Faisons un rêve. A la manière de Martin Luther King. Imaginons le dialogue entre tous les acteurs réels de la RDC. Leaders politiques comme chefs spirituels. Tout ce beau monde scrutant l’avenir …immédiat et lointain de la RDC ou au chevet du Congo/Kinshasa. C’est selon. L’essentiel, c’est que l’on se parle finalement.
De Mobutu à Kabila fils en passant par le père, le Congo/Zaïre a ceci de particulier que les vrais protagonistes se voient, se parlent fort rarement. Et ces rares fois sont généralement le fait des entremetteurs étrangers. Même si les intérêts vitaux du pays commandent que les uns et les autres se retrouvent autour de l’arbre à palabre.
Comble de paradoxe : comment peut-on chanter démocratie matin, midi et soir sans dialoguer, sans échanger ? Si ce n’est se lancer des invectives et des anathèmes. Si bien que des nombreuses générations de Congolais croient que Pouvoir et Opposition sont deux espaces, deux réalités antagonistes, inconciliables. Le premier incarnant le vice et le second, la vertu. Un quart de siècle après le lancement du processus démocratique, ce référentiel très années Mobutu vicie les relations entre tenants de l’impérium et opposants.
Alors qu’en démocratie, le pouvoir et l’opposition sont partenaires dans la gestion de la chose publique. En 25 ans d’apprentissage du pluralisme politique, que de rendez-vous manqués ! Que de tête-à-tête annoncés au mieux vidangés, et au pire, classés sans suite !
D’après une jurisprudence très congolaise, chaque fois que des acteurs ayant des connexions sociologiques certaines tentent soit de prendre langue ou de se rabibocher, il s’en trouve des phalanges de tout bord pour court-circuiter la démarche. Cela est vrai aussi au sein même de la Majorité comme dans l’Opposition. La séquence actuelle à la MP où nombre de poids lourds sont presqu’ostracisés paraît révélatrice du déficit de culture du dialogue. A l’Opposition aussi, il suffit de prendre des libertés avec la pensée unique pour recevoir sa part de diabolisation.
L’heure a peut-être sonné pour qu’enfin, le dialogue républicain voie le jour. Vœu pieux ? Utopie ? Rêve ? Pour l’intérêt du pays, faisons un rêve comme Martin Luther King.
José NAWEJ