Le chef de l’Etat a clôturé hier à Goma sa mini-tournée qui l’a conduit dans certaines contrées jadis occupées par des mouvements rebelles. De Kisangani à Goma en passant par les coins et recoins des territoires de l’Ituri, de Beni, Butembo, Ruchuru, Kiwanja et Bunagana, Joseph Kabila est allé apporter un réconfort moral à ses compatriotes qui en avaient tant besoin.
Du mercredi 20 novembreau dimanche 1er décembre 2013, le Raïs s’est disposé à palper du doigt les réalités de la vie des populations de ces zones qui sont longtemps sinistrées du fait des actes de vandalisme et autres violations graves des droits de l’homme. Il en a profité pour rendre compte de son action à la tête du pays par rapport à ses promesses électorales de 2011.
C’est sur ce dernier exercice que le Président de la République s’est attardé. Il est arrivé le samedi 30 novembre à Goma où il a eu droit à un accueil digne d’un libérateur de qui l’on attendait tout. Ici, les stigmates de la rébellion, qui s'était emparée de la ville il y a un an avant de la quitter après avoir causé d’énormes dégâts, sont encore visibles. Les problèmes socioéconomiques sont aussi énormes : mauvais état des routes, écoles et infrastructures sanitaires détruites, absence d’électricité et d’eau potable, etc. Joseph Kabila s’y est rendu moins d'un mois après avoir réussi le grand coup : la mise en déroute du Mouvement du 23 mars (M23).
En toute franchise, Joseph Kabila a reconnu n’avoir pas réussi à tenir toutes ses promesses faites lors de la campagne électorale de 2011 mais, du moins, avoir gagné le pari. « Hier, quand je passais, j’ai vu des gens me dire : Président, tu as fait des promesses. Tu as dit les routes, tu as dit l’eau, l’électricité. Au fond de mon cœur, je me suis dit : Ils ont oublié la plus grande promesse que j’ai faite au Nord-Kivu. La plus grande promesse que j’ai faite, c’est celle de la paix. », s’est-il exprimé devant une salle de 1.500 hommes politiques, représentants de la société civile et notables de Goma.
Le Chef de l’Etat a mis cinquante minutes de discours pour parler de son action politique, mais surtout justifier ses choix. Celui, par exemple, d’avoir attendu environ 20 mois avant de lancer une offensive contre les rebelles du M23. Mais aussi pour expliquer les retards de développement du Nord-Kivu. Joseph Kabila a insisté pour dire que sans la paix, aucun autre développement n'aurait été possible.
« Nous avons des routes à construire, mais nous avions de l’argent pour acheter soit des chars de combat soit un bulldozer pour réparer les routes de Goma. Et jusque-là, je ne regrette rien du choix que j’ai fait et j’assume », a lancé le Président. Pour convaincre son auditoire, il y est allé même par des images : « Si une personne a 5.000 francs congolais dans sa poche, qu’il se sent malade et qu’il n’a pas de souliers pour se chausser ; il a le choix entre acheter des souliers et acheter un remède contre sa maladie. Moi, c’est ce dernier choix que j’ai fait. »
Des drones pour surveiller plus efficacement les frontières de la Rdc

Le Président Joseph Kabila bénéficie donc d’un capital-confiance de la part des populations du Nord-Kivu. La guerre terminée, il a promis, une nouvelle fois, que des moyens financiers seraient fournis à l’administration et que l’argent de la guerre irait aux infrastructures. Surtout qu’il ne sera presque plus question d’incursions récurrentes d’armées étrangères ni des mouvements intempestifs des groupes armées qui pourront, une fois de plus, retarder la mise en œuvre des plans de développements.
Les Nations unies doivent déployer bientôt des drones de surveillance aérienne dans l’Est de la Rdc. C’est le secrétaire général adjoint de cette institution chargeé des opérations de maintien de la paix, en séjour à Kinshasa, qui a fait cette annonce ce dimanche 1er décembre, selon la radio Okapi.
« Il va falloir s’occuper des Fdlr, des Maï Maï, des Adf-Nalu, etc. Tout cela est un travail très important et vous le savez. Nous allons inaugurer la semaine prochaine la mise en œuvre des drones de surveillance aérienne qui vont être un outil essentiel pour progresser sur le plan militaire. Il s’agit de la souveraineté de la RDC. Nous avons l’accord du gouvernement de la RDC, on va utiliser ces machines et je crois que ça va être un élément important de dissuasion et de travail pour la Monusco », a précisé Hervé Ladsous.
Ces engins de sept mètres de diamètre, équipés des caméras de surveillance vont être déployés par une compagnie italienne qui a été choisie à cette fin. Et Le chef des opérations de maintien de la paix sera sur place à Goma ce mardi pour assister au premier vol des deux premiers drones. Une fois ces avions sans pilote sur leur orbite, les caméras seront activées et les images transmises au centre de commandement installé à Goma où elles seront analysées en temps réel.
Ainsi, l’Onu devra surveiller plus efficacement les mouvements de troupes, des déplacements de civils et surtout les frontières entre la Rdc et ses voisins. L’objectif est d’atteindre, à terme, cinq drones dans pour permettre une surveillance jour et nuit. « Les drones pourront voler pendant de longues périodes, de jour comme de nuit, en toute discrétion et pour un coût bien moindre ».