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XIVème Sommet de Kinshasa : HOLLANDE RAVISÉ, PROUVE SON IMMATURITÉ POLITIQUE

 

XIVème Sommet de Kinshasa : HOLLANDE RAVISÉ, PROUVE SON IMMATURITÉ POLITIQUE


http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTAm8oFs0wUR7colgBGIybfC4iu-b1z_0-cnkkQxpstb4IL6fIlL'homme est une phrase inachevée dont le sens réel n’apparaît clairement qu’à la fin, et encore en pointillés. C’est la définition qui convienne aujourd’hui à François Hollande, le président de la République française. « Je me rendrai dans quelques semaines au Sommet de la Francophonie à Kinshasa. J’y rencontrerai l’opposition politique, des membres de la société civile et des militants », a-t-il déclaré lors de son discours de politique étrangère inaugurant la traditionnelle conférence des ambassadeurs, à Paris.

Après un long silence de méditation sur ses propos outranciers et désobligeants contre le régime de Kinshasa, il est aujourd’hui obligé de se rétracter pour que le beefsteak congolais ne lui soit arraché de la bouche.

Un sage proverbe latin « in dubito proero » exhorte à l’abstention lorsque l’on ne maîtrise pas un dossier ou lorsqu’on en émet des doutes. Voulant déverser toute sa hargne sur Sarkozy, son principal challenger, il a versé dans la dérive verbale en oubliant que le monde était attentif à ses propos contre Kinshasa. Aujourd’hui, il est pris à ses propres mots et il est contraint de se dédire. Sarkozy n’avait-il pas raison quand il criait, à cor et à cri, l’inexpérience de son adversaire ? Les faits le prouvent : Hollande végète encore. Dire une chose aujourd’hui et se contredire le lendemain.

Contradiction sur contradiction…

A la question de savoir si la venue de F. Hollande ne légitime-t-elle pas le règne de Joseph Kabila, la ministre Benguingui reste intransigeante : « Ce n’est pas une réunion bilatérale. C’est le sommet de la Francophonie. Donc, il y a beaucoup de chefs d’Etat africains ». Si tel est le cas, à quel titre Hollande voudrait-il rencontrer l’opposition politique, les membres de la société civile et les militants ? Le fera-t-il pour le compte de la Francophonie ou bien en son nom propre ? Et là, les observateurs avertis se rendent à l’évidence de ce hiatus qui caractérise les positions prises par le nouvel apprenti président de la France.

Un autre risque qu’il court c’est celui de se voir ridiculisé encore par cette opposition représentée par un Tshisekedi intransigeant et opiniâtre à ses convictions sur le processus électoral de novembre 2011. Ce n’est pas la première fois, l’on n’a pas oublié le boycott qu’il a infligé à Didier Reynders.

Ce n’est pas tout

Lorsque Hollande donne la nouvelle doctrine de la France en matière de politique étrangère, il dit : « tout dire partout et faire en sorte que ce qui est dit soit fait », Benguingui estime que c’est incommode de s’ingérer dans les affaires d’un autre Etat. « Je crois qu’il faut oublier la posture, de venir et de dire : je veux ça, je veux ça, je veux ça. Ce serait une honte pour les Congolais que la France se comporte comme ça ! », a-t-elle déclaré.

Elle s’est ainsi prononcée en réponse à la question relative aux conditions de François Hollande pour sa venue. Pourtant, c’étaient l’une des deux exigences imposées à Kinshasa par Hollande qui conditionnaient sa participation au Sommet du mois d’octobre prochain. Pour rappel, ces conditions se résumaient en deux points : la refonte du bureau de la Céni et le jugement de vrais assassins de Floribert Chebeya. Pour la première condition, l’Assemblée nationale avait déjà devancé la position d’Hollande. La Céni elle-même s’était auto-évaluée. La deuxième condition s’inspirait, sans nul doute, des allégations des Ong des droits de l’homme et de l’opposition congolaise qui ont indexé de leur doigt, le Général John Numbi, comme le principal commanditaire de cet assassinat.

Lorsqu’on prend une certaine hauteur de l’affaire, l’on se rend facilement compte que ces conditions n’en étaient pas une. Car, tout était pensé en avance par les Congolais eux-mêmes. Comme pour dire que les propos du président français, à l’époque, n’étaient que du bluff insatiable, mieux, un discours vaniteux. On le comprendrait pas plus tard, mais hier déjà, monsieur de la croissance a tourné casaque et a changé de disque.

Oublier la posture…

La déclaration d’Hollande et l’interview de sa ministre déléguée à la Francophonie contiennent tellement plus d’une flagrance de contradiction. Pour s’en convaincre, il faut encore prendre ces propos : « Personnellement, je ne suis pas d’accord avec l’expulsion du cinéaste belge. J’y suis allée, j’ai vu le Premier ministre à ce sujet. Et il va l’annoncer : Thierry Michel va être invité, officiellement, à venir présenter son film ». Des propos qui contrastent avec les autres qu’elle venait de tenir dans la même interview : « Je crois qu’il faut oublier la posture, de venir et de dire : je veux ça, je veux ça, je veux ça. Ce serait une honte pour les Congolais que la France se comporte comme ça ! ».

Finalement, l’on se réalise que l’on a à faire à un conglomérat des apprentis sorciers en politique et en politique étrangère de la France. Quelques fois, le silence est fort mais s’il s’avoue moins fort que la parole, une sagesse dit qu’il faut briser cette spirale du silence. Mais c’est trop risquant d’opter pour la parole pendant que le silence demeure encore souhaitable. Le prix, François Hollande en paie ce jour. De toute façon, le régime Kabila l’attend et lui souhaite la bienvenue dans la capitale, Kinshasa. Une capitale éprouvée par le silence et qui sait à quel moment prendre la parole. « A son retour à Paris, il aura au moins acquis une certaine maturité dans la politique étrangère », lance ironiquement un Kinois.

John MASUMU

 

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