Joseph Kabila président de la RDC
Le processus électoral en République Démocratique du Congo recouvre sa crédibilité. Pas plus tard qu’il y a 48 heures, les médias congolais publient des messages de félicitation adressés à Joseph Kabila Kabange pour sa reconduction à la magistrature suprême de son pays. L’ensemble de forces vives congolaises est aussi congratulé pour la tenue des élections législative et présidentielle d’il y a exactement un mois et deux semaines.
Dans le registre des nations qui se sont exprimées en ce sens, on compte le Royaume de Belgique, les Républiques Islamiques d’Iran et d’Egypte ainsi que la République du Corée. Celles-ci viennent joindre leurs voix à celles du Président de la République Populaire de Chine, Hu Jintao, de José Eduardo dos Santos de l’Angola, de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (Cepgl) et d’autres acteurs de la scène internationale.
Du moins ceux qui n’avaient pas voulu trop attendre pour dire leur approbation à la réélection du cinquième président de la Rdc. Au vu de la situation politique, telle qu’elle a évolué depuis la tenue du scrutin présidentiel du 28 novembre 2011 en Rdc, d’aucuns trouveraient en ceci un engouement diplomatique. Quand bien-même, une autre analyse voudrait s’interroger sur ce que renfermerait cette adhésion des Etats, à travers leurs représentants, à la réussite du processus qui a conduit à la réélection de Joseph Kabila.
Un revirement diplomatique certain
En effet, les uns et les autres n’ont pas eu tord de féliciter le Commandant suprême d’un des pays de l’espace monde dont la dimension géostratégique ne fait plus l’hombre d’aucun doute. Il n’en reste pas moins que ceux des acteurs internationaux qui n’avaient pas hésité, un seul instant, à adresser leurs compliments à Joseph Kabila, avaient déjà pris la mesure de l’enjeu. Et les autres, tels le Royaume de Belgique, la Corée, l’Egypte et l’Iran qui viennent de se prononcer n’ont rien fait d’autre que révéler les preuves d’un revirement diplomatique certain.
Ce revirement diplomatique qui est perceptible aux yeux de plus d’un observateur de la scène politique internationale laisse entrevoir l’intérêt que chacun de ces Etats aurait en améliorant ses Relations diplomatiques avec la Rdc. Bien plus, leurs dirigeants n’auraient tout intérêt qu’à s’assurer de l’amitié de Joseph Kabila et de son peuple. C’est le cas du Premier ministre Elio Di Rupo du Royaume de Belgique qui, s’adressant au Président de la Rdc, a rassuré en ces termes : « Avec la communauté internationale, je reste à vos côtés pour aider le peuple congolais à répondre aux aspirations qu’il exprime en matière de progrès social ». Est-ce une déclaration d’amitié ou une intension manifeste à devoir pérenniser des Relations diplomatiques exclusivement intéressées entre ces deux pays dont l’histoire oblige certains impératifs ?
Il n’y a que les intérêts qui comptent
L’amitié étant un sentiment qui relève du cœur, il sera difficile d’en parler dans ce cas. En effet, les acteurs des Relations internationales, tels les Etats, n’ont pas de cœur. S’ils en ont un, il serait fait des pierres. Il est donc trop dur pour ne pas laisser passer des sentiments du genre amitié, fondée sur l’amour. Par ailleurs, entre les nations, il n’y a que les intérêts qui comptent. Les dividendes et rien que les dividendes dictent le comportement des acteurs sur la scène internationale. Le revirement diplomatique extériorisé par le comportement des pays qui viennent d’adresser leurs messages de félicitation à Joseph Kabila relèverait de cette même logique.
Les dirigeants belges, comme ceux d’autres pays africains ou asiatiques en sont arrivé à la conclusion selon la quelle : la Rdc n’est pas un pays avec lequel on peut facilement rompre. Surtout ne pas se mettre en contradiction avec son cinquième Président, celui en qui ses sociétaires viennent de renouveler leur confiance. Si l’on veut survivre à la lutte pour un monde sain, contre la pollution, pour une remontée économique face aux grands problèmes auxquels est confronté le monde actuel, la République Démocratique du Congo représente un véritable atout. C’est, aussi et surtout, un espace ouvert, un marché énergétique, minéral et consommateur mondial dont la géopolitique intéresse tous les acteurs. Y renier les évidences, telle la reconduction de Joseph Kabila à la magistrature suprême, serait une erreur qu’une fois commise, certains acteurs n’auront jamais la chance de se remettre.
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
Mise à jour le Mercredi, 11 Janvier 2012 16:43
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