UDPS
L’UDPS OPTE POUR LA TERRE BRULEE
« Parvenir à un aboutissement heureux du processus électoral en République démocratique du Congo », tel est l’objectif de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Idée qui n’est nullement partagée par certains de partis de l’opposition politique prenant part à ce processus. L’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), parce que c’est d’elle qu’il s’agit, n’entend pas voir les élections se dérouler normalement et ses résultats acceptés par tous les partenaires.
Comme qui dirait que cette fille ainée de l’opposition congolaise était déjà consciente de son incapacité notoire à offrir une véritable alternative au pouvoir de Kinshasa.
Ambitions ou débâcle
Depuis qu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de l’Udps, s’est proclamé candidat à la magistrature suprême, tout porte à croire que l’homme n’est sûr de rien. Ou mieux, il est conscient de son incapacité à battre Joseph Kabila, un candidat avec un poids politique très élevé. Alors qu’il n’y avait même pas encore des conditions d’éligibilité fixées, moins encore, la loi électorale votée au parlement, il a été le premier de tous à annoncer sa candidature. Pire encore, même son parti politique ne s’était pas encore réuni pour en décider. Les observateurs avertis avaient, tout simplement vu en ce Monsieur, la volonté manifeste de rouler au-delà de la marge. Surtout lorsque le soi-disant sphinx de Limete s’est fait le plaisir de se proclamer candidat unique de l’opposition. Ce, sans tenir compte des avis des leaders des autres partis qui composent le paysage politique dans le Pays.
Comme si cela ne suffisait pas, Ya Tshi-Tshi et son Udps se font passer pour des acteurs de tous les dangers de la RDC. Des confrères l’avaient déjà largement commenté avant nous. Chaque fois qu’il se dessine des enjeux politiques importants dans le pays, le leader de l’Udps s’empresse de se déclarer gagnant avant la compétition. Il y a quelques années, le poste de Premier ministre l’intéressait tellement qu’il était prêt à signer le pacte, même avec le diable, pour passer ne fut-ce qu’une journée à l’hôtel du gouvernement. Cela n’a pas manqué de donné à l’opinion l’impression vraie selon laquelle il y aurait un pacte entre Mobutu et le leader de l’Udps. Aussi qu’Etienne était à jamais inscrit dans la logique du pouvoir à tout prix, même par la violence, et du pouvoir pour la prédation au détriment du pays et de son peuple. Attitude qui trouverait ses origines tant dans la stratégie néocolonialiste que dans l’ambition d’une véritable alternance au pouvoir politique pour le bien être du peuple.
La terre brulée
Depuis que Mobutu est parti, Tshisekedi estime qu’il serait l’héritier indiqué à ce poste de magistrature suprême. Même si son combat est biaisé d’avance. C’est le cas de la politique de la terre brulée qui sévit actuellement dans la démarche de l’Udps. D’abord, c’est le leader qui proclame sa victoire absolue : « Si Kabila gagnait les élections de 2011, il aura triché », se substituant ainsi à la Ceni. En suite, le parti crie à la tricherie dans le processus d’enrôlement des électeurs et d’élaboration du fichier électoral. Une occasion pour remettre en cause tout le travail déjà abattu et celui qui sera effectué par l’institution chargée de conduire le processus électoral en RDC. En fin, c’est la politique des contestations, des sit-in, d’affrontement contre les forces de l’ordre ; au détriment de la concertation, du dialogue et de la paix prônés par le bureau de la Ceni, que l’UDPS applique.
Malgré les efforts fournis par le Président de cette institution, le pasteur Ngoy Mulunda, de donner une suite au mémorandum qui lui a été soumis la semaine dernière sous fond d’un sit-in devant son siège, l’Udps semble déterminée à fausser le jeu démocratique. Comme qui dirait, puisque rien ne va marcher en sa faveur, que rien ne marche plus pour personne ni pour tout le pays. Bien qu’ayant opté pour la cacophonie et des couacs, la fille ainée de l’opposition congolaise a été placée devant ses responsabilités. Le rendez-vous Udps-Ceni a eu lieu et l’entretien s’est déroulé dans le calme, lundi 11 juillet dernier au siège de cette dernière à Gombe. Plus personne n’aura besoin de voir des heurts entre la polices et les militants de ce parti. Surtout que de part et d’autre, les responsables ont émis le vœu de maintenir un dialogue franc.
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
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