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Processus électoral en RDC, MEDIAS ET ACTEURS POLITIQUES PLONGES DANS L’INTOXICATION

Processus électoral en RDC, MEDIAS ET ACTEURS POLITIQUES PLONGES DANS L’INTOXICATION

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Roger LUMBALA

Roger LUMBALA

Processus électoral en RDC,

 

 

MEDIAS ET ACTEURS POLITIQUES PLONGES DANS L’INTOXICATION

Le ciel politique est en train de s’assombrir. Comme qui dirait : l’atmosphère tend à devenir morose sur l’échiquier politique de la République Démocratique du Congo (Rdc). Alors que quelques cent jours seulement restent pour aller à l’échéance couplée, présidentielle et législatives nationales, il se dégage deux tendances dans les arcannes politiques du pays. Tendances qui infectent même le paysage médiatique national. On peut classer d’une part, les partisans du pouvoir à tout prix et du pouvoir pour le pouvoir et d’autre part, ceux pour qui, « la voix du peuple, c’est la voix de Dieu », les artisans des élections à tout prix. Il n’en reste pas moins que l’opinion publique nationale, naïve ou distraite, adhère à l’une ou l’autre de ces deux courants.

 

Le pouvoir à tout prix

Tel est le slogan qui justifierait le comportement d’une certaine frange de la classe politique congolaise. Sur place au pays comme dans la diaspora, cette portion du peuple ne lésine ni sur ses énergies, ni sur ses moyens pour faire gober n’importe quoi à la communauté tant nationale qu’internationale. Objectif, trouver compassion à leurs yeux et obtenir le soutien nécessaire pour atteindre leur but. Pour cette classe politique, consciente de la démarche dans laquelle elle s’est engagée depuis un certain temps, rien ne marche au pays depuis le début de la troisième République. Tout simplement parce que les tenants de cette thèse n’ont pas d’yeux ou ils les gardent fermés chaque fois qu’ils arrivent au pays ou chaque fois que les médias parlent de la Rdc. Des esprits éclairés qualifieraient un tel comportement de mauvaise foi tout simplement.

Qu’à cela ne tienne ! Les soi-disant opposants politiques au régime de Kinshasa, avec leurs adeptes, se fondent sur des faits anodins pour faire croire que tous les Congolais sont acquis à leur cause. C’est le cas des foules comme celles qui avaient suivi le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) lors de son récent retour au pays. Quand bien même celles-ci seraient constituées des curieux, des partisans de presque tous les partis de l’opposition sans distinction aucune. Ce, au regard de la diversité de couleurs des drapeaux qui flottaient sur les trajectoires empruntées, comme sur les lieux de rassemblement. Une mobilisation de près de 100 mille personnes seulement qui pousse ces gens à proclamer la victoire d’un candidat déclaré à la prochaine présidentielle. De quoi dire qu’ils préparent l’opinion à la violence, à l’intolérance politique et à la non acceptation de la vérité des urnes, au cas où le candidat de l’opposition politique échouerait. Ce qui, pourtant, peut être évident au regard de l’agitation qui caractérise leur camp.

Ce mouvement gagne malheureusement certains organes de presse locaux, telle la Radio Lisanga télévision (Rltv). Simplement parce que son propriétaire partage la même vision avec son candidat de prédilection. Cette chaine va au-delà des normes d’éthique et de déontologie. Elle aligne, successivement trois à quatre programmes à caractère politique dont le contenu est unique : « Etienne Tshisekedi devra passer président à la prochaine présidentielle ; sinon, celle-ci sera truquée et il faudra en contester les résultats ». Non seulement, elle prépare à la contestation, mais aussi et surtout, elle n’occasionne aucun débat politique contradictoire digne d’une promotion de la démocratie. Les seuls animateurs des programmes politiques qui y travaillent sont ceux qui ne savent pas cacher leur appartenance politique. Pire, on y voit défiler des soi-disant journalistes avec insignes à l’effigie du candidat proclamé de leur camp.

A moins que le pays dans lequel ces gens et leurs médias de la haine évoluent soit sans lois. Peut-être parce que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de
la Communication (Csac) traine encore les pas à entrer en fonction, malgré la promulgation de l’acte de désignation de ses animateurs. Du moins, au nom du principe de la continuité des affaires publiques, la Haute autorité des médias devrait se saisir du cas et infliger une sanction exemplaire à cet apprenti sorcier de média. Une sanction qui aurait une fonction, à la fois, pédagogique et réparatrice. Sinon, les espaces public et médiatique congolais risqueraient de se voir sensiblement infectés par ce virus qui tend à se répandre. Et qui, si l’on n’y prend garde, risquera de causer l’irréparable dans le temps. Tout le monde devrait se sentir interpelé.

La voix du peuple

Les croyant n’ont peut-être pas tords en soutenant que « tout pouvoir vient de Dieu » ou que « la voix du peuple, c'est la voix de Dieu ». Une autre classe de politique a fait tiennes ces affirmations en RDC, un pays qui compte presque 99% de gens qui croient en un « Dieu Tout Puissant ». Une chose reste pourtant vraie : ils peuvent bien taper à côté de la plaque sur le principe mais l’usage qu’ils en font ne devrait souffrir d’aucune faille. Alors que le camp opposé s’est arrêté sur le plein fait pour un simple meeting, une coquille sans contenu captivant, du stade des martyres de l’indépendance, eux se préparent aux élections. Ils rangent les armes démocratiques et rafistolent leurs stratégies de campagne. La bonne partie des réalisations dans le cadre du programme des cinq chantiers de la République ne les affolent pourtant pas du tout.

« Nous avons pris le pouvoir sur base d’un programme, sur base des promesses, nous avons réussi à faire une bonne partie mais aussi, beaucoup reste à faire. Nous tenons à aller aux urnes et demander aux Congolais de renouveler la confiance en Joseph Kabila pour lui permettre d’en faire d’avantage. », soutient un cadre de la majorité au pouvoir au cours d’une émission télévisée dans une chaîne de la place. Avant de fustiger le comportement affiché par les opposants qui, selon lui, pensent que 100 mille Congolais peuvent faire de quelqu’un président de la République.

Le calme qui caractérise ce genre de politiciens, comme bien d’autres, devrait interpeller toute la classe politique du pays. Tous devraient attirer leur attention sur le fait que la République Démocratique du Congo vient de loin. Le plus important étant l’engagement de tous et de chacun dans une démarche résolument tournée vers la conservation des acquis de la démocratie, de la paix et de la solidarité nationale. Ce pourquoi le sang de plus de cinq millions de Congolais a été versé.

Jean-Luc MUSHI-MPAKU

Mise à jour le Mercredi, 24 Août 2011 15:35 
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