Le Mouvement du 23 mars est aux abois. Depuis un certain temps, la pseudo-rébellion pro-rwandaise a du mal à maintenir son rythme d’activités. Chaque jour qui passe, les soldats congolais faisant partie de ce groupe quittent ses rangs pour regagner soit leurs familles, soit les positions des Forces armées de la République Démocratique du Congo (Fardc) ou encore les camps de la Monusco (Mission de l’organisation des nations unies pour la stabilisation du Congo). Ajouter à cela la triple menace qui pèse sur eux de la part de la Brigade spéciale intégrée, de la justice internationale et du Gouvernement congolais qui demande au M23 de s’auto-dissoudre.
Comme si tout cela ne suffisait pas, le Mouvement vient de connaitre un véritable nouveau révère à problème dans ses rangs. Environ cinquante-trois enfants soldats ont réussi à s’échapper des camps d’entrainement tenus par les experts militaires rwandais, pour le compte du M23, dans les massifs du Rwenzori. Comme s’ils avaient tous les droits de recruter et utiliser des enfants comme soldat et esclaves sexuels, les responsables militaires de cette force négative viennent de lancer une opération d’envergure. Ils ont largué des hommes lourdement armés pour aller à la recherche de ces enfants, les capturer et les retourner dans leurs camps d’entrainement.
Enragées de n’avoir pas pu retrouver la cinquantaine d’enfants, les machines à tuer du M23 ont choisi de procéder par la méthode coercitive. Celle qui a consisté à proférer des menaces de mort à l’endroit de tous les chefs des localités du territoire sous leur contrôle. Ils ont promis des représailles sur ceux-ci ainsi que sur les populations s’ils ne parvenaient pas à identifier et leur livrer tous les enfants « déserteurs ». D’où, la psychose qui règne dans la région ces derniers jours.
Visées par des sanctions pour recrutement d’enfants
Saisie par la Monusco, Madame Leila Zerrougui, Représentante spéciale des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, a tenu à lancer une mise en garde sévère à l’endroit des responsables du M23. Intervenant mardi matin sur les antennes de la Voix de l’Amérique, elle a affirmé qu’ils seront personnellement tenus pour responsables de la situation de ces enfants s’ils persistent à vouloir les ramener dans leurs rangs. Elle a ainsi soutenu que sa position fait suite aux informations qui lui sont parvenues en rapport avec le comportement des chefs du M23, leurs commandants qui cherchent et veulent reprendre les enfants qui avaient réussi à s’échapper de leurs camps d’entrainement.
« Ces enfants ont été recrutés de façon arbitraire, en violation de toutes les règles et ont été forcés d’aller faire la guerre, de subir la séparation d’avec leurs familles, de commettre des atrocités, d’être exposés à des violences, d’être empêchés d’avoir leur enfance, d’aller à l’école et on essaie de les ramener, de les reprendre, de les ré-recruter », a souligné avec émotion la Représentante spéciale des Nations unies pour les enfants et les conflits armés.
Elle a, en suite marteler, en répondant à la question de savoir si recruter les enfants était un crime : « Absolument que c’est un crime. Ils assumeront personnellement la responsabilité si quelque chose arrive à ces enfants, si on continue à les harceler ou à harceler les communautés pour les reprendre ».
Madame Leila Zerrougui a justifié son propos par le fait qu’il ne fallait pas oublier que le leadership du M23 était listé dans le rapport du Secrétaire Général des Nations unies pour recrutement d’enfants et, en plus, plusieurs des chefs de cette pseudo-rébellion pro-rwandaise étaient sur la liste de personnes visées par des sanctions pour recrutement d’enfants. « Donc, ils sont entrain d’aggraver leur situation », a-t-elle soufflé.
« La Cour pénale internationale s’est déjà prononcée sur Thomas Lubanga. Le procès en cours concerne Germain Katanga et le cas de Bosco Ntaganda est actuellement en cours d’investigation après qu’il s’est rendu à la Haye », a tenu à rappeler la Représentante spéciale des Nations unies pour les enfants et les conflits armés à tous ceux qui s’hasardent procéder de la même manière. « Et donc, a-t-elle mis en garde, il faudrait que les autres sachent qu’ils ne sont pas intouchables ».
Défier la communauté internationale
Pour elle, les responsables du M23 qui sont entrain de négocier pour pouvoir être intégrés dans un processus de paix, dans un processus politique, n’auront pas d’avenir politique s’ils continuent à défier la communauté internationale et à commettre des violations graves des droits de l’homme et des crimes internationaux. Leur sort serait lié à celui d’autres seigneurs de guerre qui, comme eux, se sont illustrés par le recrutement d’enfants pour les utiliser comme combattants ou comme esclaves sexuels.
Le cas de Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda, les plus durs des chefs militaires reconnus pour ce genre d’atrocités dans le district de l’Ituri en province orientales, n’ont pas attendu longtemps pour le regretter. Alors que des menaces leurs viennent de partout, les responsables du M23 n’ont plus d’autre choix que de se comporter d’une manière à pouvoir leur permettre de sauver la face, même si, dans le fond, c’est le chaos total dans leur camps.
Peut-être que pour eux, la meilleure solution serait celle qui leur a été proposée par le Gouvernement de la Rdc : « s’auto-dissoudre ». Ce qui leur permettrait de bénéficier des circonstances atténuantes et au besoin, de trouver grâce aux yeux de ceux à qui ils ont causé autant de torts.