Joseph Kabila
Qui aurait pu croire que le jeune général des armées qui, il y a dix ans, accédait à la magistrature suprême de la République Démocratique du Congo réussirait à y relever des défis aussi importants que l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit, gage de la relance économique, de la reconstruction et du développement nationales ? Au regard des circonstances tragiques qui avaient concourues à l’accession de Joseph Kabila Kabange au pouvoir ainsi que du caractère géostratégique de son pays sur l’échiquier international, personne, alors personne n’aurait accordé ne fut-ce qu’un brin de chance à celui qui a été présenté comme un novice politique par tous. Et ben, tous, ou presque, avaient tiré à côté mieux, ils avaient fait des mauvais calculs.
Honorer la mémoire
Tout le monde semblait avoir perdu de son esprit une chose et, d’ailleurs, la plus importante : l’homme avait passé toute sa vie aux cotés de son feu père, Mzee Laurent-Désiré Kabila, de vénérable mémoire. Celui qui, toute sa vie durant, s’est battu pour sortir le Congo du marasme dans lequel les impérialistes l’avaient plongé et tenaient de le maintenir au détriment de l’ordre institutionnel établi au sortir de la colonisation. S’étant senti dans l’obligation d’honorer sa mémoire, Joseph Kabila Kabange a choisi d’inscrire son action dans un élan de continuation de l’action héroïque de son géniteur.
Une action régie par un triple objectif, à savoir : « libérer le peuple congolais de la dictature et de l’impérialisme poste colonial ; instaurer la démocratie et l’Etat de droit et développer son cher et beau pays ». Cette vision indépendantiste et nationaliste de voir les choses et sa mise en œuvre aurait attiré au Raïs congolais toutes les foudres provenant des impérialistes du monde entier. Les observateurs avertis seraient tentés d’affirmer que Joseph Kabila est victime de son esprit d’indépendance.
Les options prises vis-à-vis de l’évolution du processus politique en Rdc par une certaine frange de la communauté, des Organisations non gouvernementales (Ong) et des personnalités tant nationales qu’internationales en disent long. C’est le cas des sorties non négligeables de trois d’entre elles, en l’espace de moins d’une semaine de la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier au pays de Lumumba. Par hasard ou simple coïncidence, aussi bien l’Archevêque de Kinshasa que les missions d’observation électorale du Centre Carter et de l’Union européenne se sont prononcés de manière contradictoires de leurs souches de légitimité. Les mêmes ont aussi été contre le déroulement du processus électoral en cours à toutes ses étapes. Et leurs arguments farfelus se voient contredits au fur et à mesure que le cours de l’histoire poursuit son bonhomme de chemin.
« Niet »
L’opinion se souviendra que le cycle électoral qui avait abouti à l’installation des premières institutions de la troisième République congolaise avait été, presque totalement, l’œuvre de la communauté internationale par l’entremise de l’Union européenne. De bout en bout, celle-ci s’était montrée très proche de la Rdc en finançant les négociations inter-congolaises qui avaient conduit à la transition et aux élections présidentielles et législatives de 2006. Dès lors, les impérialistes avaient cru trouver un moyen d’inféoder le Président élu et son peuple. Au point de vouloir imposer à Joseph Kabila les voies et moyens à emprunter pour gouverner le Congo. Comme si celui-ci leur devait tout, voir la souveraineté de son pays. Ce qu’à quoi le Raïs dira tout de suite « niet », au nom de son esprit d’indépendance et de sa détermination à répondre aux besoins de ses sociétaires.
En allant signer le contrat de construction des infrastructures contre l’exploitation minière avec les groupements d’entreprises chinoises, le Président de la Rdc aurait été le seul à avoir osé arracher le morceau des dents des prédateurs. Ajouter à cela, la revisitation des contrats miniers et l’annulation de ceux qui ne répondaient pas aux normes et à la législation nationale en matière d’exploitation minière. Sans oublier le refus de Joseph Kabila d’admettre que la communauté internationale revienne pour financer, à plus de 80% le processus électoral en cours dans son pays. Autant de pêchés qui justifieraient l’attitude de la Coalition internationale pour la déstabilisation du Congo (Cidc). Par sa méchanceté, cette organisation aurait engagé des membres de certaines organisations et personnalités nationales et internationales. Ceux qui s’illustrent à ces jours par des prises de positions dénuées de tout fondement logique et rationnel à contrepieds de leurs structurations légitimes.
L’idéologie de la négation
Il y a lieu de faire remarquer que, dès la révision constitutionnelle effectuée aux deux chambres du parlement congolais, le Cardinale de l’Eglise romaine du Congo était sortie de sa réserve. Laurent Monsengo avait déclaré, à ce sujet, que le passage de deux à un tour de l’élection présidentielle ouvrait la voie à l’élection d’un président qui ne jouirait pas de la légitimité nécessaire à cause du fait que celui-ci serait élu avec environ 25% du suffrage valablement exprimé. Point de vue que cette communauté internationale acquise à la cause de la Cidc avait soutenu sans relâche. Peut-être que la colère suscitée par la honte de l’échec de leurs faux calculs serait, en partie, due au fait que joseph Kabila vient de réaliser un score impressionnant de 48,95%, même si certain tentent de le trafiquer.
Le Centre Carter, Mgr Monsengo et l’Union européenne, qui sont résolument tournés vers l’idéologie de la négation pour répondre aux exigences de leurs commanditaires se trompent. Alors que les bouches autorisées de leurs structures formelles et légitimes s’étaient déjà exprimées en faveurs de la crédibilité du scrutin présidentielle du 28 novembre 2011 et, par conséquent, des résultats qui en sont découlés, personne ou rien ne peut plus rien remettre en cause. D’ailleurs, les organisations panafricaines sont, comme la plus part des chefs d’Etats du continent noir, satisfaits de la manière dont les élections se sont déroulées en Rdc. D’où les félicitations dont ils ne cessent d’abreuver Joseph Kabila Kabange pour sa réélection à la magistrature suprême de son pays. N’en déplaise à ceux qui pensent que leurs bruits, d’où qu’ils proviennent, pourront changer la donne politique dans ce pays pour lequel Patrice Emery Lumumba et Laurent Désiré Kabila ont versé leur sang.
Tout vu, entendu et connu
Le Raïs de la Rdc le sait. Raison pour laquelle il a toujours été confiant au peuple : « Au bout de cinquante ans d’indépendance, notre peuple a tout vu, tout entendu et tout connu ». En s’exprimant en ces termes le Président de la République Démocratique du Congo a, à l’occasion de son discours tenu le mercredi 14 septembre à Kingakati dans les faubourgs de Kinshasa, souligné sa connaissance du peuple congolais avec qui ils partagent une passion, celle du Congo; une vision, celle de la modernisation de son pays ; un objectif : le bien-être des Congolais dans un esprit d’indépendance totale. Tout compte fait, Joseph Kabila serait tout simplement victime de sa vision pour un Congo émergent et de son esprit d’indépendance.
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
Mise à jour le Mercredi, 14 Décembre 2011 17:45
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