Une chose est de savourer ce triomphe, une autre est de savoir comment gérer ce succès. C’est sans doute le plus déterminant. Car, si la kabilie a l’habitude d’engranger des victoires, elle ne nous a pas habitués à les fructifier. Ce qui fait que les hauts faits laissent souvent un goût d’inachevé. En particulier, pour la performance de la salle des Congrès, il va falloir regarder les choses en face de manière à se poser de bonnes questions pour aborder le futur proche.
Que faire pour que la MP cesse de n’être qu’un assemblage de plusieurs écuries dont chacune se bat pour ses propres intérêts ? Que faire pour encadrer celles et ceux qui ont véritablement des stocks de compétences ou des assises réelles sur le terrain mais que des mandarins découragent ? Qui envoyer en première ligne pour expliquer les positions de la Majorité dans le pays réel ? En somme, quelle stratégie de conservation de pouvoir avec quel personnel politique ?
Comment comprendre que chaque ténor de la MP construit sa propre chapelle au lieu de participer à la cathédrale dont l’unique concepteur devrait être le Raïs ? Avec comme conséquence que tout détenteur du pouvoir en kabilie la joue en réalité perso avec pour seule couverture le nom du Président.
Cela se remarque notamment à chaque mise en place, en ce compris le remaniement. Le faiseur de rois du moment place les siens en ne tenant pas compte de l’intérêt bien compris de la famille politique. Au PPRD comme à la MP, la gestion des ambitions et des hommes obéit souvent aux calculs des recruteurs qu’aux intérêts politiques et stratégiques du Raïs.
La perspective de formation de gouvernement ou de nominations à des postes dans l’appareil d’Etat est une occasion non pour récompenser les cadres les plus méritants, mais pour caser ses proches. Pas sûr que le dernier réaménagement du Gouvernement ait échappé à cette pratique. Au finish, c’est le Raïs qui paie la facture des frustrations.
José NAWEJ / FDA