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Vital Kamerhe sur Rfi : QUAND SON OBSTINATION AU POURVOIR DÉVIENT VISCÉRALE

Vital Kamerhe sur Rfi

 QUAND SON OBSTINATION AU POURVOIR DÉVIENT VISCÉRALE 

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Catégorie : Politique

Écrit par Jean-Luc MUSHI-MPAKU ; publié jeudi , le 31 octobre 2013

VK-5.jpgDe l’« obstination », c’est le seul et unique qualificatif qui colle à l’attitude d’un politiquailleur qui, comme Vital Kamerhe Lwa Kanyingingyi Kingi, arrive à démontrer à la face du monde que « son désire du pouvoir est plus fort que la nécessité d’être au service du peuple ». La preuve c’est que l’homme s’est illustré par des propos caractéristiques d’un tel acharnement contre le Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, que cela a donné l’impression d’être devenu viscérale.


Le président du l’Union pour la Nation Congolaise (Unc), candidat malheureux à l’élection présidentielle de novembre 2011 etinitiateur d’un mouvement opportuniste dénommé : Coalition pour le « vrai dialogue » (Cvd), l’a manifesté dans son propos tenu au cours de l’émission « Invité Afrique », diffusée ce jeudi 31 octobre 2013, sur les ondes de Rfi.

Le peuple congolais a eu du mal à reconnaitre un Vital Kamerhe qui n’a jamais cessé de chanter sur tous les toits qu’il était engagé dans une voie de l’opposition républicaine. Ce dernier s’est évertué à louer les mérites de la coordination des trois axes qui ont conduit à la quasi éradication de la force négative du M23 du territoire congolais.

« Je voudrais d’abord féliciter les forces armées pour ces prouesses. Je félicite le peuple congolais qui a soutenu les Fardc. N’oubliez pas que les habitants de Goma, de Rutshuru, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, étaient derrière les forces armées congolaises. Et nous voulons aussi féliciter la communauté internationale qui s’est impliquée, notamment par l’intervention de la brigade spéciale », s’est lâché l’homme de la Cvd, dans la réjouissance à cause du résultat obtenu.

Chose grave, le président de l’Unc s’est farouchement opposé à la logique émise dans la question du journaliste Christophe Boisbouvier qui a voulu le ramener à la raison. Pour lui, il est impératif d’avoir trois forces : l’armées, la population et la communauté internationale qui agissent en synergie et produisent le résultat sans un coordonnateur. Autrement, pour Vital Kamerhe, prétendant au fauteuil présidentiel de la Rdc, il est possible d’avoir des résultats dans une aussi grande bataille que celle contre le M23 sans une action minutieusement étudiée et mise en œuvre sous un leadership politique ou même sous un commandement militaire qu’incarne ce leadership.

Il a même osé déclarer, à haute voix, que « la faiblesse de leadership à la tête de l’Etat c’est une réalité », alors qu’il y avait à peine une minute, il venait d’affirmer que « Ces s temps, elles (les Forces armées de la Rdc) ont démontré que quand elles sont prises en charge correctement, elles sont capables des victoires ». A l’en croire donc, les Fardc seraient prises en charge jusqu’au point d’être performantes et produire les résultats escomptés, alors qu’il y a une faiblesse de leadership à la tête de l’Etat. Quelle contraction ?

Peut-être qu’il faudra attendre l’ère Kamerhe pour que ce genre de leadership s’installe au pays. C’est que cet avarice politique du président de l’Unc lui a fait perdre de vue, c’est que la trilogie « Guerre-Politique-Diplomatie », comme solution idoine à la crise dans l’est de la RDC, est venue du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, alors que lui et les siens n’y croyaient pas ou espéraient que ça n’arrivera pas, tout cela pour conserver un discours politique contre Kabila. On constate que Kamerhe est tellement plongé dans son rêve pour un « vrai dialogue » qu’il ne sait même pas se rendre compte des évidences : « Une armée nationale qui produit des résultats, forte du soutien de son peuple et de l’appui de la communauté internationale à travers la Brigade spéciale », c’est ça le résultat de la potion magique de Kabila.

Union sacrée : « Kabila-Tshisekedi-Kamerhe »

La petitesse de l’homme se fait remarquer plus par sa capacité d’appréhension des questions majeures de la vie nationale. Lwa Kinyinginyi lui, a fait preuve d’une telle petitesse d’esprit que là où tous les Congolais, même les plus ludiques, voient des projections lointaines et meilleures, lui n’en arrive qu’au bout de son nez. C’est le cas de sa lecture faite en rapport avec le discours tenu dernièrement par Joseph Kabila devant le Congrès. Là où les dignes fils et filles de ce pays ont aperçu la feuille de route la projection d’un nouveau Congo, le patron de la Coalition pour le vrai dialogue lui, a « entendu là, le discours d’investiture d’un président de la République qui venait d’être élu pour la première fois ».

Il le qualifie d’« aveux d’échec », tout simplement parce qu’il donne des options fondamentales pour un nouveau départ, notamment mener un combat contre la corruption, mettre en place l’armée, la justice, etc. Et pourtant, ceci n’est rien d’autre qu’une réponse appropriée aux préoccupations de toutes les forces vives de la République, y compris celles des opposants, si lui aussi en est un.

On ne parvient pas à comprendre pourquoi des gens qui, comme Kamerhe, ne cessent de multiplier des critiques en rapport avec la faiblesse affirmée de l’Etat et de ses services, soient les premiers à s’insurger contre toute mesure tendant à améliorer les choses. Devant des tels cas, il n’y a que deux alternatives : soit ils sont complices et se plaisent de ces faiblesses parce qu’ils en sont bénéficiaires, soit ils sont  tout simplement animés de mauvaise foi. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

C’est vraiment ridicule parce que l’homme pense que les choses ne pourraient marcher dans ce pays que si lui est à ses commandes. Chose grave, c’est qu’il renie le leadership de Joseph Kabila pour les succès militaires engrangés dans l’est de la Rdc. Aussi, il rejette toute main tendue du Président de la République de rejoindre le train en participant au Gouvernement de cohésion nationale. Curieusement, Kamerhe adhère à l’idée d’une union sacrée : « Kabila-Tshisekedi-Kamerhe », autour des Fardc pour des grandes victoires.

« Si le président Kabila peut se lever aujourd’hui, comme nous tous, Tshisekedi et tout le monde que nous prenions le taureau par les cornes, pour dire : donnons à notre peuple l’image des politiques et des politiciens matures, vaut mieux tard que jamais », estime-t-il, avant d’insister : « Ça, c’est inévitable. En ce qui concerne la défense de la patrie, il n’y a pas d’opposition, ni de majorité au pouvoir ».

Pour les observateurs avertis de la scène politique congolaise, Vital à lui tout seul, même s’il fallait le mettre ensemble avec Kabila et Tshisekedi, croit vraiment qu’il pèse plus que toutes ces Congolaises et tous ces Congolais qui sautent de joie après la libération en chaîne de leurs localités. Ceux qui ont la mémoire d’éléphant s’interrogent si le type ne serait pas entrain de rouler pour les ennemis de la République.

Ils enchainent en soutenant qu’il serait entrain de rééditer son exploit de la théorie de l’encerclement, avec laquelle il avait empêché les opposants de se mettre ensemble pour faire face à la candidature de Joseph Kabila. C’est vraiment la logique de ne pas changer les stratégies qui font gagner. Malheureusement, pour lui, les congolais sont réveillés et ne laisseront personne ou rien venir leur arracher ces victoires qu’ils ont chèrement acquises.

Une obstination au pourvoir qui dévient viscérale

Ce qui intéresse plus le président de l’Unc, c’est le pouvoir. Le pouvoir pour le pouvoir. Il en est tellement obstiné que cela dévient viscérale en lui. Il est donc prêt à tout pour y accéder. S’il lui était donné le pouvoir d’accélérer, ne fut-ce que d’un iota, le temps, Kamerhe n’hésiterait pas un seul instant. Pourvu qu’il arrive au jour où lui pense qu’il devra accéder à la magistrature suprême de son pays. Il en parle avec détermination, en oubliant que toute son opinion réunie ne se limite qu’à 8% de voix d’électeurs congolais. Même si les élections arrivaient aujourd’hui, par quelle magie parviendra-t-il à se faire le plein de voix, dépassant le candidat de la majorité qui sera crédité dès le départ d’environ 49% de voix et le Sphinx de Limete qui en a déjà plus de 30% à son compteur ? La question mérite d’être posée.

L’opinion restera stupéfaite de l’acharnement de cet enfant prodigue de l’ancienne Amp (Alliance pour la majorité présidentielle). Elle ne comprend pas très bien la démarche du président du dernier né d’entre les partis politiques de l’opposition qui, en même temps, tient à ce que le processus électorale soit crédible et exige qu’il soit organisé dans la précipitation. Kamerhe est parmi les acteurs qui n’ont jamais cessé d’exiger l’organisation du recensement général pour maîtriser le corpus électoral. Il a aussi toujours prôné un processus électorale qui commence à la base : locales, municipales, urbaines, provinciales et, en fin présidentielle.

Maintenant qu’à l’issue des Concertations nationales, tous les Congolais se sont accordé à suivre les voies tracées par tous ceux qui ont toujours eu le souci du bien pour le pays, Kamerhe veut naviguer à contre-courant. C’est là que tout le monde trouve de la pure contrariété dans ses propos. Lorsqu’il a l’occasion de se prononcer à la face du monde, l’homme perd les pédales. Il ignore éperdument le fondement de toute sa lutte pour des bonnes élections qui produirait des animateurs des institutions de la République mieux élus.

C’est peut-être pour des telles raisons qu’il a perdu toute crédibilité sur la scène internationale. Ses parrains, qui lui faisaient encore confiance lorsqu’il était avec Kabila, ont appris à le connaître. Du coup, il est passé pour personna non grata dans certains milieux du monde puissant. Malgré sa course acharnée vers le pouvoir et le pouvoir à tout pris, Kamerhe a déjà scellé son sort d’homme politique sans avenir. Et son intervention de ce jeudi 31 octobre 2013 sur Rfi n’a fait que l’engouffrer d’avantage. Il est grand temps qu’il se ressaisisse et opte pour la bonne voix. Sinon, … l’avenir lui en dira plus.

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