Le processus politique a été long et pénible en République Démocratique du Congo. Après près d’un quart (1/4) de siècle de transition le pays de Lumumba a réussi à sortir sa tête des eaux boueuses d’où l’ont plongé certains de ses fils pendant plus de trois décennies. Le processus de conquête et d’exercice du pouvoir politique s’est normalisé certes, mais il n’a pas encore réussi à convaincre les un et les autres sur son efficacité et sa stabilité. Comme en 2006, la Cour suprême de justice (Csj) a confirmé la réélection de Joseph Kabila Kabange à la magistrature suprême de cette nation.
La décision a suscité deux réactions divergentes, toutes jugées normales selon les cas. D’une part, le peuple congolais se félicite de sa victoire à l’issue d’un processus qu’il a porté dans ses propres bras, au pris des sacrifices énormes. D’autre part, l’on retrouve les partisans du négativisme congolais. Ceux qui sont à la base de tout le malheur dont a souffert ce pays pendant des décennies. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Léon Lobich Kengo wa Dondo et Laurent Monsengwo Pasinya, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, ont participé au processus politique qui a enfoncé la Rdc dans le gouffre d’où le régime actuel peine à le sortir aujourd’hui.
Au prix de sang et de sacrifices humains
Depuis le début du processus électoral en cours, ce trio fantasmagorique se montre assez regardant envers celui-ci. Il se comporte comme s’il voulait le bonheur du peuple congolais. Et pourtant, tous les initiés l’ont déjà compris et se le disent : « Tshisekedi, Kengo et Monsengwo savent ce qu’ils font ». A vrai dire, ces trois félins déguisés en moutons sont engagés dans une logique qui, autre fois, était prônée par la « Prima Curia » de triste mémoire. Cette organisation secrète créée le 25 mai 1985 sur l'initiative du Président de la République du Zaïre, avait pour mission de « faire vivre à jamais le régime dictatorial de Mobutu, même au prix de sang et de sacrifices humains ».
A ce jour, il ne fait l’ombre d’aucun doute que ces trois anciens amis du Maréchal
auraient suivi des séances d'initiation inspirée des pratiques indiennes. Qui plus est, Etienne Tshisekedi, Léon Kengo wa Dondo et Laurent monseongwo devraient avoir prêté serment de fidélité inconditionnelle au « maître » Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga. Engagement qu’ils tiennent à honorer en récupérant le pouvoir politique au Congo, en hommage à ce dernier. C’est surtout conformément aux principes de fonctionnement de leur société secrète que les trois camarades (Tshisekedi, Kengo et Monsengo) sont résolues de semer le chaos et d’entrainer la mort des milliers des jeunes congolais. Ce qui leur permettra de bien défendre la « causa nostra », à assumer la justice par elle-même et à empêcher, par un silence concerté, « l'omerta », l'exercice de la justice officielle.
Un point de vue que les événements ne peuvent, en aucun cas démentir. Dans un article sur congovirtuel.net, par exemple, un confrère avait insinué clairement que : « Le fait qu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba n’ait pas réussi à remplir son contrat qui consistait à sacrifier 300 jeunes congolais qui seraient morts dans la journée du samedi 26 novembre 2011, annoncerait son cuisant échec à l’élection présidentielle dont l’issue sera connue le 6 décembre prochain ». Le comportement affiché ainsi que les déclarations faites par chacun d’entre ces acteurs au regard des derniers développements de l’actualité politique au pays en font suffisamment preuve. En plus du fait qu’ils sont, tous les trois, les rares de ceux à qui le Léopard du Zaïre ne s’en était pris ; alors que les Congolais savent le sort qui était réservé à tous ceux qui s’étaient réellement opposés à Mobutu.
Source du malheur
La source du malheur qui atteint le trio Tshisekedi-Kengo-Monsengwo, réside dans le fait qu’ils ont choisi d’y aller en ordres dispersés. Le « tout puissant » président national de l’Union pour la destruction et les pillages de la société (Udps) s’appuie sur sa popularité légendaire pour tourner l’échine à ses amis de longe date. Il s’est autoproclamé président élu, fort de ses 32,33 % de suffrage valablement exprimé, remettant ainsi en cause la décision de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Aujourd’hui, il s’apprête à mettre en place une administration parallèle aux institutions issues de la volonté populaire. Une façon, pour Etienne Tshisekedi wa Mulumba, de se foutre de Kengo et Monsengwo qui ont fourni beaucoup d’efforts pour arracher, en vain, l’unité de l’opposition. N’est ce pas ce qui aurait poussé l’Archevêque de Kinshasa à porter à bras-le-corps Léon Lobich Kengo wa Dondo ?
Dans sa démarche, le Cardinal Monsengwo a aussi fait un choix exceptionnel : celui de distraite le Vieux Tshikas. Il a commencé par amener les caméras des télévisions jusque dans l’isoloir pour montrer au Sphinx de Limete ainsi qu’à tous les partisans de ce dernier, à travers son vote, qu’il était du même coté que lui. Un meilleur moyen pour lui d’endormir son vieil ami. En suite, c’est à travers une sortie médiatique que le prélat catholique enfonce le clou. Il s’amuse à déclarer, haut et fort, que les résultats de l’élection présidentielle proclamés par la Céni le 9 décembre n’étaient conformes ni à la vérité ni à la justice. A ce niveau, l’Archevêque de Kinshasa ne faisait rien d’autre que baliser la voie à la sortie de son protégé. Léon Kengo est, lui sorti de sa réserve, juste quelques 48 heures plus tard, pour proposer le schéma de la troisième voie. Celui qui consiste à renier tout le processus électoral, aller aux négociations entre acteurs politiques et procéder au partage équitable et équilibré du pouvoir.
Quitte ou double
C’est ici que les observateurs avertis de la scène politique congolais n’hésiteraient pas de soutenir que Léon Kengo et Laurent Monsengwo seraient entrain de jouer au quitte ou double. Ce, au détriment et de la voloté du peuple congolais qui venait de s’exprimer, et d’Etienne Tshisekedi qui est en bonne position par rapport aux législatives nationales. Arrivé en quatrième position avec ses 4,95 % de suffrage exprimé, à l’issue de l’élection du 28 novembre 2011, le président du sénat congolais sait qu’il est en mauvaise posture. Il tente d’en profiter pour se tailler une place au soleil. Il tient, à tout prix, à rester présent sur la scène politique, quand bien-même le peuple ne s’est pas prononcé en sa faveur.
D’où les manœuvres dilatoires que l’ancien premier ministre de Mobutu essaie de mettre en place avec l’aide de son ami de la « Prima Couria » (Laurent Monsengwo). A l’extérieur, c’est avec la coalition internationale pour la déstabilisation du Congo (Cidc) qu’il essaie de récupérer la situation. Les rapports et déclarations des organisations et personnalités internationales qui ne cessent de jaillir de partout, fustigeant les élections et les résultats qui en sont découlés, sont à placer dans le cadre d’aider Léon Kengo à atteindre son objectif. Il en ressort que le plus grand perdant serait le peuple congolais. Ajouter à celui-ci le président national de l’Udps ainsi que tous ses alliés et partisans.
L’objectif de Kengo, Monsengwo étant celui de remettre en cause le processus électoral ainsi que l’ordre institutionnel légitimement établi à fin d’arriver à un partage équitable et équilibré du pouvoir. Ce qui donnerait aux impérialistes et à leurs compagnons, réunis au sein de la Cidc, l’occasion de revenir en force. Ils auraient ainsi la possibilité de pouvoir imposer leur volonté dans le processus de définition du leadership politique en Rdc en vue de trouver les voies et moyens de piller ses richesses.
Au cas où on en arrivait là, le Vieux Tshikas et les siens n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Car, ils perdraient, peut-être, l’unique occasion qui leur serait offerte de participer à la gestion du pays à travers la volonté populaire. Ce, après une trentaine d’années d’opposition politique. Et les 32,33% des Congolais qui ont cru au lider maximo seraient déçus comme ils ne l’avaient jamais été. Aux uns et aux autres de rester sur leurs gardes…
Avec touts mes sentiments patriotiques.
NKOY NKOY Nathalie
Analyste indépendante