L’opinion publique nationale et internationale tend à en avoir marre des incartades de la classe politique opérant en République Démocratique du Congo. La « grande famille » de l’opposition politique, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, vient d’étaler au grand jour son incapacité à gérer ses contradictions internes. Elle a donc montré, une fois de plus à la face du monde, qu’elle n’est pas encore prête à se ranger en ordre utile et proposer une alternative crédible dans l’avenir. C’est son comportement en rapport avec l’actualité politique au pays qui a mis à nu ce conglomérat des coureurs sans objectif. L’issue du conclave que certains d’entre ses ténors ont organisé à Kinshasa en dit long.
Le conclave de l’opposition convoqué la semaine dernière a vécu du samedi 06 au jeudi 11 juillet 2013. Après avoir raté son démarrage, initialement prévu pour jeudi, les travaux ont effectivement commencé deux jours plus tard. Et la fin des travaux qui était attendue le mercredi 10 juillet n’est intervenue qu’hier en fin de journée. En principe, au sortir de leur « Messe-noire », les opposants au régime du Président Joseph Kabila devaient se prononcer sur toutes les questions d’actualité qui animent la sphère politique au pays. Raison pour laquelle cinq commissions ont été créées pour étudier chacun des points inscrits à l’ordre du jour.
Il s’est agi principalement d’examiner l’ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des concertations nationales et l’Accord-cadre signé le 24 février à Addis-Abeba dans son volet portant sur « un dialogue national inclusif en Rdc ». D’autres ateliers devaient se pencher sur l'organisation et le fonctionnement de l'opposition, sur la question de la révision constitutionnelle, le cahier des charges de l'opposition et sur l’organisation interne de cette famille politique à travers un règlement d'ordre intérieur.
L’irresponsabilité des opposants rd-congolais s’est franchement illustrée, une fois encore par le retard. Alors que le débat en plénière était prévu pour le mardi et la clôture de la session le jour suivant, c’est le mercredi que les travaux en commission se sont achevés et le débat a également eu lieu le même jour. C’est ainsi que le conclave de l'opposition a pris effectivement fin aujourd’hui jeudi au cours d’une cérémonie solennelle. Aux dires d’un des membres du bureau de ce conclave, « c'est la position concrète de l'opposition qui en est ressortie, notamment sa contribution dans la gestion de la république en rapport avec les questions brulantes de l’heure ».
Tout droit vers un naufrage…

Contribution dans la gestion ou dans la construction d’un cadre de destruction de la République ? Heureusement que, par ses actes, l’opinion est arrivée à se rendre compte que l’opposition politique congolaise est en train d’aller tout droit vers un naufrage programmé par elle-même. Ce, au regard des contradictions qui émaillent la démarche dans laquelle s’engagent certains de ses ténors ainsi que par le statisme qui caractérise l’action de cette « famille politique ». Une fixité qui tient au fait que les opposants rd-congolais ne jurent que par la mise en place d’un mécanisme qui conduirait à la remise en cause de l’ordre institutionnel acquis au prix du sacrifice suprême des leurs compatriotes.
Les résolutions issues des travaux de différentes commissions ont été débattues en plénière. Les conclusions qui en sont sorties donneraient raison à ceux qui avaient prédit que le conclave de l’opposition accoucherait d’une souris. Pour cause, dans sa pluralité, cette famille politique semble n’avoir jamais eu la même lecture des événements ni, moins encore, les mêmes objectifs à poursuivre dans sa lutte. Le comportement des uns et des autres frise assez clairement la malheureuse philosophie du « Ôtes-toi de là pour que je m’y mette », chère à la « basse » classe politique congolaise. C’est que cette dernière a clairement exprimée à travers les conclusions du conclave.
Les observateurs attentifs ont relevé simplement que, pour les opposants, avant le conclave semble être égal à après le conclave. Ils n’ont pas avancé d’un seul iota dans leur vision des choses malgré le temps, l’énergie et l’argent perdus dans l’organisation de ces travaux. D’ailleurs, bien avant la clôture formelle de ces travaux, toute la ville haute était déjà au parfum des décisions découlant des cogitations des opposants, a indiqué certain médias.
« Elles ont surtout tourné autour des Concertations nationales convoquées par une Ordonnance du Président Kabila qui ont servi de stimulus à la tenue de ce conclave et des questions électorales avec le nouveau Bureau de la CENI pour l’organisation prochaine des provinciales ainsi que des questions d’ordre politique », ont-ils indiqué. Avant de préciser que ce sont les Concertations nationales qui ont dominé ces travaux. Selon le document final issu du conclave, l’opposition y ont réservé une fin de non recevoir.
Les détracteurs de Joseph Kabila estiment que ce dernier constitue une partie à part entière comme d’autres (opposition et société civile) aux Concertations et n’a aucune qualité lui permettant de les convoquer. En claire, ils dénient au Président de la république la légitimité d’engager le pays dans une telle démarche dans la mesure où « cette question devra, pour eux, figurer en bonne place sur les matières à traiter aux Concertations nationales ».
Toutefois, les opposants qui se sont réunis en Conclave disent rester ouverts au dialogue pour harmoniser les vues avec la majorité au pouvoir pour aboutir à un forma d’échanges qui serait favorable à tous. Dans l’entretemps, ils préconisent la formule d’un « Dialogue inclusif » avec toutes les couches des forces vives de la nation y compris les Congolais de la diaspora, sous l’égide de l’Envoyée spéciale du secrétaire général des Nation Unies pour la Région des Grands-Lacs, Mary Robinson et le Représentant spécial, chef de la Monusco.
Aussi estiment l’opposition politique, pour leur bonne tenue, ces assises nationales devraient, Comme pour le Dialogue intercongolais d’Afrique du Sud, être placées sous l’égide d’un médiateur ou facilitateur extérieur neutre. À cet effet, les opposants congolais désignent nommément le Président Denis Sassou Ngouesso du Congo-Brazzaville, qui dirige actuellement la Cirgl (Conférence internationale de la région des Grands-Lacs) à cause de sa maîtrise de l’embrouillamini congolais, de ses compétences, de sa sagesse et surtout de sa proximité avec les Congolais qui sont ses propres frères.
Comme il fallait s’y attendre, d’autres points n’ont pas suffisamment attiré l’attention des participants au conclave. Visiblement, seule la création des conditions propices à l’accession au pouvoir par des voies de partage ont intéressé tout le monde. Une vision qui, d’ores et déjà, a été rejetée à par la mouvance au Kabiliste.
La Majorité présidentielle tient à démontrer que les Concertations nationales dont les Congolais ont besoin à ce jour n’ont rien à voir avec la remise en cause de l’ordre institutionnel établi. La seule et unique raison de leur mise en place c’est la cohésion nationale pour faire face à la guerre de l’Est. Idée étant venue de lui, personne ou rien ne peut prétendre profiter de ce moment pour remettre en cause la légitimité du Président joseph Kabila, celle qui lui est conféré de plein droit par la constitution de la République.
Pire d’ailleurs, c’est que le document final du conclave de l’opposition ne dit rien clairement en rapport avec d’autres points qui faisaient partie de l’ordre du jour ; mises à part la question du porte-parole de l’opposition. A ce sujet, tous semblent s’être mis d’accord. En attendant l’aboutissement du processus de désignation du porte-parole, la « famille » politique devrait se doter provisoirement d’un Coordonnateur. Question de trouver quelqu’un qui pourrait prendre en charge la gestion des ambitions en rapport avec le partage des postes qui viendraient du « Dialogue national ».
Les profondes divergences ramenées à la surface
Le bureau organisateur a annoncé qu’au sortir du conclave les conclusions seront soumises à tous ceux de l’opposition qui n’ont pas pris part aux travaux. Pourtant, organisé pour baliser la voie aux concertations nationales, ledit conclave n’a eu pour mérite que de révéler à la face du monde la vraie image de l’opposition congolaise.
Plutôt que d’œuvrer pour s’accorder sur l’essentiel, cette « famille » n’a réussi qu’à ramener à la surface des profondes divergences qui caractérisent ses membres. Alors que le Mlc de Jean-Pierre Bemba et le parti du Lider Maximo (Udps) refusaient de se joindre aux autres, ces derniers ont choisi d’exclure certains acteurs, à l’instar de Christian Badibangi.
Au vu de l’évolution des choses, personne ou rien ne présage l’aboutissement à l’idée énoncée au départ par le Président de la République : « la cohésion nationale en vue d’éloigner la menace de balkanisation de la Rdc ». Plus d’un observateur donnerait raison à ceux qui, comme certains confrères, ont qualifié les Concertations nationales de « voie très sûre pour abattre la carte de la cohésion nationale ». Là où les pays occidentaux tels que France, les Etats Unis, etc. apportent tout leur soutien à la démarche amorcée par Joseph Kabila, les Congolais eux-mêmes optent pour la politique de la terre brulée.
M’zee Laurent-Désiré Kabila l’avait dit : « Aduwi wa Congo ni mkongomani yeye peke (Ndlr : l’ennemi du Congo, c’est le Congolais lui-même) ». Les événements continuent à donner raison à ce soldat du peuple. Sinon, comment on comprendrait que, face à la menace de la balkanisation de leur pays, les Congolais, au lieu de faire front commun contre l’ennemi pendant qu’il est encore temps, s’adonnent aux querelles de positionnement ? Sans nul doute, parce que la tenue d’un tel forum, malgré son caractère national, ne pourrait faire que le bonheur de seuls politiciens.
La où l’opposition politique rejette les concertations nationales, l’opinion clairvoyante perçoit un signe prémonitoire d’un naufrage programmé par elle-même. Mais le Maître à bord du Navire Congo reste imperturbable. Joseph Kabila Kabange est le seul qui sait d’où il a tiré ce pays et où il l’amène. N’en déplaise aux ennemis de la République. Le sang des martyres criera sur eux.