Le cardinal Laurent Monsengwo
Le père de l’église Catholique a une seule vocation à savoir, « rassembler le peuple de Dieu ». Quand l’ambition égoïste d’un Evêque s’en mêle, il y a de quoi s’interroger sur le rôle que devrait jouer une personnalité de cette trempe dans un pays comme la République Démocratique du Congo. Avec un passé fait de 32 longues années de dictature auxquelles s’ajoutent 15 ans de transition politique dans une crise de légitimité sans pareil, ce pays a besoin des efforts de tous ses enfants pour se relever. Et non d’un homme qui tend à user de sa place dans la plus haute sphère de l'Église romaine et de l’aura du chef de la plus grande communauté spirituelle du Congo à des fins personnelles.
Obligation de réserve
« L’analyse des résultats de l’élection présidentielle qui ont été publiés le 9 décembre 2011 ne sont pas conformes à la vérité ni à la justice », a estimé le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya au cours de la conférence de presse qu’il a tenue hier lundi 12 décembre 2011 au Centre catholique Lindonge. L’Archevêque de Kinshasa a cependant appelé les contestataires à interjeter l’appel auprès de la Cour Suprême de Justice, avant d’inviter cette dernière de se sentir interpellée par le peuple congolais et de dire le droit. Une position qui donne l’impression que le prélat catholique rame à contre courant de son Eglise.
Il a ainsi marché sur son obligation de réserve entant que personnalité qui devrait rester neutre à toute éventualité pour épargner la division entre les fidèles qui sont rangés derrière le vainqueur et du coté des vaincus. Par l’entremise de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), celle-ci s’était déjà prononcée avec beaucoup de responsabilité, de dignité, de neutralité et d’objectivité. Ainsi, les observateurs s’interrogent : « A quoi serait en train de jouer Monsengwo ? »
Un bref coup d’œil sur l’histoire politique récente de la Rdc fournirait d’éventuelles motivations à l’agir de l’homme de Dieu. De la jalousie à l’ambition égoïste pour le pouvoir, en passant par le manque de neutralité associé à la honte de la profession des mensonges, la sortie fracassante de Laurent Monsengwo ne peut en rien l’innocenter. Pour avoir présidé à la destinée du Haut conseil de la République, Parlement de transition (Hcr-Pt), le prélat catholique serait jaloux de voir le pasteur méthodiste, Daniel Ngoy Mulunda, réussir là où lui avait brillamment échoué dans les années 90. Alors que son institution avait pour, entre autre, mission : « l’organisation des élections pluralistes, démocratiques et transparentes ». Et l’échec a été aussi criant que les acteurs politiques congolais ont opté pour les conciliabules et le partage du pouvoir au gré des impératifs irrationnels, au détriment de l’intérêt du peuple.
L’ambition égoïste pour le pouvoir qui brille dans le chef du Cardinal de l’Eglise romaine de la Rdc semble l’emporter sur sa vocation d’homme de Dieu. Ayant été de ceux qui n’avaient donné aucune chance de subsistance au processus électoral congolais, Monseigneur l’Archevêque aurait prédit l’hécatombe à l’issue de celui-ci. Ce qui le prédisposerait à tirer profit de l’éventuelle situation chaotique dans laquelle le pays se serait plongé ; comme cela était le cas lors de la Conférence nationale souveraine (Cns) née de la démocratisation de la vie politique nationale et dont l’issue malheureuse n’encouragerait celui qui en était président de donner des leçons aux autres.
Professer les mensonges
De l’avis de plus d’un observateur, la démarche dans laquelle s'engage cet homme d’Eglise serait inscrite dans un schéma qui le conduirait à monter sur le strapontin sans consultation du peuple. Ce qui est dans ses habitudes. C’est toujours lui qui, en 1996, après une longue période d’absence du pays de suite de la cacophonie qu’il avait contribuée à installer, était revenu par Brazzaville pour faire exister un scénario français. Heureusement que celui-ci avait échoué. Sinon, il serait placé Président de la République pour empêcher au soldat du peuple, Laurent Désiré Kabila de libérer la Rdc avec son Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (Afdl).
Aujourd’hui encore, le prélat catholique se comporte comme si sa relation personnelle avec Dieu ne valait plus rien. Foulant aux pieds la neutralité qui est reconnue à toute personnalité spirituelle, Monsengwo prend librement position pour son ami de longues dates. Se greffant sur des allégations faites par les ennemis de la Rdc, il va jusqu’à professer des mensonges pour faire valoir les thèses dont le fondement réaliste n’existerait que dans son imagination. C’est le cas des faux chiffres que Monseigneur a évoqué au cours de son point de presse.
Il s’interroge par exemple que : « Comment comprendre que le 6 décembre, Monsieur Tshisekedi qui avait 5 927 728 voix sur 17 329 137 suffrages exprimés, ait le 9 décembre 5 863 745 voix sur '18 144 154 suffrages? Il perd par conséquent 64 000 voix alors qu'on venait d'ajouter 34 000 bureaux ». Et pourtant, il n’en était pas question. Les chiffres de la Ceni, au même jour, étaient tous autres que ceux cités par le Cardinal. Qui plus est, Son éminence se focalise sur un rapport du centre Carter dont l’authenticité reste douteuse à cause du fait que celui-ci a été élaboré après le départ du président de cette institution qui avait déjà fait état d’un rapport tout à fait différent.
Les ennemis de la paix
L’Archevêque de l’Église Catholique romaine de Kinshasa serait entrain de tout mettre en oeuvre pour faire jouer aux congolais une partition dont les fondements ne relèvent que de ses convictions personnelles. Il prend parti pour un candidat, celui qui s’est déjà inscrit dans une logique de la contestation et s’est autoproclamé Président de la République au détriment de la décision du peuple relayée par la Ceni. De toute analyse indépendante, il conviendrait de relever que Laurent Mosengwo Pasinya se serait résolument inscrit dans le même schéma qu’Etienne Tshisekedi et tous les ennemis de la paix, de la démocratie et du développement du pays. Et pourtant, la communauté internationale est unanime sur le processus électoral qui a conduit à la réélection de Joseph Kabila Kabange à la magistrature suprême de la Rdc et lui adresse ses félicitations. Les congolais le savent et le disent : « l’heure n’est plus aux élections, le plus important c’est de s’occuper de la situation sociale du souverain primaire ».
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
Mise à jour le Mardi, 13 Décembre 2011 15:07
/http%3A%2F%2Fwww.congovirtuel.net%2Ftemplates%2Fja_purity%2Fimages%2FemailButton.png)
/http%3A%2F%2Fwww.congovirtuel.net%2Ftemplates%2Fja_purity%2Fimages%2FprintButton.png)
/http%3A%2F%2Fwww.congovirtuel.net%2Ftemplates%2Fja_purity%2Fimages%2Fpdf_button.png)