Olivier Kamitatu exclu de son propre parti, José Endundo en difficulté chez-lui, etc., les dissidents de la MP trahissent l’avidité qui les a aveuglés au point de se livrer, pieds et poings liés, aux impérialistes qui, aujourd’hui, développent un nouvel agenda qu’ils ne maîtrisent pas.
« Mbwa aswi mbwa » (le chien a mordu un autre chien). C’est en ces termes que les Congolais caricaturent souvent les conflits qui naissent au sein d’un groupe, généralement dissident d’un autre, qui prétend œuvrer pour faire mieux que là d’où ses sociétaires viennent. C’est exactement ce que l’on pourrait dire du G7 qui vient à peine de s’identifier comme une plateforme politique à partir de la publication de sa charte.
Les observateurs n’ont pas hésité à confirmer, par cette démarche, qu’il s’agit là d’une engeance situationniste et opportuniste visant à créer les conditions de réalisation du plan machiavélique des Occidentaux pour faire éclater un conflit politique et lancer une insurrection dans la confusion qui pourrait s’en suivre. En effet, le G7 est un regroupement tellement hétéroclite qu’il est difficile de croire en sa capacité de conquérir le pouvoir et le gérer longtemps au profit du peuple congolais sans que l’on se retrouve dans la situation, soit de l’Angola avec une Présidence tournante entre Savimbi, Olden et Dos Santos au sortir de l’indépendance de leur pays, soit du Burkina Faso (ex Haute Volta) avec Thomas Sankara et sa bande d’amis dont Blaise Compaoré qui décima le reste de la bande pour rester seul maître à bord.
En tous cas, au sein du G7, nous assistons à la mise en place d’un tel décor tout en nous demandant comment les commanditaires de cette plate-forme ont pu oublier ou, tout au moins, négliger ces différences si criantes entre les sociétaires du groupe qu’il est difficile de le garder uni longtemps ? En effet, avant même la publication de la charte du G7, le MSR, qui se veut le parti le plus « lourd » en termes de députés, s’est aligné dans l’opposition au sein du Parlement, tandis que Olivier Kamitatu criait urbi et orbi qu’il se positionnait au centre ( !), un centre stratégiquement imaginaire dans le marigot politique congolais.
Dans l’ensemble l’on voit que ce sont des unitaristes et des fédéralistes qui prétendent s’unir pour sauver le monde. Parmi les sociétaires, il y en a qui se réclament de la social-démocratie, tandis que d’autres se veulent typiquement républicains.
Bref, nous avons en face de nous un melting-pot détonant qui nous pousse à croire que, dans le fond, les sociétaires du G7 sont des dindons de la farce du fait que leurs parrains disposent, manifestement, d’un autre agenda qu’eux ne maîtrisent pas. Comment peut-il en être autrement lorsque l’on constate une sorte de bipolarisation entre, d’un côté le G7 et de l’autre Moïse Katumbi, poulains des mêmes parrains ?
L’ancien Gouverneur de l’ex-Katanga va-t-il être aligné comme indépendant avec le G7 en appoint comme ce fut le cas pour Kabila avec l’AMP en 2006 et la MP en 2011 ? Même alors, on voit mal comment un tel calcul peut réussir avec une autre frange de l’opposition fragmentée entre l’UDPS minée par des conflits internes et les radicaux des Kamerhe, Bazaïba et autres, tous bardés d’ambitions tellement surdimensionnés qu’on se demande comment ils vont agir en bande pour espérer renverser la majorité actuelle.
On n’a pas fini de se poser des questions que le G7 fait l’objet d’une nouvelle lézarde avec son exclusion de ce qui était jusque-là son parti. En tous cas, le tsunami au sein de l’ARC est si profond et dévastateur qu’il a démantelé toutes les structures parallèles qu’il avait mises en place avec une clique de cadres pour mener à bien ses ambitions.
Et l’ARC n’est pas seul dans cette galère. Le PDC de José Endundo vit également une fronde de la même nature. Les sociétaires de ce parti ne pardonne pas à Endundo de les avoirs engagés dans une démarche qu’ils ne partagent pas pour la simple raison qu’ils n’ont jamais été consultés pour cela.
Décidément, au G7 les serpents ne font que se mordre la queue. Et ce n’est que le début du commencement. En attendant, les Congolais ont là, la preuve de la traitrise de certains de leurs fils qui, pour leurs propres ambitions, ont voulu vendre leur pays aux impérialistes qui, aujourd’hui, les tournent en bourriques.