Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Suspension de participation aux travaux parlementaires : LE MLC FAIT DU CHANTAGE À LA COHÉSION NATIONALE

 Suspension de participation aux travaux parlementaires

 LE MLC FAIT DU CHANTAGE À LA COHÉSION NATIONALE

Catégorie : Politique
Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié mercredi , le 27 novembre 2013

MLC---Allies.jpgLe Mouvement de libération du Congo (Mlc) a annoncé la suspension de sa participation aux travaux (en cours) de la session ordinaire de l’Assemblée nationale « jusqu’à nouvel ordre ». La décision implique automatiquement les alliés de cette deuxième force de l’opposition institutionnelle après l’Udps, parti cher à Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

C’est ce qui ressort de la déclaration de ce  groupe parlementaire qui a été lue par son président, Alexis Lenga, le mardi 26 novembre au Palais du peuple de Kinshasa. Pour cause, l’arrestation et le transfèrement d’un de ses membres à la Cour pénale internationale (Cpi). Le député national Fidèle Babala Wandu, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la Cpi. Il est soupçonné de subornation des témoins dans l’affaire Bemba.


En suspendant sa participation aux travaux de la session parlementaire, le Mlc dit protester contre les conditions dans lesquelles son secrétaire général-adjoint a été arrêté et la célérité avec laquelle celui-ci était transféré à la Cpi. En d’autres termes, le parti cher à Jean-Pierre Bemba estime que les autorités congolaises n’auraient pas dû le faire dans ces conditions là et avec cette rapidité. Au delà de tout, son parti semble condamner le fait que les autorités judiciaires congolaises ont accepté d’exécuter le mandat de la Cour international.

Une chose et son contraire ?

« N’est-ce pas là, vouloir une chose et son contraire ? », chercheraient à comprendre les observateurs avertis. Sinon, on aurait du mal à comprendre que les mêmes qui ne cessent de crier à l’Etat de droit tentent de poser des actes qui vont à l’encontre des principes même du droit. Les opposants qui veulent que la justice soit dite, et vite en faveur de leur leader Jean-Pierre Bemba pour qu’il vienne participer à la vie politique nationale, cherchent à s’opposer à certains des actes qui faciliteraient une certaine célérité dans le dire droit à la Cpi.


Ce sont toujours les élus qui font rêver d’une Rdc forte et respectueuse des engagements internationaux qui tentent de s’opposer à ce que les autorités posent les actes qui vont dans le sens de leurs professions de foi. N’est-ce pas là le monde à l’envers ? Fort heureusement, la prudence et la sagesse avaient déjà choisi leur camp, celui des autorités et du peuple congolais qui n’admettront plus de se faire piéger.  C’est ce qu’a tenu à souligner Wivine Mumba, Ministre congolaise de la Justice, qui a évoqué lundi l’obligation d’un État signataire du statut de Rome d’exécuter les mandats de la Cpi.


« Nous avons des engagements internationaux que nous avons signés, qui sont passés par ce Parlement, et qui est le statut de Rome que nous avons ratifié et que nous devons respecter. Et, comme vous le savez, selon la Constitution, les conventions internationales ont préséance sur les lois internes. C’est donc normal que nous coopérions. Qui que ce soit qui est soumis aux juridictions internationales, nous avons l’obligation de l’accompagner », avait-elle déclaré devant les Députés nationaux.

Ce qui a été trop loin de faire désarmer les élus  du Mlc et leurs alliés. Ils ont continué à désapprouver le fait que les autorités congolaises aient pris la liberté de transférer Fidèle Babala à la Cpi, alors qu’elles avaient refusé de faire la même chose avec l’ancien chef rebelle Bosco Ntaganda. Ici, toute analyse pertinente voudrait qu’on convienne que « la comparaison n’est pas raison ».

Aux risques et périles des vies des Congolais

 Mieux que quiconque, les cadres du Mlc, un parti politique issu de la métamorphose d’une rébellion comme tant d’autres qui ont sévi en Rdc, savent qu’un chef militaire n’est pas aussi facilement saisissable que n’importe quel autre citoyen, député national soit-il, comme Fidèle Babala. Qui, à la place des autorités congolaises, aurait accepté d’aller chercher à arrêter un Bosco Ntaganda aux risques et périles des vies des Congolais qui étaient dans des zones sous le contrôle des ses milices ? Quelle est cette autorité qui prendrait la délicate option de faire plaisir au respect des engagements internationaux en sacrifiant les vies de ses compatriotes ?

S’il avait fallu poser des actes au sommet de l’Etat pour faire plaisir aux uns et aux autres, n’est-ce pas que la sagesse voudrait qu’aux questions particulières soient réservées des solutions particulières ? Dans ce contexte où les Congolais de tous bords, réunis aux Concertations Nationales, venaient à demander au pouvoir de Kinshasa d’apporter le soutien nécessaire à ses citoyens en difficulté avec la justice internationale, il serait imprudent de tergiverser devant une demande de ce genre. L’opinion n’ignore pas que l’arrestation et le transfèrement de Babala et ses complices devrait avoir une implication certaine sur la procédure de l’affaire Bemba qui est en cours à la Cpi.

Alors, s’il faudrait choisir entre arrêter et transférer Fidele Babala, dont les actes auraient été de nature à fausser le procès de son ancien patron, et l’épargner pour faire retarder la relaxation de Jean-Pierre Bembe, les Congolais sauraient regarder entre les deux maux et opter pour le moindre. D’ailleurs, la moindre des choses à laquelle tout le monde aurait pensé, aux premiers abords de cette affaire, serait le principe cher au droit : « la présomption d’innocence ».

Et, dans ce cas précis, Babala est innocent jusqu’à preuve du contraire. La meilleure chose pour lui serait de lui offrir la possibilité d’aller prouver son innocence et revenir au plus vite travailler pour le peuple qui l’a élu. Le Gouvernement s’est, d’ailleurs, mis dans cette logique en prenant l’engagement d’apporter une assistance consulaire à tous les compatriotes détenus à la Cpi.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article