Le 16 janvier 2001 :
CE JOUR-LÀ, S’ÉTEIGNAIT LE SOLDAT DU PEUPLE
Tiré du Magazine "Congo Panorame" - édition n°004, février-mars 2012
Écrit par Yvon RAMAZANI ; actualisé par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié mercrédi, le 16 janvier 2013
C’est désormais une coutume, de bon aloi d’ailleurs, pour le régime en place depuis 2001 et la Fondation M’zée Laurent Désiré Kabila, d’organiser les cérémonies commémorant l’assassinat lâche de Laurent Désiré Kabila. Ces manifestations revêtent une situation différente selon que l’on soutient le pouvoir en place ou l’opposition.
16 janvier 2001 – 16 janvier 2013, 12 ans se sont écoulés depuis que le Soldat du Peuple Congolais a été tragiquement et sauvagement arraché du sol de ses ancêtres dans les circonstances confuses. Aujourd’hui encore, les circonstances de sa mort demeurent mystérieuses. Le pays faisait face à plusieurs têtes de rébellions, abandonné par les institutions de Breton Woods, isolé diplomatiquement par certains des pays occidentaux. C’est durant cette période que l’impensable arriva. On s’en souvient, de triste mémoire, comme si c’était hier.
Ce jour là, le 16 janvier 2001, alors que le pays, avec à sa tête L. D. Kabila, s’apprêtait à célébrer avec faste le 40ème anniversaire de l’assassinat de Lumumba, le père idéologique de Kabila, ce qui était à craindre arriva. En fait, le 16 janvier 2001 dans la mi-journée, des coups de feu retentissent dans l’enceinte du Palais de Marbre, résidence du Président L. D. Kabila. Les voisins du chef de l’Etat qui ne sont pas habitués à ce genre de crépitement d’armes, s’interrogent. La route qui longe la résidence est bloquée. A la Clinique Ngaliema, un hélicoptère atterrit et débarque un corps ensanglanté enveloppé dans un drap. Le quartier de la Clinique est quadrillé par des troupes d’élite. Radio France internationale (RFI), parle de quelque chose de grave qui s’est passé au Palais présidentiel à Kinshasa. La rumeur déferle dans toute la capitale.
A la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), les émissions continuent normalement jusqu’à ce qu’apparaît à l’écran, le Colonel Eddy Kapend, aide de camp du Président de la République et commandant de la Garnison spéciale de sécurité présidentielle (Gssp). Il ordonna à toute la hiérarchie militaire, citée nommément, de maintenir les troupes au calme et de fermer toutes les frontières du pays. Il promit des informations supplémentaires pour plus trad. Il ne réapparaîtra plus à l’écran si ce n’est le 23 janvier 2001, dans les rangs de la Garde d’honneur lors des funérailles officielles du Président L. D. Kabila.
Le Président Laurent Désiré Kabila n'est plus...
La guerre des communiqués commença. Des officiels à Bruxelles, Paris, Londres et Washington, citant des sources crédibles à Kinshasa annoncent successivement la mort de L. D. Kabila des suites des balles tirées par un de ses gardes du corps. Kinshasa admet la fusillade, mais dit que Kabila a été blessé et évacué à l’étranger pour des soins appropriés.
Le 18 janvier 2001 à 20 heures, le Gouvernement congolais annonce à la Télévision nationale, par la bouche du Ministre de la Communication, Dominique Sakombi Inongo, la mort de L. D. Kabila survenue ce jour là même (le 18 janvier 2001) dans un hôpital de Harare au Zimbabwe. L. D. Kabila sera inhumé, à Kinshasa, le 23 janvier 2001.
Entre temps, le Général Major Joseph Kabila jusque là, chef d’Etat major de l’armée terrestre annoncé par certains médias mort en même temps que son père, succède à L. D. Kabila. Il mettra en place une commission d’enquête qui finira par arrêter et juger tous ceux ayant apporté un soutien de toute sorte à la concrétisation de cet assassinat. Les Congolais qui ont accompagné M’zée par des pleurs jusqu’en sa dernière demeure gardent au moins de cet Héros national, l’éveil d’esprit nationaliste, de l’amour de la patrie et de l’auto-prise en charge. Du coté des politiciens, les appréciations divergent selon qu’on est de l’opposition ou du pouvoir.
Hommages patriotiques à M'zée
12 ans après l’assassinat de M’zée L. D. Kabila, ses idées révolutionnaires énoncées semblent se perpétuer avec son fils. Joseph Kabila Kabange a réussi à calmer la tempête des guerres et de différentes rebellions, à pacifier et reconstruire le pays, 32 ans entredéchiré par les antivaleurs de tout genre. Plus qu’une commémoration, ce jour devrait faire le lit de la cogitation et des investigations susceptibles de mettre en exergue des stratégies pouvant conduire au redressement économique du pays.
Ce sera une manière patriotique de rendre hommage à celui qui a voulu donner à la Rdc sa place dans le concert des Nations, compte tenu de sa situation géopolitique. Cela fait 12 ans que Laurent Désiré Kabila, troisième chef d’Etat congolais, a été assassiné. Surnommé M’zée (le sage), il était à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL), mouvement rebelle qui a renversé en mai 1997 le régime du président Mobutu. Avec Laurent-Désiré Kabila, le Zaïre retrouve son ancienne appellation « République démocratique du Congo », le fleuve aussi. Le franc congolais se substitue au nouveau zaïre. L’hymne national et la devise du pays sont changés. M'zée, cet Homme d'Etat, révolutionnaire-nayionaliste, n'aura mis que 3 ans et 8 mois au pouvoir, avant sa mort tragique.