MOBUTU NZANGA PREND CONGE DE L’UDEMO
« J'ai pris la décision en ce qui me concerne, d'une part, de me libérer de tout engagement vis-à-vis de mon partenaire de l'AMP, et d'autre part, de projeter, non sans émotion, mon avenir politique au-delà de l'UDEMO à qui je laisse le soin, sous la direction de son président national actuel, de prendre ses responsabilités quant aux suites », a fait savoir François Nzanga Mobutu, initiateur de l’Union des démocrates mobutistes (UDEMO), dans une déclaration parvenue à la presse kinoise le jeudi 17 mars dernier.
Cette position fait suite aux dernières évolutions de l'actualité concernant le fils Mobutu depuis que le Président Joseph Kabila a signé l’ordonnance-loi portant sa révocation du gouvernement. Décision qui avait surpris l’ex-vice-Premier ministre en charge du travail et de la prévoyance sociale à sa descente d’avion, à l’aéroport internationale de N’djili, après un long séjour en Europe.
La révocation de Nzanga Mobutu suivie de la démission de Bernard Miando, ministre du Commerce extérieur, par solidarité avec son président du parti, ont donné de la matière au débat politique dans le pays. En plus, les différents commentaires, critiques et réflexions que les divergences des vues qui ont émaillé les relations entre la Majorité Présidentielle (MP, ex-AMP) et l'UDEMO depuis deux longues années, méritaient d’être éclairés. La question qu’il conviendrait de se poser est celle de savoir : qui de Nzanga ou de L’UDEMO avait l’obligation de fixer l’opinion ? Qui de deux était redevable au peuple ? « A chacun son tour », telle est notre impression.
Tenez : ce parti de Nzanga semble avoir été celui au sein duquel les acteurs, auraient appris à faire la différence entre l’individu et la structure. L’écartement entre les positions défendues par l’initiateur du parti et les structures décisionnelles de celui-ci peut le témoigner. Sinon, la coalition de gouvernance entre l’UDEMO et l’ex-AMP aurait déjà vu sa fin. En pour cause, l’esprit de révolte qui avait animé le leader du parti lors du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale au cours de la session de mars 2009 et la tension qui a suivie, dernièrement, le partage de quatre postes réservés à la majorité au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Alors que le cœur du leader (Nzanga Mobutu) n’y était plus, la règle de fonctionnement de l’UDEMO a permis la subsistance de l’accord.
Durant les dernières 48 heures, les choses se sont de plus en plus éclaircies. En dépit de la révocation de leur leader, le 8 mars, suivie de la démission-solidarité d’un autre cadre du gouvernement, les parlementaires de l’Union des démocrates mobutistes avaient déclaré, le mardi 15 mars, que leur parti restait encore membre à part entière de la coalition au pouvoir. Point de vue qu’ils ont tenu à confirmer dans la matinée du jeudi au siège du MP où ils ont rencontré l’ex-secrétaire exécutif Louis Koyagialo.
Ce qui n’a pas empêcher à Mobutu Nzanga de se désolidariser de la coalition au pouvoir Palu-Udemo-MP et d’affirmer avoir pris également ses distances avec son parti politique. Car il déclaré à la radio okapi avoir pris, à titre personnel, la décision de quitter l’AMP et que celle-ci ne concerne pas l’UDEMO dont, d’après le fils Mobutu, les membres sont libres de leurs opinions. Avant d’annoncer : « Désormais, je vais œuvrer au-delà de mon parti. Je ne démissionne pas de l’Udemo. Ça veut dire que l’Udemo prendra maintenant ses responsabilités (…) ». Comme qui dirait : « tel père, tel fils », Mobutu Nzanga, vient de prendre congé de l’UDEMO (Il y a exactement 21 ans, Mobutu Sese-Seko prenait congé du MPR).
Pour rappel, François Nzanga Mobutu est un des 32 candidats aux échéances présidentielles de 2006. Présenté, par l'Union des Démocrates Mobutiste (UDEMO), parti créé à son initiative, le fils Mobutu avait battu campagne autour de valeurs et acquis mobutistes, à savoir: la paix, l'unité nationale et l'intégrité territoriale. Fort du suffrage exprimé en sa faveur le plaçant en quatrième position après Joseph Kabila (AMP), Jean-Pierre Bemba (MLC) et Antoine Gizenga (PALU), François Nzanga avait signé avec l’AMP et PALU un accord de gouvernance commune avec après la victoire de Joseph Kabila Kabange.
Jean-Luc MUSHI-MPAKU
Zanga MOBUTU
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