Les jours se suivent mais ne ressemblent pas. À chacun, correspond des problèmes qui surviennent au sein des organisations regroupant des individus ayant des objectifs bien déterminés. Mais les incartades auxquelles on assiste au sein du parti d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba commencent à dépasser les limites du supportable.
Il ne se passe plus un seul mois, une seule semaine sans que l’Union pour la destruction et le pillage de la société (Udps) fasse parler d’elle. D’aucun se demanderaient si cela l’était en bien ou en mal ? Réponse : en mal certainement. Et pour cause, « Rien ne peut sortir de bon de la Xème Rue Limete (Kinshasa) », soutiendrait tout observateur averti de la scène politique congolaise.
Au bout de 31 ans de lutte, l’Udps ne cesse de démontrer à la face du monde son incapacité à pouvoir assumer les exploits et les échecs de ses animateurs. L’opinion ne perdra jamais de vue le fait que, jadis, c’était la trahison dans tous les sens avec des membres cofondateurs qui n’avaient cessé de jouer à « quitte ou double » entre eux. Il y a peu, on y a crié à la tricherie, au détournement, boycotte, etc.
Alors que la population attendait qu’on lui rende les comptes et qu’on établisse le bilan de la première phase du processus électoral auquel elle s’est engagée, ce sont les élus du parti et leurs alliés qui reviennent à la charge. Ils s’entredéchirent autour d’un poste, celui de rapporteur du nouveau bureau de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante).
Alors que le délai imparti pour présenter des candidats avait expiré depuis le mardi 14 mai dernier, le groupe parlementaire de l’Udps ne cesse de tirer les choses en longueur. Que le désaccord au sein du parti du Lidder Maximo soit lié aux noms à proposer, ça serait compréhensible. Mais, l’opinion assiste là à une des rares bêtises dans lesquelles son perdus les élus de l’Udps. Ils continuent de se bousculer autour de la dénomination que doit porter leur groupe parlementaire à l’Assemblée nationale alors que le peuple attend d’eux bien plus que ça.
La question s’est posée entre deux courants qui ont vu le jour au sein du groupe depuis plusieurs mois. Certains ont estimé que le groupe pouvait continuer à garder son ancienne appellation : « Udps-Fac ». D’autres, par contre, ont préféré basculer vers une nouvelle, à savoir « Udps et Alliés ». La voie de la majorité faisant force de loi, son président, Samy Badibanga, a écrit au bureau de l’Assemblée nationale, en janvier dernier, pour lui notifier le changement de la dénomination de son groupe.
C’est alors que le bureau de la chambre basse va demander à la commission Politique, administrative et juridique (Paj) de l’étudier et de soumettre un rapport à la plénière. C’est le samedi 31 mai que les députés ont estimé, à la suite du rapport de la commission, que le changement de dénomination de ce groupe parlementaire ne présentait aucun inconvénient et ils l’ont adopté presqu’à l’unanimité. Une démarche que les tenants de la thèse du non changement de la dénomination du groupe continuent à désapprouver. Ils vont jusqu’à charger le Président de l’Assemblée nationale d’avoir été à la base de la création d’un autre groupe parlementaire qui serait inféodé à sa composante politique, la Majorité présidentielle.
Bouc émissaire ou respect de la loi ?
« Nous avons conclu que cette situation est la création d’un 11e groupe parlementaire de la Majorité dans un but d’obtenir un septième poste au bureau de la Ceni. Ce dont nous n’accepterions jamais. La décision d’un individu ne peut pas valoir de principe », a affirmé à Radio Okapi, Emery Okundji, un des députés qui s’insurgent contre Samy Badibanga, avant d’insister : « Nous avons l’organe suprême qui est l’assemblée plénière, mais nous ne comprenons pas pourquoi le président de l’Assemblée nationale, qui est supposé être le garant du bon fonctionnement de cette institution, qui est supposé respecter et faire respecter le règlement intérieur, accepte une telle anarchie au sein de l’institution sensée donner l’exemple à tout le peuple».
La question intéresse les analystes politiques. Ceux-ci s’interrogent sur le pourquoi de cette attitude de l’opposition congolaise, à travers l’Udps. Chaque fois qu’elle se trouve devant des grandes options à prendre pour assumer son rôle en tant que gardienne du bien-être et du mieux-être de la population, elle s’illustre par un grand échec. En conséquence, elle se cherche des boucs émissaires dans l’autre camp pour se faire passer pour une victime. Et pourtant, le bureau de l’Assemblée nationale a affirmé avoir agi « dans le respect de la loi ». L’Udps qui prétend être une alternative crédible pour diriger la Rdc dans l’avenir s’illustre par une absence notoire de leadership et de sens de responsabilité.
Lorsque tout ce qui arrive à ce parti et à ses animateurs est le fait des autres, qu’est-ce qui relèverait alors de ses responsabilités en tant que structure organisée ? On ne sait plus passer une semaine ou un mois sans entendre un bruit du coté des oies du Sphinx de Limete. Lui-même se montre incapable de contrôler ses collaborateurs. Déjà, il s’est toujours montré incapable de gérer des problèmes qui surgissent dans son entourage. La stratégie, avec le Vieux Tshikas, c’est que souvent, il penche du coté de ceux qui sont forts autour de lui, même s’ils sont minoritaires.
L’on attend voir comment il va s’y prendre avec cette énième crise au sein du parti, alors que ceux qui l’alimentent ont été publiquement désavoués par lui. N’empêche qu’il reçoive de nuit ceux qui appartiennent à l’aile dure et leur garantisse son soutien tous azimut. Et là, il n’est pas exclut que tout ceux qui pensent depuis un certain temps que « c’est parti pour la dissolution de l’Udps » aient tout à fait raison.