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Nouvelles stratégies d’agression de la RDC : L’ONU CONFIRME SES ACCUSATIONS CONTRE LE RWANDA ET L’OUGANDA

Nouvelles stratégies d’agression de la RDC

L’ONU CONFIRME SES ACCUSATIONS CONTRE LE RWANDA ET L’OUGANDA

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Catégorie : Politique
Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié lundi , le 06 janvier 2014

KAGAME-MUSEVENI-ONU-PPM.jpgLe rapport « confidentiel » des experts des Nations-Unies, dont nous faisions échos le mercredi 18 décembre 2013, au sujet des preuves d’implication du Rwanda et de l’Ouganda dans l’agression contre la RDC vient d’être finalisé par les enquêteurs qui y confirment leurs accusations. RFI, qui en fait état sur son site Internet, parle  de « la version définitive du rapport annuel du groupe d’experts des Nations unies qui enquête sur la situation à l’est de la Rdc ». Lequel rapport, le panel des experts onusiens semble s’être rendu compte qu’il n’en serait pas un, si les vaillants éléments des Fardc n’y était pas égratignés.


Dans son contenu, ce rapport véhicule exactement les mêmes preuves, quoi que, comme d’habitude, il tende à mêler les bourreaux et la victime. Le panel des experts de l'Onu accuse, certes, les pays agresseurs en dénonçant le rôle qu’ils ont joué  et continuent à jouer aux cotés de la pseudo-rébellion du M23 dans leur quête permanente de la déstabilisation de la Rdc. Ils n’osent pourtant pas se limiter là. Dans leurs manœuvres  dilatoires, ces experts des Nations-Unies cherchent à tout pris à trouver de petites bêtes pour éclabousser les Fardc ; un exercice périlleux qui risque d’entamer leur crédibilité.

Au de-là du simple soutien rwando-ougandais au M23…
Ban Kagame

A en croire la Rfi, les experts onusiens évoquent un soutien « constant » du Rwanda aux rebelles du M23, renforcé en période de combats. Ils parlent d’aide au recrutement, de fourniture d’armes et même, ponctuellement, d’une participation directe de l'armée rwandaise aux côtés des rebelles du M23. C'est ainsi qu'en août dernier, écrivent les experts, des soldats de Kagame « ont traversé la frontière » pendant de courtes périodes. « Des chars rwandais ont [même] tiré en Rdc pour appuyer le M23 » en octobre dernier, selon ce document. De même, les recrutements au Rwanda n'ont pas cessé depuis la défaite du M23, d'après des témoignages jugés « crédibles ».

 « L'Ouganda est également pointé du doigt », souligne RFI avant de préciser que les experts l’accusent, entre autres, d'avoir laissé circuler librement sur son territoire des leaders recherchés du M23. « Si la défaite du mouvement rebelle a convaincu plusieurs groupes armés de se rendre ou de négocier leur réintégration dans l'armée congolaise, les experts insistent sur la menace grandissante que représentent les Adf-Nalu pour l'est du Congo », indique, par ailleurs, la chaîne française. Et les rebelles ougandais se sont renforcés en 2013 et ont adopté des méthodes plus « agressives ».


Ce nouveau rapport de l’Onu fait également état de « graves violations du droit humanitaire international », notamment l'enrôlement et l'utilisation d'enfants soldats, ou des attaques ciblées contre la population civile. Des faits qui sont souvent reprochés aux milices armées et autres forces négatives étrangères qui sévissent dans la région.

Plutôt que de se limiter là, le panel des experts onusiens semble s’être rendu compte que son rapport n’en serait pas un si les vaillants éléments des Fardc n’y était pas égratignés. C’est ainsi qu’ils prétendent mettre en évidence « des cas de collaboration » au niveau local entre les Forces démocratiques de libération du Rwanda, (Fdlr) et l'armée congolaise. Avant de préciser, tout de même, qu’ « ils n'ont, en revanche, pas pu établir que des membres de ce groupe armé aient directement servi dans l'armée régulière ». Ce, avant d’ajouter que les Fardc auraient été identifiés comme « partie prenante » de nombreuses violations.

L’ennemi ne désarme pas…
Kag RDF

Ce n’est pas la première fois que des rapports insinuent des connivences entre les Fardc et les rebelles rwandais des Fdlr. Ce qui est étonnant, c’est que, pour les derniers combats, la Monusco, dont la brigade d’intervention a accompagné l’armée congolaise, ne mentionne pas ces cas dans ses différents rapports ; elle qui est, en permanence, présente sur le champ des opérations. On croit comprendre que les experts Onusiens croient pouvoir crédibiliser leurs rapports par ce jeu d’équilibrisme, alors que de plus en plus d’éléments de cette milice étrangère font défection pour se rendre en prévision de leur éventuel rapatriement dans leur pays.

Pendant ce temps, l’on n’a perçu que très peu d’intérêt à la nécessité de pousser le Rwanda et l’Ouganda au règlement politique de leurs conflits respectifs. Au contraire, les Américains, particulièrement, ont exclu toute possibilité d’une telle démarche au motif que ces Fdlr, qui, en majorité aujourd’hui, sont pourtant de la génération de ceux qui n’avaient pas participé au génocide.

Pour le cas spécifique des Fardc, le Gouvernement a toujours fait foi à ses engagements internationaux en matière des droits de l’homme. Très régulièrement, des enquêtes sont menées sur des allégations impliquant des soldats et même des officiers congolais. Tout dernièrement, un procès vient de se tenir à Goma contre les auteurs des exactions survenues à la suite de l’occupation de Goma par le M23.

Il est donc à la fois malheureux et curieux de constater que ces efforts ne sont pas relevés dans les rapports de l’Onu, pendant que ces mêmes rapports s’amoncellent sans aucune réaction conséquente contre le Rwanda et l’Ouganda qui sont constamment pointés du doigt.

Des soldats de la paix aux côtés des violeurs ?
FARDC-MONUSCO.jpg

Si les enquêteurs Onusiens persistent à accuser les Fardc, alors ils affirment tacitement que les soldats de l’Onu, institution garante par excellence du respect des droits de l’homme, auraient combattu aux cotés des soldats congolais « violeurs de ces principes ». A moins que, par pure distraction, ces membres de la commission se soient laissés berner par quelqu’un qui, animé de mauvaise foi, a réussi à insérer des inepties dans le corps du texte du rapport. Si tel est le cas, il est grand temps qu’ils se ravisent, se concentrent sur le document en le retravaillant pour le décaper de toutes ces forfaitures qui risquent de discréditer leur institution.

De quoi donner raison à ceux qui ne cessent de critiquer les méthodes de travail de certains haut-fonctionnaires des Nations unies qui se contentent de s’en faire les poches pleines, de descendre sur terrain et se limiter à leurs chambres et aux restaurants d’hôtels cinq étoiles alors que les autres font du travail pour eux. Il est encorne temps de penser, par exemple, à cette commission qui avait publié un rapport assez convaincant et très moins contestable au début de l’année 2012.

On n’est pas prêt à soutenir que les éléments des Fardc sont tous susceptibles d’être canonisés à la trempe des Saints Pierre et Paul. Il est tout de même admissible que si certains d’entre eux s’étaient adonnés à des actes du genre de ceux dont ils sont accusés dans ces rapports, les casques bleus de la Monusco ou ceux de la Brigade spéciale auraient été les premiers à les dénoncer. On l’a vu avec les déviations de Minova de fin 2012 où plus d’une trentenaire d’officiers continuaient à croupir devant la justice militaire pour des faits commis.

D’ailleurs, la Monusco avait déclaré haut et fort qu’elle refusait de collaborer avec le bataillon auquel appartenaient ces militaires qui s’étaient méconduits. Alors, d’où viendrait que, subitement, les soldats de la paix aient accepté de combattre aux cotés des Fardc depuis août 2013 à ce jour, alors qu’une équipe des experts des Nations-unies aurait clairement établi que ceux-ci ont été auteurs de quelles que violations que ce soient.

« A force de chercher à noyer l’autre, on risque de se retrouver soi-même au fond du puits », enseigne une sagesse africaine. Leçon à tirer par les experts de l’Onu qui ont pris part à l’élaboration du rapport qui est en voie de publication. Ce n’est pas une première. Les experts de l'Onu ont accusé à plusieurs reprises le Rwanda voisin d'appuyer la rébellion du M23, la plus importante de la décennie écoulée en Rdc, ce que le gouvernement de Kigali dément vigoureusement.

Les forces armées de Rdc, appuyée par une brigade d'intervention de l'Onu, ont accumulé au début de l'automne les succès militaires contre les combattants du M23, essentiellement tutsis, qui ont proclamé le 5 novembre la fin de leur rébellion. Des déclarations unilatérales ont été signé pour augurer une ère nouvelle. Mais les voisins eux, n’en sont pas encore là. Ils refusent de s’avouer vaincu et continuent de peaufiner des stratégies à partir de leur territoire pour revenir à la charge. « La forme la plus constante de soutien passait par le recrutement et la fourniture d'armes et de munitions, particulièrement dans les périodes de combats », écrivent les experts de l'Onu dans leur rapport de 48 pages daté du 12 décembre.

Il serait important, pour eux, de se raviser car les Fardc avec, derrière eux, toute la nation congolaise, sont ensembles, plus que déterminées et motivées pour deffendre l’intégrit é et la souveraineté de la Rdc.

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