrent à la position de l'un ou de l'autre. Mais, au-delà de ces va-t-en guerre, il  y'a le candidat Oscar KASHALA qui, par honnêteté intellectuelle, a agréé les résultats provisoires publiés par la CENI et a eu, en plus, l'élégance toute républicaine  d'assister, le 20 décembre dernier,  à  la cérémonie d'investiture du Chef de l'Etat à la Cité de l'Union Africaine. Je ne peux pas terminer cette réflexion sans adresser mes vives et sincères félicitations au Président de la République à l'occasion de sa réélection à la magistrature suprême qui lui permettra de poursuivre, pour le bonheur du peuple congolais, l'œuvre de reconstruction et de modernisation de notre pays.

Forum des As

 

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