Côte d'Ivoire
RDC
LA RDC NE SERA JAMAIS LA COTE D’IVOIRE
« Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas ». Une sagesse qui puisse s’appliquer à toute autre réalité de la vie tant sociale que politique. En Afrique, des mouvements insurrectionnels, comme des processus électoraux, font l’actualité de la vie politique. La machine révolutionnaire a réussi à couler deux dirigeants africains, avant de se voir arrêtée sans ambages par l’imperturbable président libyen, le colonel Mouammar Kadhafi. La grandeur de la honte qui a hanté ses instigateurs reste jusque là, inestimable.
L’année en cours voit près de 18 pays africains en train de renouveler leurs exécutifs. La Guinée Conakry, le Niger, le Nigeria, la Côte d’Ivoire ont déjà organisé leurs élections. Elles se sont suivies certes, sans s’être ressemblé. Parce qu’elles ont été, sinon parfaites mais acceptables dans certains pays. Fort malheureusement, seule la Côte d’Ivoire n’a pu mieux faire que d’hypothéquer le processus au langage des armes.
D’autres Etats encore sont en pleine préparation des élections. C’est le cas de la République Démocratique du Congo (Rdc). Un pays dont la particularité, tant sur le plan de l’histoire politique que da la conscience nationale, ne peut en rien laisser entrevoir un quelconque déviationnisme dans le processus. Même si certains d’entre ses fils le souhaiteraient vivement. Une chose reste pourtant vraie et certaine. La Rdc n’est pas la Côte d’Ivoire pour que les événements tels ceux qui se sont produits à Abidjan, puissent s’y reproduire.
Des facteurs déterminants
La dislocation de l’ex-Union des Républiques soviétiques socialistes, (Urss), et le discours de la Baule ont été des facteurs déterminants des efforts d’émancipation des Etats de l’Afrique noire. La où certains, comme la Côte d’Ivoire, ont choisi de rester sous la tutelle avec Houphouët Boigny ; d’autres par contre dont la Rdc ont pris la tangente. Ce, malgré la volonté manifeste des puissances occidentales de ne pas vouloir lâcher les intérêts que renfermaient leurs ex-colonies.
La France est tellement restée attachée à la Côte d’Ivoire au point de soutenir son économie et la hisser au plus glorieux de ses moments. Alors qu’entre la Rdc et la Belgique tout était aux slogans du genre « Je t’aime, moi non plus ». Situation qui avait commencé avec le contentieux Belgo-congolais et la série de ruptures diplomatiques qui s’en étaient suivies.
L’ancienne colonie française a, pendant longtemps, constitué le poumon économique de la sous-région et la vitrine des relations franco-africaines. Caractérisées par une étroite collaboration entre l’élite française et ivoirienne, ses relations se sont nouées dans un champ d’intersubjectivité où seuls les intérêts étaient déterminants. Ce, au détriment de la vocation inscrite dans les chartes de coopération qui devraient régir les uns et les autres après l’indépendance. Le choix de la Côte d’Ivoire ayant été celui de rester dans le giron français. Contre l’option de la rupture anti-néocolonialiste et panafricaniste prônée par le peuple congolais des années 1990.
Ce qui a, d’une part, préparé le lit à la fragilisation du grand de l’Afrique de l’Ouest dont la stabilité s’appuyait particulièrement sur son économie. D’autre part, le géant de l’Afrique centrale réussira à assoir les bases d’une véritable révolution ; à la suite des ratés de la Conférence nationale souveraine (Cns) et de la transition prolongée du fait des turpitudes de faux opposants. Lesquels, nourris aux mamelles de ceux là même qui ne juraient que sur la fragilisation de la Rdc. Fragilisation qui n’arrivera heureusement pas.
Implications françaises
Les crises à répétition qu’a connues la Côte d'Ivoire depuis près de dix-sept ans, trouve leur origine dans la succession manquée de Félix Houphouët-Boigny, père de l'indépendance, décédé en 1993 après trente-trois ans de règne sans partage. En effet, le jeu politique à géométrie variable a conduit ce pays au fond du gouffre. Depuis des décennies, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, se réclament héritiers présomptifs du premier Président ivoirien. Ces principaux acteurs politiques s'allient puis s'opposent au gré du diktat étranger.
La France de Nicolas Sarkozy a ainsi réussi à imposer son leadership diplomatique. A travers ses prises de position extrêmement délicates, elle a pu raconter la bonne histoire vis-à-vis de la politique intérieure de la Côte d’Ivoire. Une véritable machine stratégique a été mise en marche. Toutes les puissances et organisations mondiales, régionales et sous-régionales se sont ralliées à sa cause. A l’issue d’une forte opération militaire, Laurent Gbagbo ainsi que toutes ses forces ont été neutralisés au profit de son rival, Alassane Dramane Ouattara. Certes, avec l’aval de la communauté internationale, il a été porté à la tête du poumon économique de l’Afrique de l’Ouest. Son prédécesseur, quant à lui, a été interpellé et placé en résidence surveillée où il attend d’être jugé.
La Rdc n’est pas la Côte d’Ivoire
Les analystes du monde en conviennent : « la Rdc n’est pas la Côte d’Ivoire et elle ne le sera jamais ». Comme en Côte d’Ivoire, quelques acteurs ont été et/ou sont fomentés pour assurer le contrôle du leadership politique en Congolais. Démasqués à temps, leur mission échoue toujours. C’est le cas avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba des années 1990 dont la mission est relayée aujourd’hui par Vital Kamerhe. Le parcours politique de ces deux hommes répond mieux aux logiques d’un processus stratégique auxquelles se mêlent ambitions néocolonialistes et lutte du pouvoir pour le pouvoir qu’au fait d’un simple hasard. Tshisekedi et Kamerhe seraient ceux par qui les félins auront choisi de concrétiser leurs plans maléfiques sur le Congo. Les services offerts par le leader de l’UDPS aux impérialistes américains ayant pour aboutissement la fragilisation du régime Mobutu, celui de son descendant idéologique aux français serait celui qui aboutirait à l’installation d’un chaos dans le pays.
Inévitablement, un coup en préparation contre le processus électoral et démocratique en Rdc à la manière de la Côte d’Ivoire. La différence étant dans la maturité du peuple et des acteurs politiques, il est de toute évidence que le scénario malheureux de la Côte d’Ivoire n’aura jamais droit de cité en République démocratique du Congo.
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
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